NOSOLOGIE
de dysenterie, ont été constatés parmi la population blanche de l'île.
Les maladies des indigènes sont nombreuses ; entre les plus communes la syphilis et ses variantes : la syphilide tuberculeuse, le psoriasis syphilitique ou lèpre blanche, l'ulcère syphilitique; son dérivé, Téléphantiasis, hypertrophie monstrueuse de la peau et des tissus cellulaires, airecte surtout les organes sexuels et les jambes. J'ai pu examiner un éléphantiaque, l'engagé Hassani, ouvrier forgeron de l'établissement de Pomoni. Chez ce sujet, les parties atteintes, entièrement déformées, se sont développées au décuple de leur volume normal.
Beaucoup d'indigènes sont rhumatisants, beaucoup aussi souffrent du « mchippa », affection grave qui a son siège dans la région inguinale, et du « toumba », mal nerveux qui se manifeste par des accès de folie hystérique, le plus souvent à la suite de danses effrénées ou d'excès de boissons fermentées. Pour se préserver des atteintes du « toumba », le noir, superstitieux, se laisse croître au sommet du crâne une petite touffe de cheveux à laquelle il attribue des propriétés curatives. Si le mal s'est déclaré, des voisins complaisants le conjurent en dansant autour du lit du malade et
en poussant des cris perçants pendant qu'un « foundi * » fait des incantations.
Au reste, la thérapeutique anjouanaise n'est guère faite que de médications de ce genre. C'est ainsi que les insulaires prétendent combattre le (( mchippa » en se perçant le pavillon de l'oreille et en fixant dans le trou ainsi obtenu un brin de laine ou de petites chevilles de bois ; ils préviennent aussi les céphalées en se nouant fortement une ficelle autour de la tête, à hauteur du front.
Chez l'indigène qui va toujours pieds nus la marche provoque quelquefois, sous la plante, la formation d'un durillon douloureux, étoile de crevasses, le « crahe » créole.
1. Foundi a le sens d'artisan malin, roublard. Tout foundi est un peu sorcier.
Sous ce titre, j'ai rangé les plantes d'Anjouan en catégories qui, pour n^avoir rien de scientifiques, répondent précisément à l'idée que j'ai eue en entreprenant ce travail de faire œuvre d'utilité pratique. Ayant, avant tout, le souci de montrer quel parti on peijt tirer de l'exploitation rationnelle des produits du sol, des richesses encore inexploitées et des ressources de ce pays, je n'ai voulu étudier, ici, la flore anjouanaise qu'à un point de vue purement utilitaire, laissant aux botanistes le soin d'exercer dans ce domaine leurs connaissances spéciales de classificateurs.