ACTE PRRMÏER. 5o
peuvent entrer en balance avec ton plaisir ou ta santé?... Vottc\ déjà que tu souHs : c'est moi qui te redois.
MATHILDE
Gomment ne pa« sourire à tant de bonté!
DUMONT
Dis à tant d'amour! Car je ne t'ai jamais plus aimée. Jeanno et toî, vous êtes les deux anges de ma vie.
MATHILDE
Eh bien ! oui , partons î je voudrais partir^
DUMONT
Quand tu voudras.
MATHILDE
Avec toi seul.
pUMONT.
Et Jeanne.
MATIIILDE,
Pourquoi emmener cette enfant?
DUMONT
Pourquoi la laisser derrière nous? elle nous complète.
HATHILPE,
Elle est si jeune!
DUMONT
Et quelquefois elle t'ennuie !
MATH^LDE.
Moi?... Est-ce que jamais?...
DUMONT
Quelquefois tu es un peu sévère avec elle.
MATHILDE
Tout le monde la gâte tant!... Il faut bien qu'il y ait une personne qui ne la gâte pas.
DUMONT
Peut-être as-tu raison. Moi, je ne la ¥Ois qu'aux heures où je ne travaille pas, et alors je trouve charmant tout ce qu'elle fait. Lorsqu'on s'est entretenu d'affaires toute la journée, c'est un rayon de soleil que le sourire d'un enfant;
56 LE ?»UPPLTrE D'UNE FEMME.
tandis que toi, tu la vois incessamment, et je comprends qu'elle te fatigue un peu, mais tu es une trop bonne femme pour ne pas être une bonne mère. Lui en voudrais-tu, malgré toi, de ce qu'elle t'a fait souffrir?... Car en venant au monde, elle a failli emporter ta vie. Il nous est bien facile à nous autres hommes d'aimer nos enfants : ils ne nous donnent que des joies, quand ils vous font répandre tant de larmes. Pardonne-lui... ce n'est pas sa faute, (pius bas.) Et puis... il faut toujours pardonner, (sonriant.) Surtout aux innocents. Pourquoi pleures-tu ?
M ATHILDE.
Parce que tu vaux mieux que moi... parce que tu as raison. Je suis quelquefois injuste pour Jeanne. Je ne le serai plus, je te le promets. Elle viendra avec nous. Et nous partirons sans rien dire à personne, à personne!
D0MONT
Gomme tu voudras. Mais pourquoi ce mystère?
MATHILDE
Afin que ce voyage ait encore plus d'attrait et que rien ne vienne y faire obstacle... Nous passerons deux ou trois mois dans un coin du monde où nul ne nous connaîtra, toi, Jeanne et moi, et alors tu verras comme je serai gaie et comme je redeviendrai ta Matbilde d'autrefois.
DUMONT
C'est convenu, donnez-moi des arrhes, madame. Souriez encore; dites-moi que vous m'aimez.
MATHILDE, s'abandonnent
Est-ce que je pourrai jamais t'aimer assez? (An moment où
llathilde va embrasser Damoot, Alvarez entre ; il apporte une caisse qu'il dépose.)