‹ Le symbole des Apotres; essai historiqueChapitre 61 sur 150 · TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE

DES DIVERSES TRANSifOU.MATID.NS DU bV.MUOLE DES APOFUES

Nous pouvons regarder comme acquis: l^que le Symbole des Apôlres est lé développement de la formule qui, dans les premiers temps de l’ère chrétienne, servait de profession de foi à quiconque était admis par le baptême dans l’Église, et 2 '^ que ce développement s’opéra en opiiositiou aux sectes dissidentes du deuxième et du troisième siècle, dans l’intention de mettre en garde les üdèles contre leurs doctrines erronées.

Ces deux faits nous font connaître l’origine de ce formulaire, en même temps que l’esprit dans lequel il a été composé, et le ]>rocédé général par lequel la Ibrmule primitive se compléta et s’enrichit des explications jugées nécessaires pour maintenir les croyances ecclésiastiques. Ce n’est pas assez toutefois pour se rendre un compte exact et

complet de la formation du Symoole des Apôtres, tel qu’il est dans sa forme définitive. On a déjà vu que le Credo vulgaire, c’est-à-dire celui qui est depuis des siècles en usage dans les Églises latines, et qu’on rencontre pour la première fois dans le cent quinzième et le cent trente et unième sermon De tempore, diffère sensiblement, autant par l’étendue que par la rédaction, de ceux qui étaient en usage, dans un grand nombre d’Églises, à la fin du quatrième siècle, et encore plus de ceux qui appartiennent à la fin du siècle précédent. Ce formulaire a donc subi, pendant l’espace de plus de trois cents ans, divers remaniements successifs avant d* trouver sa forme définitive.

C’est l’histoire de ces remaniements successifs qu’il nous reste maintenant à étudier. Nous savons pour quelle raison on ajouta à la formule primitive des articles explicatifs : ce fut pour exclure du sein de l’Église, pour repousser comme des erreurs funestes, les opinions des diverses sectes dissidentes du troisième et du quatrième siècle; nous ne savons pas encore pourquoi ces articles se présentent tels qu’ils sont et non sous toute autre forme. C’est ce que nous allons rechercher.

Des transformations qui, par un travail qui dura • plus de trois cents ans, firent de la formule primitive ; « Je crois au Père, au Fils et au Saint-

Esprit, » no'tre Symbole vulgaire, nous connaissons cependant la première. On a déjà vu que, vers la fin du second siècle, un quatrième terme fut ajouté à cette formule, qui devint alors : « Je crois au Père, au Fils, au Saint-Esprit et à la sainte Église. » J’ai expliqué le motif de cette addition; Je n’ai pas à y revenir. Nous partirons donc de cette dernière formule, qui a été le cadre du Credo.

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