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l'église et les libertés

celui d’aucun de ses prédécesseurs. Les deux leçons qui vont suivre auront pour objet les documents, où sa pensée a son expression la plus complète. Il n'y a donc pas lieu de s’en occuper aujourd’hui. J’arrive ainsi à Léon XIII. On le donnait, à l’époque de son élection, comme un protecteur des libéraux et un partisan de leurs tendances. Pie IX et Grégoire XVI avaient eu la même renommée.

Cela suffit, pour montrer le cas qu’il faut faire de ces bruits, qui se renouvellent au début de chaque pontificat.

La doctrine traditionnelle de l’Église romaine a, dans les encycliques de Léon XIII, une ampleur qu’on ne lui avait pas encore connue. Il mit à l’illustrer les ressources de son intelligence très ouverte et de son expérience des homme.s et des idées. Tout se tient dans son esprit et tout fait corps dans ses enseignements. On pourrait aisément, avec des citations bien prises, dresser une somme de la Contre-Révolution.

Sa doctrine ne diffère pas de celle de ses prédécesseurs. C’est toujours Pierre qui enseigne. La tradition apostolique continue donc semblable à ellemême.

Léon XIII a trouvé moyen de se prononcer sur la plupart des problèmes qui nous occupent. Nous aurons à le citer fréquemment. Mais il y a lieu de présenter ses principales encycliques, dans l’ordre où elles ont paru.

Le 21 avril 1878, à peine élevé au trône pontifical, il écrit: « Il ne faut point considérer comme une civilisation parfaite celle qui consiste à mépriser audacieusement tout pouvoir légitime, et on ne doit point saluer du nom de liberté celle qui a pour cortège honteux et misérable la propagation effrénée des erreurs, le libre assouvissement des cupidités perverses, l’impunité des crimes et des méfaits et

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l’oppression des meilleurs citoyens de toutes classes. Ce sont là des principes erronés, pervers et faux; ils ne sauraient donc assurément avoir la force de perfectionner la nature humaine (*). »

C’est la condamnation implicite des systèmes politiques issus de la Révolution. Celui qui sévit en France est plus atteint que d’autres. La chose est de toute évidence.

A la fin de la même année, le 28 décembre, il signale comme l’une des causes de l’anarchie socialiste, communiste et nihiliste, qui menace les nations européennes, les théories démocratiques sur l’origine du pouvoir dans la société: « Par une impiété toute nouvelle et que les païens eux-mêmes n’ont pas connue, on a vu se constituer des gouvernements, sans que l’on tînt nul compte de Dieu et de l’ordre établi par Lui; on a proclamé que l’autorité publique ne prenait pas de Dieu le principe, la majesté, la force de commander, mais de la multitude du peuple, laquelle, se croyant dégagée de toute sanction divine, n’a plus souffert d’être soumise à d’autres lois que celles qu’elle aurait portées elle-même conformément à son esprit ( 2 ). »

Il s’en prend aux théoriciens du Socialisme, lesquels « ne cessent de proclamer que tous les hommes sont, par nature, égaux entre eux et, qu'à cause de cela, on ne doit au pouvoir, ni honneur, ni respect, ni obéissance aux lois, sauf à celles qu’ils auraient sanctionnées d’après leur caprice. »

Cette critique va droit à la démocratie et aux institutions par lesquelles on l’implante dans un pays. Celle dont la France pâtit n’est point épargnée. Pour ne pas s’en apercevoir, il faut être aveugle ou incapable de lire et de comprendre un texte.

Le Pape, après avoir montré l’erreur du doigt,

1 . Lettres encycliques du Pane Léon XIII, éd. de la Bonne Pi-esse, 1 , 13.

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