‹ Le symbole des Apotres; essai historiqueChapitre 107 sur 150 · Sancta est Ecclesia quæ, baptismi sacramento contagione · texte numérisé non relu

Sancta est Ecclesia quæ, baptismi sacramento contagione

de Fulgence *, et des auteurs dont les explications du Symbole, longtemps attribuées à saint Augustin, ont été imprimées dans les diverses éditions de ses œuvres '

En voilà plus qu’il n’en faut pour déterminer le sens dans lequel on doit entendre les divers arûcles qui composent la quatrième partie du Symbole des Apôtres.

Il est un autre fait, commun à tous les articles de cette partie du Symbole des Apôtres, sur lequel il importe d’arrêter un moment notre attention. Il ne s’agit, il est vrai, que d’une question de rédaction; mais d’un côté, elle se rattache à des idées dogmatiques, et de l’autre, elle provoqua des modifications de forme dans quelques Symboles en certaines Églises. Sous ces deux rapports, elle nous

delersa, terrarum incolas transtnisil ad cœlum. Maximi Taurinentis Opéra, éd. Théoph. Raynaud, p. 240, E.

4. Fulgence, De fide, cap. 3; De remissione peccatorum, Ub.I, cap. 18, 19, 23, 24, etc.

2. Per portam Ecclesiæ intramus in portam paradisi. Augusttni Opéra, t. V, col. 2771, Sermo 149 (136« De tempore), g 3. Sanctam Ecclesiam catbolicam, in qua tantum peccata remittuntur. Ibid., t. V, col. 2972, Sermo 240 (l«r du Supplém. de Vignier), § I . Dans les trois derniers sermons De Symbolo, attribués anciennement à saint Augustin, le Symbole des Apôtres qui est expliqué est celui qui avait la quatrième partie sous celte forme-: « Remissionem peccatorum, carnis resurrectionem, et vitam æternam, per sanctam Ecclesiam. tibid., t. VI, col. 9S0 et 95(, 962-964, 974-976.

fournit une nouvelle preuve et de l’influence que les croyances ont exercée sur ce formulaire, et de la facilité avec laquelle on le remaniait pour le mettre en harmonie avec les doctrines dominantes.

Dans tous les Symboles grecs, excepté seulement, si je ne me trompe, celui de Marcel d'Ancyre, tous les articles de cette partie sont liés au verbe par la préposition eiç, de la môme manière que les articles du Père, du Fils et du Saint-Esprit. On •y bt en effet (iuo-£’jo[ji.6v) eï; jAiav ’ExxXviffiav, y.al £15 aapxà; avadtaciv, eÎç aitoviov, de même

que tic ëva 6 eov, — ei; ha. x’jpiov ’lvicoiïv Xpurrov, — £tç év aytov wvêupLa. Il en est autrement dans les Symboles latins. Ils ont bien : Credo in Deum, — in Jesum Christum, — et in Spiritum sanctum, forme correspondante à celle de ces articles dans les Symboles grecs ; mais la préposition in ne se trouve pas dans les articles relatifs à la sainte Église, articles qui portent simplement ; Sanctam Ecclesiam, remissionem peccatorum, camis resnrrectionem et vitam œtemam.

Pourquoi n’en est-il pas dans les. Symboles latins comme dans les Symboles grecs? Par une raison bien simple. Dans ceux-ci, les articles relatifs à la sainte Église étant fort loin de la préposition etî de l’article du Saint-Esprit qui a des développements assez considérables, il fut nécessaire de la répéter devant les mots âyiov ’Exx>.r,(Tiav et par suite

devant les articles suivants. Dans ceux-là, au contraire, les mots ; Credo in Spiritum sanctum, étant immédiatement suivis de la mention de la sainte Église, de la rémission des péchés, etc., on jugea inutile de répéter la préposition in, et le verbe, avec sa préposition. Credo in, se trouva régir à la fois toute la fin du Symbole, c’est-àdire ; SpitHitim sanctum, sanctam Ecclesiam, remissionem peccatorum, et la suite. Il ne peut rester là-dessus une ombre de doute, quand on considère que l’Église latine regardait tous ces termes divers comme formant une seule et unique partie, qui était le troisième de ce formulaire.

Mais cette raison était trop simple pour se présenter aux écrivains ecclésiastiques du quatrième et du cinquième siècle. Dès qu’on remarqua en Occident l’absence de la préposition in devant les articles relatifs à la sainte Église, on y vit une intention dogmatique ; on raisonna sur les Symboles en langue latine, comme s’ils étaient primitifs, c’est-à-dire comme s’ils n’avaient pas été, dans le principe, traduits du grec. On n’eut pas un seul moment la pensée de les,comparer avec les Symboles en langue grecque. On n’aurait eu même qu’à porter les yeux sur les Symboles latins précédents , par exemple sur celui qui est cité par saint Gyprien. On y aurait vu la préposition in devant les articles relatifs à l’Église. On y lit, en effet ;

Credis in vitam œtej'nam et remissionem 'peccatorumper sanctam Ecclesiam * ? Et encore : Credis in remissionem peccatorum et vitam œternamper sanctam Ecclesiam * ? Et comme la préposition in qui est devant le premier terme régit également le second, on aurait pu en conclure tout naturellement que lamêmeconstruction grammaticale se retrouve dans les Symboles de la fin du quatrième siècle, et que la préposition in qui précède le terme Spiritum sanctum étend son influence sur les termes suivants.

Pourquoi, se demanda Rufin, est-il dit dans le Symbole ; Credo in Patrem, in Jesum Christum, et in Spiritum sanctum, tandis que la préposition in ne se trouve pas devant sanctam Ecclesiam, remissionem peccatorum et camis resurrectionem ? C’est que dans les premiers articles il est question de la Divinité, et dans les derniers des créatures et des mystères. La croyance aux uns n’est pas exactement la même que la croyance aux autres. Il faut croire en Dieu, en Jésus-Christ et au Saint-Esprit, tandis qu’il faut croire qu’il y a une Église consacrée à Dieu, et qu’il y aura une rémission des pé-

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