‹ Le Supplice d'une FemmeChapitre 40 sur 50 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

DUMONT

Vous avez bien fait d'avouer... il vaut mieux dire la vérité dans ces cas-là; mav^ vous auriez pu attendre encore un peu, par pitié... Je ne vous ai rien fait, moi. .. On laisse leurs illusions aux gens qui n^ont pas autre chose. Mais vous n'aviez pas de temps à perdre, vous étiez presçée, il vous attendait, il vous attend... Eh bienl qu'est-ce que vous me voulez? pourquoi êtes-vous là? Vous êtes libre, partez! Il fallait partir sans me rien dire, c'était bien plus simple. Et moi, qui n'ai rien vu, rien soupçonné! Je ne méritais pas mieux, j'étais trop bête; mais, après tout, il m'avait rendu un service, il m'avait prêté de l'argent; il m'a pris ma femme, c'est bien naturel. Et il veut que vous emmeniez Jeanne! il veut me reprendre mon enfant! C'est trop. Mais pourquoi me faites-vous cet aveu?

HATHILDE, qui étouffe.

Parce que j'espérais que vous me tueriez, n'ayant pas le courage de me tuer moi-même.

PUMONT.

Pourquoi voulez-vous mourir ?

MATHILDE

Parce que je suis la plus malheureuse des femmes.

DDMONT.

Malheureuse! En quoi? On vous tiime, vous aimez, il faut vivre!...

MATHILDE

Je ne l'aime pas!

DUMONT

Vous ne l'aimez pas ! Quelle femme êtes vous donc?

MATHILDE

Je vous dirais qu'au fond de l'âme, je n'ai jamais aimé que vous, vous ne le croiriez pas. Et cependant, je n'ai pas autre chose à vous dire, et je ne vous le répète pas pour que vous le croyiez, je vous le répète parce que c'est la vérité la plus vraie. Voilà pourquoi je vous ai fait cet aveu...

Ordonnez quoi que ce soit, je m^ soumets d^avance, pourvu que je ne subisse plus ce martyre, ce châtiment plus effroyable que tous ceux (^ue vous pourriez inventer. Voulezvous que je meure pour vous faire libre, pour que vous p'Ussiez en aimer une autre, et lui donner votre nom que je D*ai pas respecté? Je vous fournirai toutes les preuves. Jugez-moi, tuez-moi, faites de moi tout cet quMl vous plaira. Je vous bénirai, quoi quMl arrive.

DUMONT

Et depuis quand étes-vous tombée si bas?...

MATHILDE

Depuis le jour où j*ai cru quMl vous sauvait.

DUUONT.

Depuis sept ans!... Alors, Jeanne?... (tfathiide baisse la t«te. la

cache dans ses mains sans râpondre.î Eh bien , rclCVez-VOUS, madame; c^est tout, il nV a plus rien & me dire?...

If ATHILDE.

Qu'ordonnez-vous ?

DTJMONT.

Faites tout ce que vous voudrez, madame \ prenez votre enfant, allez-vous-en : je ne vous connais pas.

MATHILDE

Adieu 1 (Elle selère et fait un pas.)

* DUMONT

Où allez-vous?... Je vous défends de mourir.

MATHILDE

Pourquoi?

DUMONT

Parce quMl y a assez de crimes déjà dans le passé, et que votre fille a besoin de vous. Ce n'est pas moi qui relèverai, n'est-ce pas? et son père peut mourir d'un moment à Tuutre.

Henri, vous allez vous battre ?.••

DUMONT

Qu^ vous importe?

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