Acte III, scène
xMacbeth vient en effet ; il exige qu'on réponde à ses questions ; toutefois ce n'est pas les sorcières qu'il veut entendre, mais leurs « maîtres ». Alors apparaissent successivement au milieu du tonnerre au-dessus de la chaudière les visions évoquées : c^est d^abord une tête armée d'un casque, puis un enfant ensanglanté, enfin le fantôme d^un enfant couronné avec un arbre dans sa main. G^est dans leurs propos ambigus, contradictoires et trompeurs que Macbeth doit deviner Tavenir. Cependant il veut en savoir encore davantage ; la postérité de Banquo montera-t-elle effectivement sur le trône ? La chaudière magique s'enfonce sous la terre ; une nouvelle vision paraît à ses yeux : ce sont huit rois, tous semblables de figure, qui viennent à la file et dont le dernier tenant un miroir dans la main indique qu'il en vient encore après lui *, et Fombre de Banquo qui fait signe que c'est sa postérité... Puis la vision et les magiciennes disparaissent, Macbeth se sauve avec horreur de ce lieu en murmurant tout le long du chemin : « Surtout plus de visions!... »
1. Le miroir servait parfois à prédire l'avenir. Voir Thiselton Dyer, ouv. cité, p. 479.
Les sorcières de Macbeth — sur Texistence et la nature desquelles nous donnerons plus loin des détails circonstanciés — occupent une place intermédiaire entre la divination et la magie noire, et montrent que la démonologie du temps de Shakespeare reconnaissait aussi des genres de divination qui, ayant pour origine un pacte avec les puissances des ténèbres, servaient le plus souvent à faire sournoisement du mal aux hommes et étaient par conséquent interdits et poursuivis par les tribunaux \ On trouve un exemple de ce genre de divination dans la seconde partie de Henry VI lorsque, à la demande de la duchesse de Gloster, Marguerite Jourdain, la « rusée sorcière » et Roger Bolingbroke, le « nécromant », réussissent, au milieu des éclairs et du tonnerre, à évoquer un spectre et à lui arracher quelques phrases à double sens. Mais ils ont été épiés et tous les complices de cet acte de magie seront sévèrement punis ^ Richard III, n'étant encore que duc de Gloster, attribue sa difformité à de pareils maléfices, mais il est probable que c'est uniquement dans le but