ACTE DEUXIÊBIE
MATHILOE.
Au nom du ciel, n'exposez pas vos jours pour mol.
DUMONT
Ainsi, pendant sept ans, vous m*avez menti tous les jours, & toute heure, à toute minute, et je n^ai rien vul Et vous jouiez la tendresse avec moi! Et je ne vous ai pas étouffée au milieu de ces embrassements que je prenais pour de Tamour I... Misérable 1 Et je vous ai vue rougir quand le hasard vous mettait en contact, à la promenade ou au spectacle, avec quelque fille compromise! Et je croyais que c^était d*elle que votre pudeur rougissait! C'était de vous, n^est-ce pas? La faim et la misère sont des excuses; quelles sont les vôtres?...
MATHILDE
Je n'en al pas.
DUMONT
Essayez donc d'en trouver une, au moins !•••
MATHILDE
Je n'en veux pas avoir. Je ne vous mentais pas, je vous aimais... je vous aime!
Assez, madame, relevez-vous. Cette comédie est inutile. Rentrez dans votre appartement, et attendez mes ordres.
MATHILDE
Qu'allez-vous faire de moi ?
DUMONT
Est-ce que je le sais? Allez! madame, allez! Essuyez vos yeux pour vos valets.
JEANNE, entrant.
Ah! maman, comme je m'amuse !.••
MATHILDE
Va-t'en, Jeanne! va-t'en!
JEANNE
Tu me renvoies toujours. Je suis pourtant bien sfagOt D*est-ce pas, papa}
8$ LE SUPPLICE D*CNE FEMUE.
DDMOHT.
Emmeoei cette enfont !
JEA2IHB.
Qa*est-ce qae papa a donc, pourquoi ne m*embrassc-t-i] pas7
DUlfONT.
Emmenés cette enfant!
IBANNE.
Papa! papa! mon petit papa!
DU MONT, prenant J«ume par 1« bras et la poussant rudement Ters sa mère.
Emmenés cette enfant, vous dis-je?
JEANNE
Papa m*a fait du msl le jour de ma fête, et quand je voulais Tembrasser.
DUMONT
Reste, Jeanne! Rentrez, madame. (Matiiade sort en chancelant.)