CHAPITRE IV
OsatriAm* partie dn Symbc^ des Apôtres. — La saiote Ëgiise.
Les articles du Symbole des Apôtres qu’il nous reste encore à examiner ne sont pas une simple annexe de la doctrine du Saint-Esprit. Ils forment bien réellement une quatrième partie, développement du quatrième terme ajouté , comme Tertullien nous l’apprend, à ceux du Père, du Fils et du Saint-Esprit, qui constituaient la formule primitive de la profession de foi des néophytes.
Les cinq articles dont elle se compose ne peuvent pas être pris pour des propositions indépendantes, quant au sens, les unes des autres. On ne doit pas les considérer séparément ; ils s’expliquent mutuellement, ou, pour mieux dire, ils se rapportent tous à la doctrine de l’Église, dont ils exposent successivement les caractères, les attributions et les prérogatives.
Quand, dans la seconde moitié du deuxième siècle, on avait introduit la mention de l’Église dans la formule primitive qui servait de profession de foi aux néophytes, on avait eu pour but de distin-
guer ceux qui restaient attachés à la saine doctrine ou à ce qu’on prenait pour elle, des hérétiques qui entendaient le christianisme dans un sens différent, et par conséquent aussi de marquer qu’il n’y avait de salut que pour les membres de l’Église. Cette idée était contenue implicitement dans ce quatrième terme. Mais bientôt il devint nécessaire de l’expliquer assez complètement pour qu’il ne pût y avoir le moindre doute sur le sens dans lequel l’Église l’entendait. Ce fut alors que, pour attester qu’il n*y a de rémission des péchés, ni par suite de salut , ni par conséquent de résurrection pour la vie éternelle, que dans l’Église et par l’Églis’e, on inséra ces trois articles dans le Credo Cette intention se manifeste avec une entière évidence dans la plus ancienne forme de cette partie, dans les Symboles latins. On a vu qu’elle était conçue en ces termes ;
« La rémission des péchés et la vie éternelle par la sainte Église * • ou « La vie éternelle et la rémission des péchés par la sainte Église » 3.
Il n’est pas un seul des Pères de l’Église qui ont parlé du Credo ou qui en ont donné des explications
t. Celui delà communion des saints n’y fut introduit que trien plus tard.
S. Cypriani Opéra, p. 293, Epist. 69 ad Magnum.
3. Ibid., p. 470, Epist. 90 ad Januariim; Augustini Opéra, t. V, col. 4385, Sarmo 216, § 9.
qui ne joigne ensemble les quatre articles qui, jusqu’au sixième siècle, composèrent seuls la quatrième partie de ce formulaire, et qui ne fasse dépendre les trois derniers du premier. Gela est évident pour saint Cyprien, qui ne connaissait cette partie que dans la rédaction : « La rémission des péchés et la vie éternelle par la sainte Église. » Pour les autres, on en trouve la preuve dans leurs écrits.
Saint Cyrille de Jérusalem ne place le salut, c’est-à-dire la rémission des péchés et la vie éternelle, que dans l’Église. « Celui seul, dit-il, qui persévère dans la sainte Église catholique peut posséder le royaume des deux et la vie éternelle *. '»
Saint Augustin s’exprime encore plus clairement : « Si la rémission des péchés, dit-il, n’était pas dans l’Église, il n’y aurait pas d’espérance de vie future et de délivrance éternelle. Nous rendons grâces à Dieu d’avoir fait ce don à son Église *. » Et un peu plus loin : « Rendez grâces à Dieu qui a donné à son Église ce privilège que nous confessons dans le Symbôle, de sorte qu’après
1 . Cyrilli Hierosd. Opéra, p. 870 et suiv., Catech. xviii, g 41 et 13.
2. Remissio peccatorum si in Ecclesia non esset, nulla futurs vitæ et liberationis æternæ spes esset. Gratias agimus Deo, qui Ecclesiæ suæ dédit hoc donuni. Auguttini Opéra, t. V, col. 1369, Sermo 813, g 8.
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avoir dit : la sainte Église , nous ajoutons ; « la rémission des péchés *. » « C’est dans l’Église, dit-il ailleurs, que, par le sang de Christ et sous l’action de' l’Esprit-Saint , a lieu la rémission des péchés. C’est en elle que l’âme morte par ses péchés reprend une nouvelle vie *. » S’il restait encore quelque doute sur la pensée de saint Augustin, il disparaîtrait inévitablement devant cette déclaration où, pour plus de clarté, il reproduit cette partie du Symbole des Apôtres dans son ancienne forme : « Je recommande une seule chose à vos prières, c’est de détourner absolument votre esprit et votre oreille de quiconque n’est pas catholique. Par là vous serez en mesure d’acquérir la rémission des péchés, et la résurrection de la chair, et la vie éternelle par la seule vraie et sainte Église catholique »
Tel est aussi le sentiment de Maxime de Turin *,
4. Agalis Deo gratias qui donavit hoc munus Ecclesiæ suæ, quod confitcmur in Symbole : ut cum dixerimus ^aticlam Ecclesiam,adjungamus remissionem peccatorum. Augustini Opéra,
l. y, col. 1369 et 1370, Sermo 213, § 8.
2. In illa per sanguinem Chrisli, opérante Spirilu sancto, fiat remissio peccatorum. In hac Ecclesia reviviscet anima, quæ mortua fuerat peccatis. Ibid., t. V, col. 1379, Sermo 214, §11.
3. Uiium vestris precibus commendo, ut ab eo qui catholicus non est, animum et auditum vostrum omnimodis avertatis ; quo remissionem peccatorum, et resurrectionem carnis, et vitam æternam, per unam veram et sancUim Ecclesiam catholicam apprehendere valeatis. Ibid., t. V, col. 1385, Sermo 215, § 9.