Je dois ces renseignements à l'obligeance de M. Sommier
2. Le Louvre conserve le dessin d'un fronton avec Técureuil de Foucquet (Dessins, suppl. n* 1870). M. Alfr. Beurdeley a bien voulu me permettre de reproduire un dessin de sa collection, de la main de Le Brun, représentant les armes et la devise de Foucquet. Ce dessin a figuré à PExposition du Musée des Arts décoratifs, n* 228.
Tout le reste, mobilier, objets d'art, tentures et tableaux, a disparu*. M""- Foucquet avait gardé pour elle un petit nombre de meubles dorés, souvenir des anciens jours ; après la mort de son maH, elle se retira au Val-de-Grâce et fît transporter son mobilier dans un des pavillons extérieurs où elle vécut, piîsuse et solitaire, jusqu^en 1716 2. Or, au mois de mars 1700, un édit royal ordonnant aux particuliers de déclarer et de porter à la Monnaie tous les meubles dans lesquels il entrait de Tor ou de l'argent, la. veuve de Foucquet comparut à son tour devant le commissaire de son quartier et fit la déclaration suivante^ :
« Et ledit jour (21 avril 1700), est comparue Marie-Magdeleine de Castille, veuve de messire Nicolas 'Foucquet, surintendant des finances, demeurante dans Tun des pavillons du Val-de-Grâce, qui nous a déclaré qu'elle a un lit de campagne découpé d'estoffe d'or et d'argent avec les chaises pareilles, une tenture de tapisserie de damas à demi léz de brocart d'or, vingt chaises et un bois de lit de bois doré, un sopha à six places de même, un lit de tapisserie et les chaises garnies de frange d'or, six petites consoles, douze petits pieds dorés, deux guéridons et deux tables et un bureau dorés en partie, un petit lit tout garni d'une dentelle or et argent*. » Voilà tout ce qui restait alors des splendeurs de Vaux et de Saint-Mandé.
1. Déjà, en i663, M"* Foucquet se plaint au Roi des déprédations commises par ses agents; voir à ce sujet la note page 88, sur « le nommé d^Angeville ». Les gardes de Saint-Mandé, ajoute M"* Foucquet, se sont portés jusqu*à tel point de hardiesse qu'ils ont ouvert un cabinet dans lequel était un grand nombre de meubles de fort grand prix; il y avait des linges fins pour de grandes sommes, des bandes de lit en broderies d^or et d'argent, et un si grand nombre de choses dont elle ne peut se souvenir, quMl a fallu un long temps pour les prendre et les transporter. Néanmoins tout a été volé et enlevé par les fenôtres ou autrement, les portes et fenêtres se trouvant très renfermées, ce qui ne peut avoir été fait que publiquement par les gardes, ou à leur vu et su, de leur participation et complicité. Cette perte se monte à plus de vingt mille livres, qui ne tournent point au profit de Votre Majesté, et qui vont à la ruine entière des créanciers, entre lesquels il y a un nombre incroyable de pauvres familles de toutes sortes d^artisans. » {Arch. Bastille, II, 171 et 188, au sujet d'un bris de scellé et d'un vol commis à Saint-Mandé.)
2. Saint-Simon, XIV, 112, éd. Hachette. D'après une note de Jal, au mot Foucquet, M"* Foucquet s'était procuré, je ne sais comment ni pourquoi, le corps de saint Libérât, martyrisé à Carthage, qu'elle fit porter processionnellement à Saint-Jacques du Haut-Pas, le 27 août 1690.
3. Bulletin de la Société de l'histoire de l'art français, 2» année, juillet 1876, p. 38, note de M. J. J. GuifFrey.
4. Il me semble reconnaître ici divers meubles de VInventaire de Vaux, le lit de campagne de Foucquet et quelques parties de l'ameublement de la chambre de M** Foucquet à Vaux.
Et les sarcophages? — Nous les avons laissés dans la galerie de Saînt-Mandé, attendant le nouveau logement que Le Brun leur préparait dans les jardins de Vaux. A la vente de Foucquet, un sculpteur de Paris, dont le nom est inconnu, les acheta et les revendit à Le Nôtre*. Le Nôtre était un grand curieux ; il occupait aux Tuileries, près de la grande écurie, un petit pavillon encombré de tableaux précieux, d'antiques, de médailles, d'estampes, avec des a porcelaines et vernis (laques) de la Chine fort rares ^ ». Les deux monuments de pierre ne purent trouver place dans la maison ; on fut obligé de les déposer « dans le petit jardin des Tuileries, où ces rares pièces restèrent très longtemps exposées aux injures de Tair et fort négligées^ ». De guerre lasse, et ne sachant où les caser. Le Nôtre en fit présent à son voisin Bernin de Valentînay d'Ussé, contrôleur général de la maison du Roi, dont le jardin donnait sur les Tuileries. Celui-ci les fit dresser « à l'extrémité d'une allée couverte d'un berceau où, dit Germain Brice, il ne paroit pas que l'on en fasse grand cas, ni que l'on en connoisse le prix et la rareté ».
En 1698, le docteur Lister, visitant les curiosités de Paris, voulut étudier ces reliques fameuses, dont la réputation était européenne; « par malheur, M. de Valentinay les avait envoyées à sa maison de Tours peu de temps avant notre arrivée à Paris. On dit qu'un de ces tombeaux est de pierre de touche noire, qu il a été apporté de la haute Egypte et qu'il est rempli d'hiéroglyphes*. »
En effet, M. d'Ussé qui avait épousé en 1691 Jeanne Françoise Le Prestre de Vauban, la fille du futur maréchal, avait amené à Ussé, en Touraine*, sa jeune femme, ; — elle avait douze ans et demi, — et ses vieux sarcophages. Le château d'Ussé réclamait de grosses réparations; Vauban offrit à son gendre de se charger de la besogne, on l'accepta ; naturellement il trouva moyen de construire une terrasse, — l'ingé-