I . Heurtley, Harmonia symholica, p
SYMBOLB DKS APOTRES RAPPORTÉ PAR ÉTHËRIUS, ÉVÊQUE D’OSHA, ET PAR BÉATUS, PRÊTRE d'aSTORGA, DANS LA SECONDE MOITIÉ DU HUITIÈME siècle!
Credo in Deum Patrem omnipotentem,
Et in Jesum Chrislum, Filium ejus unicum, Deum et Dominum nostrum.
Qui nalus est de Spirltu Sanclo et Maria Virgine,
Passus sub Pontio Pilato, crucifixus et sepultus,
Descendit ad inferna,
Tertia die resurrexit vivus a mortuis,
Ascendit in cœlos,
Sedet ad dexteram Dei Patris omnipotentis,
Inde venturus judicare vivos et morluos;
Credo in Spiritum Sanctum ;
Sanctam Ecclesiam catholicam,
Remissionem omnium peccalorum,
Garnis resurreclionem,
Et vitam æternam. Amen.
Ce Credo me semble avoir besoin d’être accompagné de quelques remarques.
1. Dans Adversus Elipandum libri duo De adoptione Christi Fini Dei. Cet ouvrage est de l’an 783. Il a été publié pour la première fois, d’après Cave, par Stewart, dans l’Auctorium canisianum, Ingolstadl, 1604, p. 17 et suiv. On le trouve aussi dans la Bibliotheca maxima oeterum Patrum, Lyon, 1677 et suiv., t. XIII, p. 300 et suiv. Lo Credo d’Êlhérius et de fiéatus est rapporté avec des éclaircissements et des notes dans Hahn, £tbliothek der Symbole, p. 37 et 38, et Heurtiey, Harmonia symbolica, p. 72-74.
Nous n'avons pas encore rencontré le mot Deum joint , dans le second article, à Dontinum nostrum. Faisait-il partie intégrante du formulaire suivi par Ethérius et Béatus? J’ai quelque peine à le croire, et voici mes raisons ;
Ce mot ne se trouve pas dans une seconde citation que ces écrivains espagnols font de cet article. On y lit seulement : Credo in Filium ejus Jesum Christum Dominum iwstrum. Il est vrai que le mot unicum manque ici, et on ne saurait certainement en conclure qu’il ne fut pas dans le formulaire suivi par Éthérius et Béatus. Mais il est évident qu’il n’y a pas parité entre ces jieux termes. L’un fait partie de tous les Symbole» des Apôtres, et s’il manque, c’est par suite d’un lapsus, soit de l’écrivain, soit du copiste; l’autre n’est dans aucun ou du moins n’est que dans un nombre excessivement petit de Symboles, et, à moins de bonnes raisons, on est autorisé à le ‘tenir poür une addition de celui qui cite cet article du Credo sous cette forme.
Cette induction ne serait pas cependant bien concluante, si, dans le cas actuel, elle n’était appuyée par cette circonstance que, la doctrine de la divinité de Jésus-Christ étant le point sur lequel portait le débat contre Élipaiidus, il importait à ses deux adversaires d’en aflirmer nettement, dès le commencement, la vérité. Cet Élipandus,
archevêque de Tolède , dans la seconde moitié du huitième siècle soutenait non pas seulement que Jésus-Christ n’est pas vrai Dieu au sens propre du mot, mais encore qu’il ne pouvait être considéré que comme fils nuncupatif de Dieu, c’est-à-dire fils d’adoption. Le nom de Fils de Dieu qu’on lui donne n’est, à ce qu’il prétendait, qu’une manière d’exprimer plus particulièrement le choix que Dieu avait fait de lui pour annoncer sa parole aux hommes*. On comprend comment, en présence de celte hérésie, Éthérius et Béatus, que la reine de Galice, Adosinde, avait chargés de réfuter Élipandus, aient cru devoir affirmer dans leur Credo que Jésus-Christ n’est pas seulement le Fils do Dieu, et notre Seigneur, mais qu’il est aussi Dieu, le vrai Dieu.
Enfin, on est confirmé dans l’opinion que le mot