‹ Le surnaturel dans le théâtre de ShakespeareChapitre 67 sur 102 · Acte I, scène 1 et autres · texte numérisé non relu

Acte I, scène 1 et autres

sait déjà raconter à sa mère une histoire de revenants, car « c'est ce qu'il faut en hiver ^ ».

Ainsi le goût public sinspirant des croyances populaires exigeait, pour ainsi dire, à cette époque l'emploi de cet élément dans le drame, et les auteurs dramatiques italiens, français^ espagnols et anglais, devanciers ou contemporains de Shakespeare, s'efforçant gauchement, dans la plupart des cas, d'imiter les apparitions de Sénèque, en faisaient un usage par trop primitif, car ils ignoraient l'art de produire de véritables effets scéniques et ne connaissaient probablement pas les modèles qu'offre le théâtre grec. Chez eux, les ombres des morts, en particulier celles de personnages qui ont été victimes d'un meurtre, ouvrent le drame par une longue exposition en forme de prologue, mais elles reviennent souvent dans le cours de la pièce criant vengeance, parlant à tout propos dans un style ampoulé et prolixe ; elles paraissent souvent en compagnie de personnages symboliques ou mythologiques ; elles assistent au châtiment qu'elles réclamaient pour le criminel, tuent même quelquefois et expriment

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