Acte III, scène
spectre de ses propres yeux, s'exprime à son sujet d une manière bien caractéristique : « C^est, ditil, comme un o bjet jeté dans l'œil de l'âme pour en troubler la vue \ » Hamlet lui-même n^a pas une foi absolue en ce qu'il a vu, et Bucknill a parfaitement raison de dire que le prince est, après la vision, moins fermement persuadé de la réalité du message d'outre-tombe que Macbeth de la véracité des sorcières ^
En ce qui concerne particulièrement les croyances religieuses de Shakespeare, on voit qu'il fait preuve d'une grande liberté de pensée dans les passages où les héros de ses drames se révoltent contre la volonté de Dieu ou des dieux. Dans le Roi Lear, le vieux Gloster qui a été privé de la vue, dit : « Ce que sont les mouches pour des enfants cruels, nous le sommes pour les dieux : ils nous tuent par amusement » ^ Dans Cymbeline, Posthumus reproche aux dieux d'avoir laissé périr pour une faute légère Imogène, qu'il croit morte, et de permettre à d'autres d'accumuler crimes sur