Ibid; § 7, et encore §§ 2 el
4. Ignatii Epistola ad Trallenses,^ 2, et encore ^ 3,7, 12 et
5. Ignatii Epistola ad Philadelph., 2, 3 et 9. Voyez encore du même Père : Epistola ad Smyrnios, §§ 8 et 9; ad Romanos, I 7; ad Polycarp., § 6.
X PRÉFACE
Dieu et à Jésus-Christ » Et Clément de Rome reproche aux Corinthiens leur conduite irrévérencieuse envers leurs conducteurs spirituels, qui sont, leur dit -il, établis dë droit divin, par ordre des Apôtres *.
Que signifie ce langage? Était-il dicté par une ambition égoïste ? Celui qui le croirait se tromperait grossièrement. En exigeant des fidèles une entière soumission, les directeurs des communautés chrétiennes à cette époque avaient en vue , non eur intérêt particulier ou une satisfaction d’amourpropre, mais ’le salut du christianisme.*
Les temps étaient difficiles. Des sectes rivales sans nombre assiégeaient de tous les côtés les Églises chrétiennes. Elles en séduisaient les membres, tantôt par l’attrait du mj'stère dont elles entouraient leurs rites et leurs doctrines, tantôt par la prétention de posséder la véritable tradition des Apôtres. Leur ascétisme imposait aux âmes naïves; l’apparente profondeur de leurs systèmes
1. 'rneT«uffc(iivcu; toT; rptaCurspn; Si»xovoi; w; Ssîi XptTTÜ, Pobjcarpi Epistola ad Philipp., § 5 .
S. Clementis Romani F.pistola 1 ad Corinthios, 42 et 44,
rnivFACE x;
frappait d’admiration les esprits exaltés, avides de croyances excentriques et portés au mysticisme.
Dans ces circonstances diffleiles, c’était le devoir des directeurs des Églises d’en grouper les membres autour d'eux, de se les attacher par les liens les plus étroits, de veiller avec la plus constante sollicitude sur leur foi, sur leur conduite, sur toutes leurs démarches, pour être toujours en mesure, au moment du danger, de les arracher aux séductions de l’hérésie. 11 importait que les fidèles apprissent à se défier d’eux-mêmes et à s’en rapporter à leurs chefs spirituels. Plus la discipline était sévère, plus la résistance à. l’erreur était efficace et facile. Établir fortement cette discipline ôtait, au milieu du second siècle, une affaire pressante. Il y allait peutêtre du christianisme, menacé de se dissoudre au milieu des explications contraires qu’on en donnait de tant do côtés à la fois. Ce qui est certain , c’est que les congrégations chrétiennes auxquelles la postérité a décerné le titre d’orthodoxes se trouvaientdans la positionlaplus critique. Et, quoiqu’on puisse leur reprocher de n’avoir pas toujours bien compris les enseignements de Jésus-Christ, il faut
PHÉFACE
reconnaître que leur ruine ou seulement leur affaiblissement aurait été un malheur irréparable. Auraient-elles pu se sauver autrement que par l’établissement de la hiérarchie sacerdotale? C’est possible. Mais on peut assurer avec une entière certitude que les hommes qui étaient alors à leur tête n’eurent d’autre dessein que d’en empêcher la désagrégation *, et qu’ils ne virent pas d’autre moyen d’y réussir que d’en mettre les membres dans une dépendance aussi complète que possible de leurs conducteurs spirituels.
Dans ce moment difficile, le péril, comme toujours, fit naître la dictature.
Il avait toujours existé des rapports entre les communautés chrétiennes qui, depuis la fin du premier siècle environ, avaient cherché à se frayer une voie moyenne entre les théosophies hasardées des gnostiques et le légalisme attardé des judaï-
1. c Entretiens l’union, le plus grand de tous les biens, » Ignatii Ëpistola ad Polycarp., §.l ; « Fuyez les divisions comme la source de tous les maux, » ad Sinyrnios, § 7 ; « Il est utile que vous restiez dans une unité parfaite, » ad Ephesios, g§ 4 et 5; Comparez ad Magnesios, § 7; Clementis Ëpistola i ad Corinl/*.,|§ 46, 47,51, 57; ffemœ Paslor, i, § 2 ; ni, §§ 1 3 eM7.