Tempête, acte I, scène 2, et acte II, scène
3. Voir Sam. Taylor Goleridge : Lectures and Notes on Shakespeare, etc. London, 1897, p. 142.
tandis que les personnages grossiers ou bouffons ie ses pièces s'expriment ordinairement en prose. Voici en quels termes poétiques il parle aux naufragés de Fîle mystérieuse où il est né : «... L'île est remplie de bruits, de sons errants et de doux airs qui donnent du plaisir sans jamais nuire. Quelquefois des milliers d'instrum.ents résonnants bourdonnent âmes oreilles; et quelquefois ce sont les voix telles que^ si je m'éveillais alors après un long sommeil^ elles me feraient dormir encore ; ît en dormant il me semble que je vois les nuées ;'ouvrir, et offrir un amas de biens prêts à tomber sur moi ^.. »
Ces voix, ces accords, le spectateur aussi les Derçoit souvent. De toutes les pièces de Shakespeare, c'est peut-être la Tempête qui est la plus mélodramatique ; le musicien est toujours Ariel, le génie aérien, comme son nom l'indique, par [jui Prospero gouverne les autres esprits et qui marque toujours par un air de musique le commencement de l'incantation. Ariel sait, sur Tordre ie Prospero, « voler, nager, plonger dans les flammes, galoper sur des flocons de nuages ; il est