ACTE PREMIER
JEANNE
J^aime mieux rester ici.
MATHILDE
Ta sais bien que cela contrarie miss Brovvn.
JEANNE
Mais, maman, c'est ma fête demain, c'est-à-dire aujourd'hui.
DUMONT
Elle a raison , aujourd'hui la maison est à elle. Va jouer ! (A tfathiide.) Qu'est-co Que tu as? Toujours soucieuse!
MATHILDE
Je n'ai rien, mon ami !
Alors fais comme Jeanne : embrasse-moi ! La fille a son Joujou , la mère doit avoir le sien.
xMATHILDE.
Encore!
DUMONT
Pourquoi ce mot : encore ?
BIATHILDB.
Parce que c'est tous les jours un nouveau présent... l^es belles perles! les beaux diamants!... Henri, tu veux donc dépouiller pour moi tous les joailliers de Paris ? Sais-tu ce que l'on dit autour de nous? On ne dit pas que tu es généreux, on dit que tu es prodigue.
DUMONT
Qui dit cela?
MATHILDE
Mes meilleures amies.
DUMONT
Laisse dire les envieuses!... Est-ce que toutes les perles de la mer et tous les diamants de la terre vaudront jamais le bonheur que tu me donnes ? Il n'y a qu'un nuage à ce bonheur : c'est la tristesse que je te vois, et qui augmente chaque jour. Je fais 03 que je puis pour la dissiper, mais je
n'y réussis guère. Voyons, Mathtlde, dis-moi ce que tu as. Que te manque-t-il ?
MATniLDE.
Rien, mon ami, rien!...
DUMOIfT.
As-tu quelque reproche à m'adresser?
MAT^ILPE.
Aucuq! Tu fais tout pour que je sois bisureusa... et ei...
DfTMOHT.
Et si?...
MATHILDB.
Et si je n'écoutais que mon cteur...
DDMORT.
£h bien ?
MATHILDB.
Eli bien! je ne devrais pas avoir une minute de tristesse, ni même d'ennui.
DUMONT
Alors pourquoi donc es-tu triste ?
MATHILDE
Je ne suis pas triste ; je suis malade ; je suis nerveuse ; j'ai des besoins do pleurer sans cause réelle.
DUMONT
Un voyage te ferait-il du bien ? partons.
MATHILDE
Partir?
Veux-tu que nous allions passer l'hiver en Italie?
MATHILDE
Tes affaires?
DUMONT
Elles n'ont pas absolument besoin de mol... Je verrai... Je m'arrangerai de manière à ce qu'elles ne souffrent ppis de mon absence... Et puis, d'ailleurs, est-ce que mes affaires