Arch. nat., 0^ 1964, Inventaire des orangers
6. Pap. de Séguier; M. Chérucl qui fait la môme citation [Mém. sur Foucquet, I, 282) a lu par erreur le Henriste au lieu de le Fleuriste,
née en année, avait grandi avec la fortune de Foucquet; Vaux-le- Vicomte, commencé en i656*, achevé en quatre ans, création collective de trois hommes de génie, Le Vau, Le Brun et Le Nôtre, est une œuvre d'un seul jet, grandiose et définitive. C'est le salon du ministre, comme Saint-Mandé était son cabinet de travail, sa bibliothèque et même, si la cassette dit vrai, son boudoir.
On connaît les splendeurs de Vaux; tous les contemporains en ont parlé, La Fontaine les a chantées, M"^ de Scudéry a célébré le château sous le nom de Valterre -, Silvestre, Perelle, Marot, Aveline ont gravé la maison, le jardin et les fontaines sous toutes leurs faces. De nos jours, MM. Eug. Grésy et de Montaiglon ont publié des notices excellentes sur les artistes employés à Vaux ' ; ainsi nous savons que Le Vau, l'architecte, avait sous ses ordres Antoine Bergeron, juré des maçonneries du Roi, Pierre Gittard, charpentier*, et Jacques Prou, menuisier. Beaudrain, maître peintre à Paris, et Philippe Lallement de Reims, peintre de paysages, travaillaient avec Le Brun. Ce dernier fournissait aussi des cartons à la manufacture de tapisseries fondée à Maincy^, près de Vaux, par Foucquet; l'atelier de tapisseries, composé d'ouvriers flamands commandés par un Français, Louis Blamard, exécuta, sur les dessins de Le Brun, les Chasses de Méléagre et cinq pièces de V Histoire de Constantin^.
Parmi les sculpteurs, on trouve Michel Anguier '^, qui passa de Saint-Mandé à Vaux en i658; Nicolas Legendre®, chargé des stucs de tous les plafonds ; Thibaut Poissant, qui exécuta des modèles de
1. D'après le plan indiqué page 26. Suivant une estampe de Perelle, le château aurait été commencé en i633. Voltaire assure que le palais et les jardins avaient coûté 18 millions à Foucquet, lequel aurait « bâti le palais deux fois et acheté trois villages entiers, dont le terrain fut enfermé dans ces jardins immenses ».