Ce Credo est rapportiS plus haut, a
i . Augvatini Opéra, t. VI, col . 267.
dans aucun autre Credo lutin. Si elle a été empruntée à ce Père de l’Eglise, on no comprend pas du tout pour quelle raison on l’a préférée à celle qui a été reçue dans le Symbole vulgaire, qui est également de l’évôque d’IIippone, et qui semble une expression plus exacte de la croyance ecclésiastique. La réunion des deux derniers articles en un seul et la forme qu’on leur a donnée ne s’expliquent pas davantage. Ce n’est pas que cette rédaction ne soit heureuse. La résurrection de la chair n’a lieu qu’en vue de la vie éternelle ; saint Augustin le fait remarquer à plusieurs reprises * ; et il semble tout à fait convenable de rapprocher ces deux termes l’un de l’autre, de les rendre en quelque sorte inséparables, d’en mettre en évidence la dépendance réciproque. Mais quand on n’avait pas senti précédemment la nécessité de rendre sensible le lien logique qui rattache les articles du Symbole les uns aux autres, quand on avait même fait disparaître celui qui se montrait dans la dernière partie du Credo de saint Cyprien*,
4. t Qua corporis resurrectione facta, a temporis conditione tiberali, ælerna vila iaeBabili charilate atque stabililate sine corruplione perfruetnur. » Augustini Opéra, l. VI, col. 278elS79, De FideetSgmbolo, c. 2i. «Jain vero de resurrectione carnis, non sicul quidam revixerunl, iterumque sunt morlui, sed in vitam ælernam. » Ibid,, t. Yl, col. 390; Ënchirid. ad Laurent., § 23.
2. La liaison des croyances était très-bien marquée dans la forme : Crcdis iii reniissioucui peccatorum et vitam ælernam per sanctam Ecclesiam ?
il est singulier qu’il se soit trouvé, à la fin du sixième siècle ou au commencement du septième, un homme qui ait eu l’idée de marquer la liaison des deux derniers articles *, et qui, par ce remaniement partiel, ait donné l’exemple de ce qu’il aurait été bon de faire pour quelques autres termes de cette profession de foi.
On essayerait en vain de classer ce Symbole des Apôtres. Il présente des ressemblances très-marquées, et qui ne paraissent pas pouvoir être considérées comme fortuites, avec presque tous les autres ; mais il en diffère en môme temps en tant de points qu’on ne peut le rattacher à aucun d’eux. Sous d’autres rapports, il est unique dans son genre ; je veux parler principalement des derniers articles. On a évidemment ici un remaniement du Credo d’une espèce particulière, dans tous les cas fort remarquable. 11 est à regretter que l’auteur en soit complètement inconnu.
4 . La rédaction Garnis resurrectionem in vitam aternam pourrait bien avoir été celle d’un Symbole usité dans quelque Église d’Afrique. Il semble qu’on peut le conclure de ce passage d’un sermon attribué à saint Augustin : • Quomodo carnis resurrectionem? Ne forte putet aliquis quomodo Lazari, ut scias non sic esse, additum est: In vitam æternam.».4uÿujttni Opéra, t. VI, col. 930; De Symbolo, sermo 1, § 47.
SYMBOLE DBS APÔTBES EN LANGUE GBECOUE EN USAGE EN ANGLETERRE AU NEUVIÈME SIÈCLE*
Extrait d'nn manuscrit du BrUish Mutœum *.
ni9Tfuo> 0SOV nart^ 'rravroxpocrcpa *
Kai »i; XptTrôv ^lYiaoOv, uwv aÙTcû tov {xMC<-^evîi, tov Kuptcv Tov nwriÔivT* M IIviutxaTo^ xai Mo^a; ‘Tra^ivou, Tov iin ncvTiou IIiXaTou^ <rroup«>6svTa, Taçjvra,
T)p TptTip àveurravra i)C vex^ûv,
'Ava^ocvra tcÙ( oùpavcu; ,
KadripLCvcv iv tcù narpo;^
^OOev fpXtTat xpZvai ^ûvtxc vtxpouç *
KaI tîc nviù(j>a â*fiov *
*Â'Yi[ccv ÈxxXTSOiav]
*A^I91v «poipnwv^
Zoi^xo; ôvQttfTa [oiv]. 'A^iiv.
Ce Credo est écrit en caractères anglo-saxons dans le manuscrit d’où il a été tiré. En voici la
1 . Au huitième siècle, d'après Usserius. M. Heurtiey me paraît établir par de bonnes raisons qu’il est du neuvième. Harmonia symbolica, p. 74 et ^uiv.
2. Jacques Usserius rapporte cette pièce dans son De romance Ecclesiæ Symbulo apostolico vetere, p. 5 et suiv. Elle est reproduite d’après lui par Walch, Sÿm6o/ùch« Biè/iolèeÈ, p. 56, et par Hahn, Bibliolhek der Symbole, p. 5 et 6. M. Heurtiey la donne plus exactement, Harmonia symbolica, p. 79.
copie, ligne par ligne. M. Ileurtley en donne un facsimilé ‘ que j’ai le regret de ne pouvoir reproduire.
Pistheu islheu paiera panto cralero ceis criston ihù yon auluton mono gentoii quirion imon longenegenta ecpneumatus agio cemariatis parthenu ton epipontio pilatu staurotlicntoeta finla tetrite imera anastanta egni cron anaunla islos uranos catimeron indexia tupalros olen ercliete crinezon las cenicros ceis preuma agion agria fis inamarlion sarcos anasla. amen.
On demandera peut-être comment un Credo en langue grecque pouvait être en usage au huitième siècle ou au neuvième, eu Angleterre ? Il est facile . de répondre à cette question. Dans l’Église de Rome, et par suite dans toutes celles qui avaient adopté son rituel, les Litanies, l’Oraison dominicale et le Symbole des Apôtres se chantaient d’abord en grec et ensuite eh latin ". Comme on n’aurait pas su lire partout les lettres grecques, ou écrivait ces diverses pièces en lettres latines, ou, comme c’est ici le cas, avec les caractères nationaux.
<. lleurlley, \/fannonia Sÿmboficrt, p. 80.
2. Marlène, Le aiiliquis Ecclesiæ rilibus, l. I, p. <04 el 112. Dans lo canon de la messe, le, Symbole du concile oecuménique de Conslanlinople se Irouvail auliefois égalemenl en grec el en lalin. Muralori, Liltirgia romuna velus, t. I, p. S40 el 541.
On aura sans doute remarqué que ce Credo grec est une traduction exacte du Credo romain, tel que le rapporte Rudn. Le Credo latin qu’on chantait après ce Credo grec devait être naturellement celui de Rome. On a là une preuve que le Symbole vulgaire n’était pas encore usité en Angleterre au neuvième siècle.
LE SYMBOLE VULGAIRE TRADUIT EN GREC EN USAGE EN ANGLETERRE A U QU INZI K M E S I £C L E
Extrait d'un manuscrit de !a Bibliothèque de Cambridge et rapporté . par M. Heurtiey^ Hartnonia symbolicat p. 82 et 83.
IIicTS'jti) 0îclv IlzTîpa Travrcxparspa,
Ilcir.TTv cupst^vj îcxi "p;;* •
Kal Ty.a&yv Xpirrov, yU'v aùrtiî tov ucvo'Ytvf., Kupicv t,u.S>v,
Tûv evXXr.^ôtvTZ tx nvEÛu.X7o; -ytwy.OîvTa tx Mapîct; rî5;
TJXpOtvC’J,
îlxÔbvTx êttI lUvric-u tliXaTCU, aTXypwôiVTX, Ôxvsvtx xx: txo/vtx, KxTîAÔbvTx ei; tx xxtwtxtx, ^
xvxoTjivTX Twv vixpwv,
Kaôil^batvci^ h ^«çia Osou Ilxrpb; ;rxvTC.5^uvaao; *,
'Exeîôiy tpXoj/ivov xpTvxi s[Ô)VTx; xxl vtxpw; •
IliffTsyw tic TÔ Iluyu.a tô iqio# *
'A*j*ixv xxôcAtxT,'/ ExxXr.oixv,
A*yiwv xctvMvîxv,
'A^îfHV «ULXpTlWV,
Xapxôç âvayTafTtv,
Zur,y aiwNicv * ’Aixxv.
Dans l’original, ce Sjml^ole des ApOtres se présente sous la forme suivante :
Le mot omnipolens a ëlé rendu ici par ita.ToSuvâu.o;, tandis qu’au premier article il l’est par îravtcxp«Tcpa. Le traducteur pensa sans doute que nxiTc^uvapuc; exprimait plus exactement omnipolens, mais il n’osa pas substituer ce mot à ^avToxpxTcpa dans le premier article, qui l’avait déjà dans les anciens Symboles grecs.
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Pisteuo is Theon Paiera pantocratora,
Pitin uranu kegis ; •
Ke Jesum ipon yion autu Ion monogeni, Ion Kyrion itnon,
Ton silifionla ek Pneumatos agiu gennitenta ek Mareias lis parlenu,
Pathonia epi Pontiu Pilalu, slaurolenla, lhanenla, ke tafenta, Calelionta is la catolala,
Titriti imera anaslanta apo Ion nechron,
Anellonta is lus ùranus,
Cathezomenon en dexia Theu Palros panlodinamu,
Echilen erchomenon crine zonlas ke nechros];
Pisleuo is lo Pneuma lo agion ;
Âgian Ecclesian calholican,
Agion kinonian,
Afüsin amai'lion,
Sarkos anastasin,
Zoie eonion. Amin.
Cette transcription en caractères latins n’est pas sans doute entièrement irréprochable; elle est toutefois de beaucoup supérieure à celle du numéro précédent. On peut très-facilement s’y yecohnaître; on ne saurait en dire autant de celle du neuvième siècle.
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Le prôtre prononçait ces trois demandes, et à chacune d’elles, le néophyte, s’il était adulte, ou le parrain, si c’était un enfant qui était présenté au baptême, répondait : Cre^.
On comprend pourquoi les Symboles destinés d être présentés sous forme de question ont été abré^ gés. On comprend moins pourquoi la partie relative à l’Église y a été conservée in extenso. 11 semble qu’il aurait suffi de mentionner l’article sanctam Ecclesiam. On crut sans doute nécessaire de rappeler la doctrine de la rémission des péchés et de la résurrection des corps, à cause de leur uti- ' lité pratique.
Il est digne de remarque que le mot « catholique » ne se trouve dans aucun de ces formulaires, quoique plusieurs d’entre eux , les deux derniers du moins, aient été extraits du Symbole vulgaire. Il est possible qu’à l’époque où ils furent introduits dans le rituel, la catholicité ou l’universalité de l’Église n’étant mise en question par personne, on crut inutile de parler d’une croyance universellement reçue. Le mot Église emportait avec lui celui de catholique.
Il est inutile de revenir sur l’union en une seule partie de celle qui est relative à l’Église et de celle du Saint-Esprit. Ces deux parties n’en font qu’une aux yeux de l’Église catholique. J’ai expliqué les causes de cette idée erronée, 2' partie, chapitre iii,
§ 3, note 1.
Enfin, le lecteur aura sans doute remarqué que ces formulaires suivent le développement successif du Symbole des Apôtres, et se rapportent à des formes ditférentes du Credo.
SYMBOLE DES APÔTRES SOUS LA FORME INTERROGATITE, USITÉ EN FRANCE AU SEPTIÈME SIÈCLE
Tiré du Codex RoOientû, dans Musœum italieum de Mabillon, 1. 1, p. 32i
Crédit in Deum Patrem omnipotenlem,
Crealorem cœli et terræ ?
Credat.
Crédit et in Jesum Christum, Filium ejus unicum, Dominum nostrum,
Conceptum de Spiritu Sancto, natum ex Maria Virgine,
Passum sub Pontio Pilato, crucifixum et sepullum,
Descendit ad inferna,
Tertia die resurrexit a mortuis,
Ascendit in cœios,
Sedit ad dexteram Del Patris omnipotentis,
Inde venturus judicare vivos et mortuos?
Credat.
Crédit in Spiritum Sanctum,
Sanctam Ecclesiam catholicam,
Sanctorum communionem,
Remissionem peccatoruin.
Garnis resurreclionero,
Vilam habere post mortem.
In gloriam Christi resurgere ?
Credat.
On se servait de ce formulaire tel qu’il est ici, au baptême des enfants; mais au baptême des adultes,