Coiutitut. apostol., lib. VU, cap. iS
|:iO LE SYMBOLE DES APOTRES
quand on recommanda pour la première fois de ne pas la mettre par écrit, de crainte qu’elle ne fÜt connue des profanes.
D’un autre côté, on ne saurait admettre que la prescription de tenir ce formulaii*e secret, et pour cela de ne pas l’écrire, date du moment que l’on commença à s’en servir. Les choses ne se passent jamais ainsi, si ce n’est toutefois dans les sociétés secrètes qui se font pour ainsi dire leur cadre avant môme d’exister, et ce ne fut pas le cas du christianisme, qui, à son origine et pendant longtemps, agit au grand jour et enseigna publiquement. Ce formulaire devait être en usage parmi les chrétiens et servir de profession de foi à quiconque embrassait la foi nouvelle et recevait le baptême, quand, par suite de certaines circonstances, peut-être pour ne pas provoquer la persécution, peut-être aussi pour se distinguer de sectes rivales, et plus probablement encore par suite d’une conception erronée de certaines idées dogmatiques, on jugea nécessaire d’en dérober la connaissance à quiconque n’était pas du nombre des fidèles. Mais cela suppose qu’il était simple, concis, assez analogue pour la forme à ces courtes doxologies que tout le monde sait pour les avoir entendues souvent et sans les avoir jamais, si l’on peut ainsi dire, apprises * .
1 . Hæc autem confessio brevis esse debuerit, dil J. G, Vossius, Dt tribut Symbolii, p. 40.
Le SVMB0L,E des Al^OTHES 13i
Mais à qaoi bon toutes ces considérations? Il n’est pas besoin de recourir à des conjectures pour découvrir ce qu’était oe formulaire à la fin du deuxième siècle ou au commencement du troisième. Nous le trouvons dansTertuUien. Cet écrivain en parle, il est vrai, je l’ai déjà fait remarquer, en termes énigmatiques; mais si ses paroles étaient obscures ou même inintelligibles pour les païens, elles ne l’étaient pas pour les fidèles, et, par conséquent, elles ne le sont pas pour nous qui connaissons les croyances auxquelles il fait allusion. Elles vont nous livrer la profession de foi des catéchumènes de son temps, c’està-dire le Symbole qu’ils récitaient au moment où ils allaient recevoir le baptême.
Tertullien nous apprend que, de son temps, les catéchumènes admis au sacrement du baptême, après avoir renoncé à Satan, à ses pompes et à ses •anges*, répondaient quelque chose de plus que ce que le Seigneur a déterminé dans l’Évangile*.
4. Sur cette abrenunciatio, Comlit. apçstol., lib. YII,cap. il et 42; Martène (Oe antiquis Ecclesiœ ritibus, t. I, p. 420) indique la plupart des passages des anciens écrivains ecclésiastiques, relatifs à cette partie de la cérémonie du baptême.
2. Ter mergimur,amplius aliquid respondentes quam Doininus in Evaogelio determinavit. Tertullieo, Oe corona militari, g 3.
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Cette déclaration , il l’appelle lui-même « notre profession de foi »
Et d’abord, ce que le Seigneur a déterminé dans l’Évangile touchant le baptême ne peut être que le commandement qu’il donna à ses Apôtres, en les quittant, d’aller instruire toutes les nations, « les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint- Esprit *. » C’est de ces paroles que fut tirée la formule que le prêtre prononce encore aujourd’hui en administrant le baptême : Baptizo te in nomine Patris, Filii et SphHtus Sancti, « Je te baptise au nom du Père, du Fils et du Saint- Esprit. » Elles durent donner naissance à celle par laquelle le néophyte faisait connaître son adhésion aux croyances chrétiennes ; cela était dans l’ordre des choses. Cette formule fut en effet de bonne heure conçue en ces termes : « Je crois au Père, au Fils et au Saint-Esprit ®. » C’est bien là ce qu’entendait Tertullien par ce que le Seigneur a déterminé dans l’Évangile.
Que pouvait être ce « quelque chose de plus » , ampliiis aliquid, qui avait été ajouté à ce que le Seigneur avait déterminé dans l’Évangile, c’est-àdire à la mention du Père, du Fils et du Saint-
t. Testatio fldei. Tertullien, De baptismo, § 6.
î. Matth., xxvm, 19.
3. Martène, De antiquu Ecclesiæ ritibus, t. I, p. 81, 13S et Buiv. Tertullien, De baptûmo, § 13,
LE SYMBOLE DES APOTfES
Espritj dans la profession de foi des postulants? Il ne faut pas une connaissance bien profonde des idées dominantes dès la fin du deuxième siècle, pour conjecturer que c’est de l’Église qu’il doit être question. Et c’est, en effet, ce que nous apprend Tertullien lui-même. «.Notre profession de foi ei la promesse de notre salut ayant, dit-il, pour témoins et pour garants les trois personnes divines, la mention de l’Église arrive de toute nécessité. Car là où sont le Père, le Fils et le Saint-Esprit, là est aussi l’Église qui est le corps des trois personnes divines * . »
Ce ne dut pas être, cependant, bien longtemps avant Tertullien ^ que ce quatrième terme fut ajouté à la formule antérieurement en usage ; « Je crois au Père, au Fils et au Saint-Esprit. » On ne commença en effet que vers le milieu du deuxième siècle à se faire quelque idée d’une union de toutes les Églises en une seule Église universelle, et à se les représenter comme ne formant qu’un seul corps dont elles étaient les membres et les organes.
L’initiative de cette conception doit-elle être attribuée à quelqu’un des hommes éminents qui di-
1. Cum sub tribus et testatio fidei ot sponsio salutis pignorontnr, necessario adjicitur ecclesiae mpntio, quoniam ubi 1res, id est, Pater, Filius et Spirilus Sanctus, ibi Ecdesia quæ Irium corpus est. Tertullien, De baptismo, g 6.