ACTE TROISIÈME. fi
DUMONT
Expliquez-vous, je vous prie.
MADAME LARGET.
Mathilde eût pu empêcher votre ruine. Il est vrai que c^eût été aux dépens de son honneur : M. Alvarez Taime.
DUMONT
Vous croyez?
MADAME LARGET.
TeD suis certaine, et c^est pour se venger de sa résistance quMl se conduit comme il le fait. Vengeance de laquais.
DUMONT
Ohl non... ce serait trop horrible et trop indigne d*un galant homme !
MADAME LARGET.
Cet amour était visible. On en parlait, on commençait même à accuser Mathilde... Tétais venue Ten avertir aiyourd'hui... mais maintenant il faudra bien se taire. Il y a des gens que Je connais... sans nommer les Berteux... qui vont en être au désespoir; mais j'en suis bien heureuse pour Mathilde.
DUMONT
Merci, chère madame, de vos bonnes paroles... En effet, Mathilde est ma consolation dans ce désastre qui la frappe comme moi et qu'elle veut partager jusqu'au bout... Ce sera bien dur pour elle, habituée depuis son enfance au luxe et à toutes les jouissances de la vie; mais, dans le cas même où le courage Tabandonnerait et où elle prendrait le parti de retourner dans sa famille, comme je le lui offre, je ne lui en voudrais pas. — Le souvenir du bonheur que je lui dois dans le passé me suffirait dans revenir...
MADAME LARGET.
Puis-jo l'embrasser avant de sortir?
DUMONT, sonrlant.
Certainement, (xa domestique.) Priez madame de venir up moment...
MADAME LARCET.
Cet Alvarez est un misérable; quand je le rencontrerai. Je ne le saluerai plus, et je dérencirai à mes amis de lui parler...
DDHONT.
Il est dans son droit.
MADAME LARGBT.
Comptez sur mon amitié éternelle... Du courage, cher monsieur, du courage...
DDMONT.
J'en aurai...
MADAME LARGE T, regardant le papier qne lui a remis Dnmont.
Alors, c'est un bon à vue?
DDMONT.
A vue...
MADAME LARCET.
Je puis aller le toucher moi-même?...
DUMONT
Dès à présent...
MADAME LARCET.
Je vais passer à la Banque, en rentrant chez moi«..
DUMOKT.
Cest cela...
MADAME LARCET.
On a jusqu'à quatre heures?...
DUMOIIT.
Oui . . • ( M athilde entre.)
MADAME LARCET, allant à eUe.
Pauvre chère... (EUe rembrasse.) Je voulais vous embrasser encore une fois. Pardonnez-moi tout ce que je vous ai dit; vous n'avez pas de meilleure amie que moi... Vous en aurez îa preuve, car nous nous reverrons souvent. Je ne suis pas de celles que Finfortune éloigne... Courage! et à bientôt...
LE DOMESTIQUE, ennoncaDt
Voici M. Alvarez.