‹ Le surnaturel dans le théâtre de ShakespeareChapitre 39 sur 102 · Acte III, scène · texte numérisé non relu

Acte III, scène

4. Voir la Démonologie du roi Jacques, p. 107. Klôpper, ouv cité. Lucy, ouv. cité, p. 11, et Th, Dyer, ouv. cité, p. 36—37.

Croyance au diable et sorcellerie

Au temps de Shakespeare, la notion de pactes conclus av^ec les puissances occultes en vue de faire du mal aux hommes était fondée sur la croyance au diable, qui était cultivée comme une science à cette époque.

Nous avoas vu plus haut comment le christianisme vainqueur avait fait de la plupart des divinités païennes des démons ou malins esprits, ce qui amena dans le courant du moyen âge une certaine transformation de la notion du diable, considérée alors comme faisant partie intégrante de la religion chrétienne. La négation du diable était regardée par l'Eglise comme une hérésie des Sadducéens ; cependant sous l'influence de la Réforme, dans les pays où le protestantisme se propagea au cours du xvf siècle, des divergences dans la manière de concevoir le rôle du démon

ûe tardèrent pas à se manifester. Les réformateurs aussi reconnaissaient que l'existence des démons, la possession diabolique^ la sorcellerie et la légitimité de sa répression sont des choses qui peuvent être prouvées par les Ecritures ; ils reconnaissaient aussi l'authenticité des miracles racontés dans la Bible. En revanche, ils niaient que l'Eglise eût reçu du Ciel le pouvoir d'en faire; ils étaient donc forcés, dans cet âge de superstition et de bigotisme, d'attribuer à Tinfluence et au pouvoir du diable tous les phénomènes dont ils ne pouvaient donner une explication naturelle faute de connaissances scientifiques suffisantes. Voilà pourquoi, précisément à l'époque de Shakespeare et dans les pays à majorité protestante, comme l'Angleterre, les persécutions contre les personnes soupçonnées d'^entretenir des relations coupables avec les esprits du mal furent générales et particulièrement violentes ^

L'expression la plus frappante des efforts que les princes firent en ce sens estla Démonoiogie de Jacques P' ^ que Shakespeare devait bien con-

1. Spalding, ouv. cité.p. II, p. 26, et suiv.Brandes, ouv.cité, p. 596.

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