‹ Le supplice d'une femme (volume 2)Chapitre 2 sur 49 · ALVAREZ, DUMONT, M ATH1I.DE · texte numérisé non relu

ALVAREZ, DUMONT, M ATH1I.DE

Tu viens à propos... Je disais & Jean qu'il devrait se marier afin qu'il n'ilit rien â nous envier... Il résiste... Prouvelui donc qu'il a tort,.. Tu le feras mieui que mol... El tu

u pour le convaincra tout le temps qui me nuque, car 1 a samedi je n'ui plus une minute a perdre... Il sali ■e départ... Je la lui ai annoncé... Ce n'était pas trahir le ■et... Loi, c'est nous. (tii«.J

SCfcNE MI.

ALVAREZ, MATHILD E.

C'est vous oui avez eu l'idée de ce rojageî Non, c'est Henri.

Sans doute.

Vous ne partirez pus!...

0»! m'en empCcUeraliï Mol. ' ■

Jean! vous ne vous y «ppo-i i i / pas...

Vous unis [rompis, ji! m'y opposerai.

lu avec mon mari...

En vfrito/ji 1 nu sais plus que] nom lui donner quand je vous parie du lui!... Si je l'appelle mon mari, vous vous emportez, et si je l'appelle Henri, vous devene.* furieux... Quel nom voulej-tous donc qup ]e lui donne)

nom de famille que Lontes h- P-nuii.':. IiN-il rli'tven appelles leurs maris... Hais eo nYsi plus do cela rjn'il s'agit... Appelez-le eommu il m us plaira... p. tu-vu i[m- ïuiis restiez.

J'ai aecopté... je ne puis plus refuser...

11 faut cependant que vous refusiez...

Onel prétexte trinirerais-je pour eliancer d'avis

Cliereliez... car vous ne partirez pas... avec lui...

Voulez-vous dune l'aire un éelai qui me perde V

Qu'y perdrals-je, mol?.. Au contraire, j'aurai» tout a y gainer... Séparée do votrp mari... diassép dp votre famillp... re poussée du monde, vous foriez a. mol... tout a mol...

Et voilà les hommes qui disent ;in\ renimes qu'ils le' aiment et que leurs maris ne les aiment pas.., qu'ils ne savent pas les aimer!... Et j'ai pu le croire un instant!... Ah! j'ai mérité mon supplice... J'ai mérite lout ce que vous nui faites souffrir!...

Et croyez-vous donc qui! moi aussi je no souffre pas ,J l.o soir, quand, au sortir dp l'Upi ra ou (les lialiens, au bas de l'escalier, tu quittes mon bras peur prendre le s/ni et monter dans In voilure, quand j'entends les dievatu piaffer et s'éloigner, quand je le vois le ramener elle/ toi... chez lui... je ne vis plus, je ne me possède plus, je brille et je tremble; jp ne sais que faire, je ne sais que devenir, je ne sais où aller... Ma mais'jn vide mVst odieux... il'arrivc-t-il d'entrer à mon cercle pour ne pas rentrer chez mei... je ne puis m'asseoir à une table de jeu sans y gagner lentes les |>:irlios. Je sors houleux,— comme si je les avais volées, — des sommes que j'emperte... Tout ce que je touche se change eu or sous mes doigt'. J'ai un bonheur Insensé, et cependant il n'y a pas sur la terre un homme aussi malheureui que moi...

A qui la faute?

Et si c'était tout!... mais y a-t-il une torture plus cruelle que celle d'cniendro à chaque instant sa fille qu'on eliéiii, sa fille qu'on idolâtre, vous ravir le nom qui vous appartient

PBÊt'ÀC E.

pour iluiincr ce nom à un autre, et cet autre se le voir préférer par elle sons que. la nature proleste ! Ce n'est rien encore... non, ce n'est rien. Y a-t-ll pour un homme d'honneur el lie cœur un senlimunt plu- péniiii-' . ]i]u- amer , plus humiliant que de se savoir déloyal?... Voi, iléloyal !... je le suis... oui, Je sens que je le suis Initias les fuis que j'entre dans celle maison, que j'y trouve Henri, qu'il me faut lui serrer la main, !o tutoyer, feindre un entrain qui csl le contraire de ce que j'éprouve , affecter une cordialité qui est ilo la ftuti'lji'i'ii'; liuirlierie qui me fait home; houle dont, il me

triser, ne font qui! s'étendre i't devenir chaque jour plus

a m'idniser en me di-jnt que l'amour est liivoloniaire, qu'il

qui ue soit pas la sienne... Je nr: pariieus point a me tromqui m'irrita ni. Vhiudilc [iasi.ii m qui s'e-i cm parée de moi!

face ame le mépris de moi-même, et qu'un beau jour, pour vous iill'riincliir .le ce r[in- votre orgueil ;a 1 1 1 . ■ ■ ] L ■ - 111:1 lyranuie. il vous suffira de me dire : je pars avec mon mari., et que je vous laisserai partir? N'y comptci pas! madame, n'y comp-

PRÉFACE

19 y opposer?

]s un avertis, je

NI moi non plus... eai' vnilà trop limcicmps i|ut! ja cède i la terreur que vous ru'in-piri.^ et sou- laquelle i:n cet instant je sens ma tête courbée se relever enfin... Ju suis lasse do mentir (...Toujours mentir... .['frais loyal.*, j'ftiais. Mùiv. j elais heureuse; vous m'avez condamnée à l'hypocrisie, a l'abaissement, a l'Imposture. Savez-vous ce qoo vous avez fait, a ver vos menaces, vos cniportcmenis, vos Injures, vos soupçons, vos défiances, vos jalousies? Vous m'avez glacée... vous m'avoï effrayée! vous m'avoi fait réfléchir et comparer... ' Je n'avais pour mon mari i|iie de l'affection... cette affection est devenue de l'auimir ev.aké par le remords... Vous parle; de vos tortures, de vos humilialions, de vos hontes! Soutulles comparables auï miennes? Quelle existence m'avBiïous fuite, et combien de fois ai-j'c appelé la mort a ma délivrai in ■ < Depuis huit ans, pa- ni) jour sans une si'éiie eoiiinie celle-cll Vous me déshonoreï dans mon mari, dans mon enfant, dans mes souvenirs, dans mes prières... Won aine et mon corps ne m'appartiennent plus. A lui par devoir, à vous par cra in le. rien de moi u'csi plus a moi; ei l'amour, amour d'épouse, amour (l'amante, araour de mère, n'est plus que 'aerili'iL-e. rii'.'iisoiiîe. et ignominie, lît vous voulez que je vouai me! Oli! monsieur, je vous hais!

PRÉFACE

îcje brise celle coupe... ii

Eh bien, il entrerait! cli bien. Il entendrait! Tant mieux I ee serait la fin d'une situation r[ui ne peut plus se prolonger... Mai aussi, je fuis las. île menlir ' VA, d'ail leurs. île ijuni aurait-il il se plaindre? il apprendrait de votre Louche ipi'il a toutes les qualités, toutes les vertus, et que j'ai loua les défauts et lous les vices! Il apprendrait qu'il est l'homme de votre imagination et que je suis l'homme du votre haine! Il apprendrait que vous ne me subissez que par dévouement pour lui et pour conjurer un âelat qui ternirait l'auréole de sou uivtériti!! Il an |iivti, Irait en lin que vous n'aime/ pas ■ votre fille parce qu'elle n'es! pas In sienne!

VOUS dites tjuc je n'aime pas naa Nlleï...

pas comme je l'aime... S'il fallait donner votre vie pour sauver l'un des dcui , votre fille ou voire mari , ce serait Henri... votre Henri... que vous sauve rie*.., et ce sérail

donc que je ne vous connais pas...

PRÉFACE

Après m'svolr déshonorée, injuriez-moi !

C'est voua qui vcnei [le m' insulter.

Et quand cette viVin'', M iiliilde, snrt de te lèvres, tu ne mu pas que tua tète (rop ardenie s'esalii' et s'éfare... Tu ne sais pas jiivjn'tn'1 ]n>uti'iii. aller les transports (l'un amour niciii-f: |i.ir nLiieiiliaiiies s.'ciiir qu'il n'est pai parlaire ! Donne-moi um- preuve de tendres je !... na para pas, et je deviendrai cootianl emuuie Henri, dons comme Henri , non comme Henri... Tu n'auras plus rien à redouter de moi... Je me tiendrai dans l'ombre,., je ne ferai aucun éclat... je renoncerai au rêve île mes nuits, relui d'enlever Jeanne et de briser, par un scandale judiciaire, cet odleui lien (gui fait que c'est lui, - H. Dumont, — que ma flllo appelle son père, et qu'il faut, quand il est la, que je te diae : Madame I

Jean, combien de fois ne vous ai-jc pus' pardonné ? l."nc semaine, une seule, pVsi -e|]„ jamais Éeonlée depuis huit ans sans que vous ayez commencé par me menacer, et sans que j'aie flul par où peut-iHre je vais finir encoreî

■a la dernière, je te le promets.

PRÉFACE

Celle-ci n'atteint que mol... Pour que tu renom» vojage. Il faudrait que ce soit moi que tu aimes, c m'aimes pas... tu ne m'as jamais trimél

Un instant ii'n\alhitioii rapide comme un éclair... rien de plus... Non. ce uVst pas mou amour qui a [riomptu'' de ton indifférence... c'est mon <l<-ïiiiii'ni>.:nl... J'avais tout l'ssjye.

salis y l'r'nssi r ]K te fn d r . - jvn't:ii;i;r [vite ilrilenltr passion

qoi nie dévorait, qui me dévore plus que jamais, que rien n'a assouvit, que rien n'a culnu'e; [1 n'y avait que l'i/xallalion de la reconnaissance causée par un grand service rendu... qui pùt faire cesser ta froideur... amicale. Le jour où j'ai appris que ton mari allait suspendre ses payements...

Vous vous êtes dit...

Je ne nie suis rien dit... jfi n'ai rien calculé. J'ai couru chet mon agent île change, et, sans hésiter, sans réfléchir, sans rien écouler île ce qu'il me disait pour m'en détourner, je lui al donné l'ordre de vendre ù tout prit tous mes

ce qui a sauvé mon mari est ce qui m'a perdue, mol! ir vous m'êtes apparu comme l'idéal... des plus nobles ,-icnts. Mais vous ïcnci de jeiiir |.; masque trompeur et : l'aiouer : ce n'est pas voire ami que vous ave; voulu r, c'est mol que vous avez voulu perdre! Vous m'aie? achetée!... je me suis donc vendue?...

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