‹ Le symbole des Apotres; essai historiqueChapitre 24 sur 150 · Witsius, In Symbolum exercit · texte numérisé non relu

Witsius, In Symbolum exercit

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Mais si ceux qui soutieunent encore que le Credo est d’origine apostolique n’en appellent plus à cette singulière étymologie du mot symbole, ils sont d’avis toutefois que ce terme implique qu’il est l’œuvre des Apôtres. Le mot symbole, au[Aêo>.ov, disent-ils, signifie réunion ce nom donné au Credo marque par conséquent qu’il est une œuvre collective. Et de quels anciens docteurs pourrait-il être l’œuvre collective, sinon des Apôtres? Le titre de Symbole des Apôtres, par lequel il a été toujours désigné, n’en est-il pas à lui seul une preuve suffisante?

Soit, répond Witsius : symbole signifie réunion, mais réunion, non d’auteurs, mais d’articles. ‘

La réplique est bien trouvée ; mais le fait est que ce mot n’a jamais eu cette signification®, et que les anciens écrivains ecclésiastiques ne l’ont pris ni dans le sens d’une réunion d’auteurs, ni dans celui d’une réunion d’articles.

Dans le grec classique, il a le sens de signe, de marque distinctive. A Athènes, on donnait le nom de symbole au billet remis aux citoyens que le

4. Non ob colligentiura, fed ob colleclorutn pluralitalern. Witsius, In Sijmboluïti exercit. I, § 8.

î. Le mot grec qui signifie assemblage, réunion, est ounêcXri et non oujuScXci. C'est par suite d’une confusion de ces deux termes qu’on a cru pouvoir expliquer le mot symbole, aip.Saev, par collalio, réunion. K. Mattbes, Qompar. Symbolik aller christ. Coiifessionen. p. 32.

sort avait désignés pour être juges dans une atfaire. On appelait encore symbole, le billet qui servait de permis de séjour aux étrangers, comme aussi le cachet qu’on remettait à l’ordônnateur d’un banquet et contre lequel chaque convive devait ensuite payer son écot.

Quel sens lui donnent les anciens écrivains ecclésiastiques ?

Saint Gyprien le prend dans la même acception que nous ; c’est pour lui un formulaire. « Qu’on ne dise pas, ce sont ses propres paroles, que les novatiens baptisent avec un autre symbole que nous »

’Rufln l’explique par indiciurn tel signum, une marque, un signe. Notre formulaire s’appelle le Symbole, parce qu’il est le signe, la marque, le mot d’ordre auquel les chrétiens se reconnaissent au milieu des infidèles, païens ou hérétiques, de même que, dans les guerres civiles, les partisans de chacune des factions ennemies se reconnaissent entre eux et se distinguent de leurs adversaires par un mot qui leur est particulier

t . Cypriani Opéra, p. 296, Epist. 69, ad Magn.

2. Synibolum græce indiciurn dici polesl... indiciurn vel signum... per quod agnosceretur is qui Cliristum non secundum apostolicas régulas prædicarel... ut si fore occurreret quis de quo dubitatur, inlerrogalus symbolum prodat, si sit hoslis an socius. Rufin, Expos, in Symbolum Apostolor., p. 1 34.

Tel est aussi le sens qu’y attache saint Augustin. On appelle, selon lui, ce formulaire le Symbole, parce que le chrétien fidèle, en confessant ce résumé de la foi reçue par l’Église, se fait reconnaître comme à un signe donné *.

Maxime de Turin ne l’entend pas autrement. Les Apôtres donnèrent, selon lui, à l’Église le mystère du Symbole * comme un signe propre à en faire distinguer les membres des hérétiques et des infidèles

1 . Quod ideo Symbolum dicilur, quia ibi noslræ socielalis fide.i placita conlinelur, et ejus confessione tanquam signo dalo christianus fidelis agnoscilur. Augustini Opéra, t. V,col. 1379, Servio 214, § 12. Saint Augustin donne celte autre explication du mot Symbole ; Symbolum aulem nuncupatur a similitudine quadam, translata vocabulo, quo symbolum inter se faciunt mcrcalores, quo eorum socieias pacto fidei teneatur. Et vestra societas est commcrcium spiritualium, ut similis sitis negotiatoribus bonam margaritam quærentibus, hoc est charitas. Auguitini Opéra, t. V, col. 13S1, Sermo 212, § 1. Le Symbole des Apôtres, confession de foi des chrétiens, serait, d’après cette explication, une sorte de contrat qui liait les chrétiens entre eux. On l’enseignait aux catéchumènes pour leur apprendre à quoi ils s’engageaient en entrant dans la société chrétienne ; et en le récitant ensuite euxmêmes devant l’assemblée des fldèles, au moment où ils allaient recevoir le baptême, ils adhéraient à ce contrat et s’engageaient à l’observer.

2. Le Symbole des Apôtres est appelé un mystère, parce qu’il n’était communiqué qu’à ceux qui étaient admis dans l’Église par le baptême.

3. Beati apostoli mysterium symboli tradiderunt, ut signaculum symboli inter fidos perfldosque secerneret et alienus a fîde atque hostis appareret Ecclesiæ qui aut tanquam baptizatus nescissel, aut tanquam hæreticus corrupisset. Léo Magnus, Maxitnus Taurinentis, etc., ed. Theoph. Raynaud, p. 239.

Et c’est ainsi qu’on l’entend encore dans l’Église catholique. « Ce mot, qui vient du grec, dit Des Odoards Fantin, signifie marque, caractôfe, signe Le Symbole est le signe auquel l’Église connaît ses véritables enfants*. » Ceux-là même qui prennent le Credo pour l’œuvre des apôtres ne donnent pas une autre signification au mot Symbole. « Il signifie, dit le père Le Brun, un signe duquel on convient pour distinguer une chose d’avec une autre. Dans les troupes, lé mot du guet est un symbole qui fait distinguer le soldat de l’armée d’avec l’ennemi; et dans la milice chrétienne, la récitation du Credo a fait distinguer les chrétiens d'avec ceux qui ne l’étaient pas. De là est venue <;ette ancienne manière de parler : Donnez le signe, dites le Symbole, cia signum, da Symholum. Il est nommé pour ce sujet le Symbole de la foi ou des chrétiens »

J. G. Vossius et, avec lui, la plupart des théologiens réformés du dix-septième siècle qui se sont occupés de ce sujet expliquent le mot Symbole dans le même sens. Ce nom, disent-ils, a été donné à la profession de foi que les catéchumènes récitaient au

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