‹ Le symbole des Apotres; essai historiqueChapitre 22 sur 150 · C’est sans doute le fils d’Âlphée · texte numérisé non relu

C’est sans doute le fils d’Âlphée

Simon ; La rémission des péchés ; Thaddée ; La résurrection de la chair; Matthias : La vie éternelle.

On ne saurait guère douter que l’idée d’attribuer à chaque Apôtre un des articles du Credo ne soit sortie, par extension, d’une expression un peu vague do Rufin. « Les Apôtres, dit-il, composèrent le Symbole en réunissant en une seule pièce ce que chacun d’eux pensait, * conferendo in ummi quod sentiehat iinusquisqne *. Ce que chacun d’eux pensait, c’est ce que chacun d’eux avait dit dans cette mémorable conférence. Chaque article appartenait donc en propre à un Apôtre, et avait été dicté par lui. C’est bien là un des procédés par lesquels les légendes se développent et s’étendent. On presse un mot, on prend à la lettre une expression figurée, et il surgit aussitôt un fait nouveau qui vient s’ajouter à ceux qui étaient déjà acquis.

Ce qui est étrange, c’est que la distribution des articles du Credo entre les divers Apôtres soit toujours restée flottante On vient de voir qu’elle diffère dans les deux sermons, 1 15° ZJc tempore et le

<. Uu/int Expositio in Symbolum apostolorum, p. ISi.

2. Ne serait-ce pas là une preuve que l’intérêt qu’on avait jusqu’alors attaché à ce formulaire commençait à baisser? Je rapporterai plus loin un fait qui montre qu’on mettait peu de soin, au neuvième siècle , dans les Églises frankes , à le faire apprendre aux catéchumènes.

premier du Supplément de Vignier ; elle est autre encore dans les quelques écrits d’un ftge postérieur, dans lesquels on la rencontre, par exemple dans un poème latin composé au moyen âge sous le titre de et longtemps attribué à saint Bernard*.

Le passage qui se rapporte à notre sujet est assez curieux pour mériter d’être mis sous les yeux du lecteur :

Articuli 6dei sunt bis sex corde tenendi,

Quos Christi socii docuerunt pneiimale pleni :

Credo Deum Palreni, Pelrus iiiquil, cuncta crcanlem; Andræas dixit : Eqo credo Jesum foreChristum;

Conccptum, natum, Jacolms, passumque, Joannes;

Inféra, Phitippus, (agil; Thomasque : revixil;

Scandit, Bartiwlomœus; veniel censere, Mallhœus;

Pneunia, Minor Jacobus; Simon : Peccala retniUil;

Reslituit, Judas, canietn; vitamque, Matthias.

Sous cette forme qui la rend ridicule — le mot est de Charnier * — et malgré les fluctuations qui devaient faire naître quelques soupçons sur sa vérité, cette légende n’a pas laissé d’avoir de nombreux partisans. Priminius au huitième siècle *,

I . Ce poëme est imprimé dans les (Kuvres de saint Bernard ; el dès t'an 1473, il a été publié plusieurs fois séparément. Il en existe une traduction française en vers de huit syllabes, dont on tonnait deux éditions, l'une de Rennes, 148S, in-i, et une autre ln-8, sans lieu ni date. Migne, Dictionn. des Apocryphes, t. II, p. 113 et114.

!. Res autem habet aliquid ridiculum, quum Bngnritur omnes apostoli quasi cenlonem confecisse, singulis suam particulam adjicientibus. Charnier, Panstratia, lib. IV, cap. 10, § U.

Page 1