Cyrille de Jérusalem, Upera, p. <48 et <Ü
établir que le Christ avait été véritablement homme. A quoi bon d’ailleurs ce tableau sommaire- de faits qui n’étaient ignorés de personne, si l’on n’avait voulu les opposer à dps adversaires qui les niaient ou les travestissaient ? On comprendrait qu’on eût fait mention, dans une profession de foi, de la mort et de la résurrection du Seigneur, pour dire avec saint Paul qu’il est mort pour nos offenses et ressuscité pour notre justification ^ Il y aurait eu là un enseignement de doctrine ; mais une simple énumération des actes de la vie de Jésus-Christ sans aucun but dogmatique est inctuicevable, et si l’on ne sup- IX)se pas à ces articles une intention polémique contre l’ébionitisme et contre le docétisme, on ne sait en vérité comment en expliquer la présence dans le Symbole des Apôtres.
Enfin, que signifie la dernière partie telle qu’elle se trouve dans le Credo du troisième et du quatrième siècles *, si elle n’est pas une protestation contre les novatiens d’abord, et contre les donatistes ensuite ? La doctrinequ’il n’y adesalut que dans l’Église et.par l’Église était, sans le moindre doute, implicitement contenue dans le terme « la sainte Église » ajouté à la fin du second siècle à la formule primitive. Les
"1. Romains, IV, 25.
2, Celle qui est relative à l’Égli&o,
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chrétiens de cette époque l’entendaient bien dans ce . sens, etOrigène n’était que l’interprète du sentiment général quand il formulait la célèbre maxime, si souvent répétée depuis ; « Hors de l’Église, point de salut*. »Si, on siècle a{>rès, on ajouta à ce terme quelques détails propres à en déterminer plus nettement le sens, si on sentit le besoin de faire confesser aux néophytes que la rémission îles péchés, la résurrection de la chair et la vie éternelle dépendent de l’Église c’est évidemment qu’on se trouva dans la nécessité de s’opposer à des adversaires qui, accusant l’Église de relâchement, lui reprochaient d’absoudre des péchés qui ne peuvent être pardonnés ni dans ce monde ni dans le monde à venir, et de promettre la félicité céleste à des coupables qui en étaient indignes. Sans celte nécessité, il n’y aurait pas eu de raison de modifier l’ancien formulaire, et, d’un autre côté, on reste convaincu du but de cette addition explicative, quand on voit qu’elle eut lieu précisément au moment où l’É’glise eut à combattre le rigorisme dangereux des novatiensj.