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3. Au confluent de PIndrc et de la Loire, canton d'Azay-le-Rideau.
LE SURINTENDANT FOUGQUET 57
nîeur ne perd jamais ses droits; — la terrasse fut faite et, dans la partie inférieure, on réserva une niche tout exprès pour loger les deux Egyptiens.
C'est là que La Sauvagère les vit en lySo. Il habitait aux environs, à deux lieues d'Ussé, et s occupait beaucoup d'antiquités locales; il se passionna pour les sarcophages et publia sur leur compte une dissertation sous forme de lettre adressée à Court de Gébelin, avec deux planches reproduisant un des monuments et la copie des hiéroglyphes*. Trente ans plus tard, en 1780, La Sauvagère se trouvait encore à Ussé; le prince de Montbazon venait d'acquérir le château et notre antiquaire, lui indiquant un des sarcophages, ne put s'empêcher de dire : a Mon prince, vous avez là un morceau qui vaut à lui seul autant que votre terre! — Monsieur, reprit celui-ci, si vous voulez, je vous fais présent de onze cent mille francs : la terre m'en coûte douze cents, et je vous laisse la statue pour cent mille. — La Sauvagère l'aurait pris au mot s'il eût possédé cette somme*. »
A la Révolution, la terre d'Ussé appartenait à Louis-Vincent Roger, marquis de Chalabre, qui avait émigré. Son fils la vendit en 1807 au duc de Duras ^; mais, comme il attachait une valeur particulière aux deux tombeaux, il refusa de les comprendre dans la vente, leur fit faire une seconde fois le voyage de Paris, et les installa chez lui, où tout le monde fut admis à les voir*. Depuis cette époque ils avaient disparu, sans que personne ait appris ce qu'ils étaient devenus.
Or, en 1843, un archéologue parisien bien connu, M. Bonnardot, visitant l'ancien cimetière de l'abbaye de Longchamps, démolie à la Révolution et convertie en ferme, découvrit, sur les bords d'un chemin traversé par les charrettes, deux pierres émergeant du sol et pré-
1. Recueil d'antiquités dans les Gaules, par La Sauvagère. Paris, 1770, p. 329-377. La' réponse de Court de Gébelin est imprimée à la fin du recueil.