Augustin, Rétractai., lib. II, cap
4. Saint Augustin croit faire disparaître l'opposition qui se trouve entre la doctrine de saint Paul et celle du Symbole des Apôtres sur la résurrection, en disant que le corps ressuscité sera le même que le corps actuel, quant à sa nature, mais non
, quant à ses qualités. «iVon amissa natura,sedmutata qualUate, • dit-il dans le De Civitate Dei, lib. XIII, cap. 23. Il ajoutait qu’il n'aura ni vice ni difformité, ni aucun principe de corruption : • Résurgent sanclorum corpora sine ullo vilio, sine ulla deformitate, sicut sine ulla corruptione, onere aut difficultate. » Augustini Opéra, t. VI, col. 392, Enckirid. ad Laurent., § 23. On ne voit pas trop en quoi ces explications peuvent rapprocher la doctrine de la résurrection de la chair de celle de saint Paul, qui dit potitivament que la chair et le sang n'entreront pas dans le royaume de Dieu.
Ce n’est pas sans intention qu’on employa ici le mot de chair, et non celui de corps; saint Jérôme a pris soin de nous en donner la raison. « 11 y a, ditil, des çorps célestes et des corps terresti'es. L’air même et le souffle léger sont appelés des corps. Ce mot prêterait donc à l’équivoque. L’orthodoxe entendrait bien par là la chair, mais l’hérétique entendrait l’esprit » L
Après de semblables déclarations , comment pourrait-on, sans vouloir se tromper soi-même, chercher dans cet article une expression figurée de la doctrine de l’immortalité de l’âme?
5“ Et vitam œiernam. — Et la vie éternelle.
Avant le cinquième siècle, le Symbole des Apôtres, dans les Églises latines, se terminait par l’article de la résurrection de la chair. C’est d’abord Rufin qui nous l’apprend. « Ce dernier article, qui affirme la résurrection de la chair, termine, dit-il, la somme de toutes les doctrines parfaites » '. Saint Jérôme tient le même langage. « Dans le Symbole de la foi et de l’espérance, dit-il, après la confession de la Trinité et de l’unité de l’Église, tout le sa-
1. Jérôme, Opéra, éd, Marlianay, l. 1,'pars 2, col. 322 el 323, Epist. 38 ad Papimach.; t. f, pars 2, col. 3i4, Epist. 41 ad Pammach.