Sans compter les galeries de tableaux et de sculptures
et Londres cinq *. La curiosité pénètre dans toutes les classes et dans tous les mondes; c'est un terrain neutre où les ducs de Richelieu, de la Vrillière, de Créqui, de Liancourt, de Verneuil, de Grammont, font concurrence au banquier Jabach, au médecin Delorme et au brodeur Henry. Le curieux est homme de cour avec Bussy-Rabutin et Beringhem, apothicaire avec Nodin et Catelan, homme d'église avec La Noue, de Marolles, Claude Maugis, Séguin, Feydeau, l'abbé de Louvoîs. Il est orfèvre, magistrat, horloger, avocat, diplomate, bourgeois, artiste, prince du sang comme Gaston d'Orléans, poète comme Scudéry et pâtissier comme Tribou, qui collectionne ce les tableaux, les armes des Indes, les couteaux de Turquie et de Perse ^ ».
La finance à son tour se jette dans le mouvement avec son cortège de partisans, de gens d'affaires et de fermiers. Tous ces parvenus faisaient alors grand tapage, renversant les vieux hôtels parisiens pour bâtir leurs nouveaux palais, détruisant les villages et comblant les vallées pour installer leurs châteaux, leurs parcs et leurs pièces d'eau ^. Du jour où la curiosité devint un luxe, ce fut à qui aurait les tableaux des plus grands maîtres, les cabinets les plus rares, les bibliothèques les mieux pourvues*, les galeries les mieux décorées. La Basinière, Trésorier de l'épargne, protège Le Brun; d'Hervart, que l'amitié de La Fontaine a rendu célèbre, patronne Mignard ; Guénégaud réunit à son château de Fresnes une remarquable collection de tableaux; de Chambré, Trésorier des guerres, grand amateur de musique et de peinture, fait illustrer par Le Sueur, Abraham Bosse et Nanteuil, les compositions musicales de son ami Denis Gaultier. On cite les livres et les estampes de Querver, Receveur général des finances, les tableaux de Mauroy, les médailles de Charron et de Basin de Limeville, intéressé dans les
1. Les collections fameuses dé Charles I*% de lord Arundel, du duc de Buckingham, le cabinet de John Bargrave, et celui des frères Tradcscant. Ce dernier fut légué à Élic Ashmol et donné par lui à rUniversité d'Oxford en i683. Voir à ce sujet un excellent travail de M. Nesbitt dans la Quar^ terly Review, oc t. 1880.
2. J. Spon, Antiquités de la ville de Lyon, 1673. Évelyn écrit dans son Journal en i652 : « Ici à Paris) tout personnage de rang, qui se bâtit une maison, se croit obligé^ quelles que soient d'ailleurs
ses prétentions intellectuelles, d'avoir son cabinet et sa bibliothèque, u