‹ Le surintendant Fouquet, vice-roi d'Amérique [microforme]Chapitre 6 sur 9 · Affaires étrangères. Amérique, t. Il, p · texte numérisé non relu

Affaires étrangères. Amérique, t. Il, p

seront embarquez sur l’un et l’autre desdits nauires soient nouris et traittez conformément au règlement particulier qui en a esté fait par ordre de Sa Maissniasiss Pourra led. S' Gargot porter l’estendart ou Pauillon blanc sur l'arrière de son vaisseau pour toute marque de commandement. ..... . S'il rencontre des vaisseaux estrangers, corsaires ou autres à la mer, il évitera de se commettre mal à propos auec eux eu esgard à la qualité de son armement, sans toutes fois rien perdre ou relascher de ce qni est deub à l'honneur des vaisseaux de Sa Maté, ce qu’elle remet à la honne conduite dud. S' Gargot.. » Au cours de cette expédition, Cargot apprit de mauvaises nouvelles de la colonie de Plaisance dont le gouverneur, son frère et l’aumônier avaient été massacrés par les habitants révoltés. Gargot se saisit des mutins et pour ne pas empiéter sur les droits du gouverneur de Québec, il fit dresser un radeau sur le Saint-Laurent et exécuter le meurtrier de l’'aumônier à la vue de toute la ville.

Pour ce second voyage le trésorier général de la marine Olivier Subleau reçut, le 22 février 1664, l’ordre de payer à Gargot la somme de 2500 livres qu’il avait avancée durant son voyage à Québec sur l’Aigle d'Or, pour le transport des émigrants, des munitions, vivres et marchandises expédiées !,

De retour en France, Gargot fut chargé d’aller en Suède acheter des canons et d’autres approvisionnements pour la marine; il s’acquitta avec son zèle et son dévouement accoutumés de cette mission de confiance.

Mais en rentrant à Brouage au commencement de septembre 1664, il était tellement malade qu’il dut prendre aussitôt le lit d’où i ne se releva pas. Il était si pauvre, après ces longues caravanes à travers le monde, qu’il n’eut pas de quoi se faire enterrer décemment. Tel fut l’homme en qui Fouquet avait mis sa confiance et qu’il avait chargé de créer dans l'Amérique du Nord un établissement qui fut le pendant de celui qu’il avait voulu organiser dans les Antilles.

En 1661, sous le nom du sieur Clément, conseiller à la cour des aides, le surintendant avait traité de l’île Sainte-Lucie ou Sainte-Alouzie avec le sieur de Venart porteur de l'avis des parents des enfants mineurs du sieur du Parquet?, moyennant la somme de 30 006 livres et 9000 livres de pot de vin dont il avait été fait déclaration au profit de Fouquet.

« Sainte-Alouzie, dit Fouquet, est une île que j'avais autrefois vendue, c’est une de celles où mon père et moi avions part et que je voulais retirer pour rétablir notre compagnie. » Quelques lignes plus bas il revient sur ses projets sans s’expliquer cependant d’une manière positive, sans déclarer quelles étaient au juste ses intentions et s’il ne voulait créer aux Antilles qu'un centre commercial, qu’un entrepôt où seraient centralisés tous les produits des îles voisines, sans y installer comme à Belle-Ile un établissement militaire qui lui aurait permis de se rendre maître facilement des petites Antilles; s’il travaillait en un mot pour lui ou pour la France.

« Je n'avais en tête que des compagnies de mer et de colonies. J'en avais parlé au roi, j’en avais eu ordre de feu M. le cardinal Mazarin, j'en avais été

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