‹ Le syllabusChapitre 21 sur 32 · Dieu exerce une action sur les hommes et sur le monde · texte numérisé non relu

Dieu exerce une action sur les hommes et sur le monde

(C’est l’affirmation du dogme de la Providence.)

3. Dieu est l'arbitre suprême du vrai et du faux, du bien et du mal. La raison humaine est tenue de se conformer à ses lois.

Elle ne peut sans lui procurer le bien des hommes ni des peuples.

4. La raison humaine est impuissante à découvrir avec ses seuls moyens toutes les vérités religieuses.

Elle ne saurait être la règle souveraine et unique qui conduise l'homme à la connaissance de toutes les vérités. (Il est des vérités que l’homme ne peut ap-

l’église et les libertés

Ibid. — Encyclique « Qui pluribus », 9 novembre 1846. — Encyclique « Singulari quidem », 17 mars 1856.

5. La révélation divine est imparfaite, et, par conséquent, sujette à un progrès continuel et indéfini, qui réponde au développement de la raison humaine.

Ibid. — Ibid.

6. La foi du Christ est en opposition avec la raison humaine ; et la révélation divine, non seulement ne sert de rien, mais elle nuit à la perfection de l’homme.

Ibid. — Ibid.

7. Les prophéties et les miracles exposés et racontés dans les saintes Écritures sont des fictions poétiques, et les mystères de la foi chrétienne sont le résumé d investigations philosophiques ; dans les livres des deux Testaments sont contenues des inventions mythiques et Jésus-Christ lui-même est un mythe.

Ibid. — Ibid.

prendre que par une révélation divine.)

5. La révélation des vérités faite à l'homme par Dieu est parfaite , c'est-àdire close ; elle ne progresse pas indéfiniment pour suivre les développements des connaissances humaines. Les vérités qu'elle nous enseigne sont immuables.

(C’est la condamnation de l’évolution des dogmes.)

6. Il ne peut y avoir opposition entre la foi et la raison; la révélation divine contribue à la perfection de l'homme, au lieu de lui être préjudiciable.

7. Les prophéties et les miracles racontés par la Bible sont historiques, c'est-à-dire certains ; les mystères de la foi chrétienne nous ont été enseignés par une révélation positive. Les récits contenus dans les livres des deux Testaments sont historiques. Jésus-Christ est un personnage historique; il a existé ; nous connaissons sa vie.

§ II. Rationalisme modéré.

8. Comme la raison humaine est égale à la religion elle-même, les sciences théologiques doivent être traitées de la même manière que les sciences philosophiques.

Allocution « Singulari quadam », 9 décembre

9. Tous les dogmes de la religion chrétienne, sans distinction, sont l’objet de la science naturelle ou philosophie ; et la raison humaine peut, d’après ses principes et ses forces naturelles, parvenir, par son simple développement historique, à une vraie connaissance de tous les dogmes, même comme objet.

Lettre à V archevêque de Frising ue « Gravissimas », décembre 1862. — Lettre au même « Tuas libenter », 21 décembre

10. Comme autre chose est le philosophe et autre chose la philosophie, le premier a le droit et le devoir de se soumettre à une autorité qu’il a reconnue lui-même être vraie ; mais la philosophie ne peut ni ne doit se

8. La religion est, par certaines de ses vérités, au-dessus du domaine de la raison. Les sciences de la religion ou ihéologiques ne peuvent être soumises à la même méthode que les sciences philo sophi ques, dont les objets relèvent uniquement de la raison.

9. Si la philosophie, qui est une science naturelle, peut atteindre certaines vérités de la religion chrétienne, il en est d'au très qui lui échappent.

Elle est incapable d'en acquérir la connaissance avec ses principes et scs méthodes, ou en vertu des progrès de son développement historique , lors même qu'ils lui seraient proposés comme objet.

10. Cette distinction entre le philosophe et la philosophie est inadmissible. La philosophie doit se soumettre aux enseignements religieux de la révélation et de l'autorité chargée de les conserver et de les interpréter. Elle

L’Église et les libertés.

l’église et les libertés

soumettre à aucune autorité.

Ibid.

11. L’Église non seulement ne doit, dans aucun cas, sévir contre la philosophie, mais elle doit tolérer les erreurs de la philosophie et lui abandonner le soin de se corriger elle-même.

Ibid.

12. Les décrets du Siège Apostolique et des Congrégations Romaines empêchent le libre progrès de la science.

Ibid.

13. La méthode et les principes, d’après lesquels les anciens docteurs scolastiques ont cultivé la théologie, ne conviennent plus aux nécessités de notre temps et au progrès des sciences.

Ibid.

14. On doit s’occuper de philosophie sans tenir aucun compte de la révélation surnaturelle.

Ibid. — N. B. Ces systèmes du rationalisme se rapportent , pour la majeure partie, aux erreurs d'Antoine Guniher , qui sont condamnées dans la lettre au Cardinal archevêque de Cologne « Exi miam tuam », 15 juin

le fait , en prenant à son compte les vérités que le philosophe accepte d'une autorité, qu'il a reconnue lui-même être vraie.

11. L'Église doit, en certain s cas, c'est-à-dire quand elle oppose ses enseignements à ceux de l'Eglise, sévir contre la philosophie ; elle ne peut pas tolérer ses erreurs et encore moins lui laisser le soin de se corriger

elle-même.

12. Les décrets du Siège Apostolique et des Congrégations romaines favorisent le progrès de la science, en la prémunissant contre l'erreur.

13. La méthode et les principes, d'après lesquels les anciens docteurs scolastiques ont cultivé la théologie, conviennent aux nécessités de notre temps et au progrès des sciences.

14. Il n'est pas permis de négliger la religion surnaturelle, quand on s'occupe de philosophie.

1847 y dans la lettre à l'archevêque de Breslau, « Do lore naud mediocri », 30 avril 1860.

§ III. Indifférentisme, Latitudinarisme.

15. Chaque homme est libre d’embrasser et de professer la religion qu’il aura été amené à regarder comme vraie, par les seules lumières de la raison.

Lettres apostoliques « Multipliées inter », 10

juin 1851. — Allocution « Maxima quidem », 9

juin 1862.

16. Les hommes peuvent trouver le chemin du salut éternel et obtenir le salut éternel dans le culte de n’importe quelle religion.

Encyclique « Oui pluri bus », 9 novenibre 1846.

— Allocution « Ubi primum », 17 décembre 1847.

— Encyclique « Singulari quidem » 17 mars 1856.

17. Au moins doit-on bien espérer du salut éternel de tous ceux qui ne vivent nullement dans le sein de la véritable Église du Christ.

— Encyclique « Singula-

quadam », 9 décembre

« Quanto conficiamur », 17 août 1863.

15. Chaque homme n’a pas le droit d'embrasser ou de professer la religion qu'il aura été amené à regarder comme vraie, avec les seules lumières de la raison. (Il n’y a qu’une seule religion véritable, * et c’est celle que chaque homme doit embrasser et professer.)

16. Les hommes ne peuvent trouver le chemin du salut éternel et obtenir ce salut que dans la seule religion véritable.

17. On ne peut pas espérer le salut éternel de ceux qui vivent hors ds l'Église du Christ, qui est la seule véritable religion „

l’église et les libertés

18. Le protestantisme n’est autre chose qu’une forme diverse de la même vraie religion chrétienne, forme dans laquelle on peut être agréable à Dieu, aussi bien que dans l’Église catholique.

Encyclique « Nobis et nobiscum », 8 décembre

18. Le protestantisme est autre chose qu'une forme de la religion chrétienne. On ne peut y être agréable à Dieu, comme dans l'Église catholique.

§ IV. Socialisme, communisme, sociétés secrètes, sociétés bibliques, sociétés elérieo-libérales.

Ces sortes de fléaux sont souvent frappés de condamnations formulées en termes très graves dans l'Encyclique « Qui pluribus » du 9 novembre 1846, dans l'allocution « Ouibus quantisque » du 20 avril 1849, dans l'allocution « Singulari quadam » du 9 décembre 1854, dans l'Encyclique « Ouanto conficiamur mœrore » du 10 août 1863.

§ V. Erreurs relatives à l’Église et ses droits.

19. L’Église n’est pas une société vraie et parfaite, pleinement libre ;; elle ne jouit pas de droits propres et constants, & elle conférés par son divin Fondateur ; mais il appartient au pouvoir civil de définir quels sont les droits de l’Église et les limites dans lesquelles elle peut les exercer.

Allocution « Singulari quadam », 9 décembre

1854. — Allocution « Mul-

19. L'Eglise est une société véritable , parfaite, pleinement libre, jouissant de droits propres et constants, que son divin Fondateur lui a conférés; le pouvoir civil n'a ni a définir ces droits ni à tracer les limites dans lesquelles il convient de les exercer.

tis gravibusque », 17 décembre 1860. — Allocution « Maxima qui de m », 9

juin 1862.

20. La puissance ecclésiastique ne doit pas exercer son autorité sans la permission et l’assentiment du pouvoir civil.

Allocution « Meminit unusquisque », 30 sep-

tembre 1861.

21. L'Église n’a pas le pouvoir de définir dogmatiquement que la religion de l’Église catholique est la seule vraie.

Lettre apostolique « Multipliées inter », 10 juin 1851.

22. L’obligation qui concerne les maîtres et les écrivains catholiques se borne aux choses qui ont été définies par le jugement infaillible de l ; Église, comme étant des dogmes de foi qui doivent être crus par tous.

Lettre à l'archevêque de Frisingue « Tuus libenter », 21 décembre 1863.

23. Les Souverains Pontifes et les conciles œcuméniques se sont écartés des limites de leur pouvoir ; ils ont usurpé les droits des princes, et ils ont même erré dans les définitions relatives à la foi et aux mœurs.

Lettre apostolique

20. La puissance ecclésiastique peut et doit exercer son autorité sans la permission et l'assentiment du pouvoir civil.

21. L'Église a le pouvoir de définir dogmatiquement que la religion de l'Église catholique est la seule vraie.

22. Les maîtres et les écrivains catholiques sont tenus de se conformer aux vérités définies par le jugement infaillible de l'Église comme étant des dogmes de foi ; ils ont en outre d'autres obligations envers l'Église enseignante.

23. Les Souverains Pontifes et les conciles œcuméniques sont restés dans les limites de leurs pouvoirs ; ils n'ont pas usurpé les droits des princes; ils n'ont jamais erré dans les définitions relatives à la foi et aux mœurs.

l’église et les libertés

« Multipliées inter », 10 juin 1851.

24. L’Église n’a pas le droit d’employer la force ; elle n’a aucun pouvoir direct ou indirect.

Lettre apostolique « Ad Apostolicæ », 22 août

25. En dehors du pouvoir inhérent à l’épiscopat, il y a un pouvoir temporel qui lui a été concédé, ou expressément ou tacitement, par l’autorité civile, révocable par conséquent à volonté par cette autorité civile.

Ibid.

26. L’Église n’a pas le droit naturel et légitime d’acquérir et de posséder.

fore », 15 décembre 1850.

— Encyclique « I ncredibili », 17 septembre 1863.

27. Les ministres sacrés de l’Église et le Pontife Romain doivent être absolument exclus de tout soin et domaine sur les choses temporelles.

Allocution « Max i m a quidem », 9 juin 1862.

28. Il n’est pas permis aux évêques de publier même les Lettres Apostoliques sans la permission du gouvernement.

Allocution « Nunquam fore », 15 décembre 1856

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