‹ Le symbole des Apotres; essai historiqueChapitre 69 sur 150 · Augu^tim Opéra, t. V, col. 1371, noie A · texte numérisé non relu

Augu^tim Opéra, t. V, col. 1371, noie A

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LE SYMBOLE DES APOTRES ÎOl

est un de ses derniers écrits. Il le composa quelques mois à peine avant sa mort; il ne saurait y avoir là-dessus le moindre doute *. Le sermon 215 et le premier des quatre sermons De Symbolo, le seul de ces quatre qui soit de lui*, sont, selon toutes les vraisemblances, postérieurs à sa nomination à l’évêché d’Hippone. Dans tous les cas, on ne saurait arguer de l’ignorance dans laquelle on est, de la date précise de la composition de ces deux écrits; il est certain qu’ils ne sont pas du commencement de sa carrière ecclésiastique; et puis, la date du Y Enchiridion ad Laurentium suflSt pour pTouver que, pendant la durée du ministère de saint Augustin, le Symbole des Apôtres reçut des modifications importantes. Au commencement, ce formulaire était semblable à ceux que Rufin mentionne sous les noms de Symbole de Rome et de Symbole oriental; à la fin, sauf l’article de la descente de Jésus-Christ aux enfers, celui de la communion des saints, et deux expressions, l’une dans la première partie et l’autre dans la seconde ■’>, il ne différait en rien du Symbole vulgaire.

Auguslini Opéra, I. VI, col. 337-340.

2. Il ne me paraît cependant pas très-certain que ce sermon soit de saint Augustin ; mais il est du moins d’un de ses disciples immédiats; il se rapproche, bien plus que les trois suivants, du style et de la manière de penser de ce célèbre docteur de l’Église.

3. Dans la première partie : visibilium et invisibilium creato-

loa LE SYMBOLE DES APOTRES

Saint Augustin fut-il lui-même l’auteur de ces changements? C’est tout à fait vraisemblable.

Ces modifications ne se montrent pas de longtemps dans les Symboles des Apôtres en usage dans les Églises frankes et dans celles d’Italie, les seules Églises qui, avec celles de l’Afrique, se servissent alors en Occident de ce formulaire. A la tin du sixième siècle, on y trouve ceux que Rufin nous fait connaître, on en aura la preuve plus loin. Mais le Credo dont tirent usage les auteurs d’écrits composés en Afrique, ailleurs qui sont ou les disciples ou les imitateurs de l’évêque d’Hippone, est exactement semblable à cehii qui est cité et expliqué dans V Enchiridion ad Lanrentivm,

Que conclure de là, sinon que cette nouvelle révision du Symbole des Apôtres se fit en Afrique? Et qui aurait osé, à côté de saint Augustin et de son vivant, l’entreprendre? Quelle autre autorité que celle qui s’attachait à son nom aurait pu la sanctionner et la faire adopter?

S’il fallait d’autres raisons encore pour attribuer ce travail à l’évêque d’Hippone, on pourrait, enfin, rappeler que nul plus que lui ne comprit l’importance de l’instruction religieuse des catéchumènes. Il avait été chargé, dès son entrée

rem, au lieu de r.reatorem cœti et lerrm ; et dans la secoade, le mol omnipotenlu nianque encore à l’article tetlei ad dexUram l’atris.

LE SYMBOLE ÜES APOTHES Î03

dans la carrière ecclésiastique, de l’explication du Credo aux postulants. Il ne cessa jamais de porter le plus grand intérêt à ces fonctions, dont il se faisait avec raison une haute idée. On en a la preuve dans le nombre relativement considérable de ses sermons De Symbolo, et peut-être plus encore dans les traités qu’il composa sur la manière dont il convient d’instruire les catéchumènes. Rien ne lui paraissait plus utile que de donner la plus grande perfection possible au formulaire qui, après avoir servi de cadre à l’instruction des nouveaux membres de l’Église, devait ensuite rester dans leur mémoire comme un sommaire de la foi, et un préservatif assuré contre les séductions des hérétiques. Ce fut là une des plus constantes préoccupations de sa vie tout entière. Elle perce dans plusieurs de ses écrits; elle le poursuivait encore dans sa vieillesse, comme on le voit dans son Enchindion ad Laurentium.

Tel est le sentiment qui le porta à s’occuper sans cesse de l’amélioration du Symbole des Apôtres. La révision qu’il en entreprit ne fut pas l’œuvre d’un jour; il y revint à plusieurs reprises, retouchant une fois un article et plus tard un autre. On en a la preuve dans ses sermons De Symbolo et dans les divers écrits dans lesquels il a parlé de ce sujet. Les corrections qu’il a faites au Credo n’y apparaissent pas toutes à la fois ; pn

les voit se produire les unes après les autres; ce n’est que dans ses derniers écrits, principalement dans son Enchiridion ad Laurcntium, qu’on les rencontre toutes ensemble.

Les changements que saint Augustin introduisit dans le Symbole des Apôtres sont de deux espèces ; 1“ il compléta le Credo latin * en y transportant quelques articles qui y manquaient, mais qui existaient soit dans des formulaires plus anciens, soit surtout dans ceux des Églises de l’Orient, et 2“ il modifia la rédaction de quelques-uns de ceux qu’il contenait déjà, dans le dessein de les rendre plus expressifs et principalement plus propres à donner des idées justes de la doctrine chrétienne.

Considérons d’abord les changements de la première espèce.

Le Symbole des Apôtres usité à Jérusalem contenait, après ces mots ; « Nous croyons en un

1 . C’est du seul Credo latin qu’il convient maintenant de s’occuper, non pas seulement parce que c’est de lui que dérive le Symbole vulgaire, mais encore parce que, comme je l’ai déjà dit, ce n’est plus que dans les Églises latines que ce formulaire reste désormais en usage.

seul Dieu, le Père tout-puissant, » un article sur la création, conçu en ces termes : « auteur du ciel et de la terre, de toutes les choses, soit visibles, soit invisibles. » Celui de l’Eglise d’Antioche avait un article semblable : Creatorem omnium visihilium et invisïbilium crealurarum, dans la traduction latine qu’en fit plus tard Gassien. L’affirmation de la doctrine du Dieu créateur ne se trouvait pas dans les Symboles latins; ce n’est pas qu’elle n’y fût implicitement contenue, puisque, comme saint Augustin le fait remarquer lui- même dans un de ses sermons De Symbolo, la qualification de « tout-

puissant » qui est donnée à Dieu le Père, dans le

premier article, emporte nécessairement l’idée que tout vient de lui * ; mais l’évêque d’Hippone crut, sans doute, qu’il y aurait quelque avantage à exprimer directement dans le Credo une vérité qu’on ne pouvaitjusque-là y voir que par voie de déduction. 11 y inscrivit en conséquence, après les mots :

4 , Memento ita credere omnipotentem Deum, ut nulla omnino natura sil, quam ipse non condidit... Et après une longue énumération de tous les êtres et de toutes les choses qui existent, il ajoute : Hæc omnia fecit omnipotens, mediis ima et summa conjungens, et universa quæ creavit locis congruis temporibusque disponens. Augustini Opéra, t. V, col. 4372 et 4373, Sermo 244, § 2. Fides ergo hæc et salutis est régula, credere nos in Deum Patrem omnipotentem, universorum creatorem, regem sæculorum . .. Ipse est quippe Deus omnipotens, qui in primordio mundi cuncla ex nihilo fecit. Ibid., t. Y, col. 4380 et 4384, Sermo 245, S 2; I. VI, col. 948, 4 Sermo De Symbolo, § 2.

LE SVMBÜLE DES APOTHES

Credo in Üeum ijatrem omnipotentem, ceux-ci:

visibiHum et inviaihilium creatorem.

Aucun des Symboles latins de la fin du quatrième siècle ne parait avoir contenu l’article vitam æternam, « la vie éternelle » . Cela est certain du moins pour celui de Rome et celui d’Aquilée, aussi bien que pour celui dont saint Augustin fit d’abord usage les formulaires orientaux, au contraire, l’avaient tous, celui de l’Église de Jérusalem en ces termes: xaî ei; âieoviov, « et à la vie étemelle », et celui des Constitutions apostoliques sous cette forme moins simple: xas toO ;a^>.ovto; aiwvo;, « et à la vie

du monde à venir ». 11 est probable que cet article était aussi dans le Credo de l’Église d’Antioche.

Saint Augustin n’avait pas besoin, toutefois, d’aller le demander à ces Symboles des Apôtres. Les mots « la vie éternelle » se trouvaient dans celui dont saint Cyprien s’était servi *, et ce formulaire était 'certainement alors en usage dans l’Église

1. L’articio de là vie dicrnelle se trouvait cependant dans le Symbole cité par saint Cyprien, Symbole qui dlait vraisemblablement en usage non-seulement dans l’Église de Carlbage, dans la seconde moitié du troisième siècle, mais eneore dans toutes les autres Églises de l’Afrique proconsulaire. Saint Cyprien nous apprend en effet que les Novatiens s’en servaient aussi bien que les orthodoxes, ce qui peut faire supposer que l’usage en était général dans cette contrée. Cypriani Opéra, p. t83, Ejnsto’.a 69 ad Mtignuin, et p. 190, Kpistola 70 nd Janr irium.

2. Credis in vitam ælernam cl mnissionem p ccatorum per sanctam Erclesiam? Cypriani Optra, Oxford, 1700, p. 301, Epift. ~0ad Januarium.

LE SYMBOLE UES APOTHES iU:

(le Carthage, puisqu’on l’y rencontre encore plus tard, à l’époque de la domination des Vandales.

L’idée exprimée dans cet article était, il est vrai, aussi bien que la précédente, implicitement contenue dans les Symboles latins. En effet,, quand on dit que l’on croit à la rémission des péchés et à la résurrection de la chair, on fait évidemment profession de croire à la vie éternelle. Saint Augustin le fait également remarquer dans plusieurs de ses sermonsDe Symholo . Mais il lui sembla convenable, de même que pour l’article de Dieu créateur, d’inscrire dans le Credo celui de la vie éternelle. 11 est, sous cette forme : etvitam œternam, dans ses derniers écrits sur le Symbole des Apôtres, entre autres dans son Enchiridion ad Laurentium.

Enfin, l’article relatif à la sainte Église n’avait pas, dans les Symboles latins, le terme de catholique qui est dans celui de Jérusalem. Et quoique encore ici celte qualification fût implicitement contenue dans celle de sainte, comme saint Augustin le dit expressément, sanctam, utique catholicam, il l’ajouta à cet article, qui devint ce qu’il est resté depuis : .Yanc/am Ecclesiam mtholicam, « la sainte Église catholique».

A la fin du quatrième siècle, l’article de la naissance de Jésus-Christ se présentait, dans tous les

Symboles latins, sous cette forme : Natus de Spiritu Sancio ex Maria Virgine, « né par le Saint- Esprit de la Vierge Marie » . Les Symboles orientaux étaient beaucoup moins explicites, sauf toutefois celui de l’Église copte, qui s’exprime ici à peu près comme les Symboles latins *. Celui de l’Église de Jérusalem dit, en termes généraux, que Jésus-Christ prit un corps et se fit homme, capxuôèvTa xal èvavôpwTTÀcavTa, et celui des Constitutions apostoliques parle seulement de Marie, sans faire mention du Saint-Esprit, xal câpxa ava>.aêdvTa, xa'i àx tiîç ayioî xapôîvou Mapla; *. Le changement

qui survint au commencement du cinquième siècle dans la rédaction de cet article ne fut donc pas un emprunt fait, comme les précédents, aux formulaires de l’Orient : c’est là un fait qu’il importe de ne pas perdre de vue ; il est d’une grande importance dans l’histoire de la formation du Symbole des Apôtres.

Cet article se présente sous plusieurs formes dans les écrits de saint Augustin. On l’y trouve tel qu’il est dans tous les Symboles latins de la fin du quatrième siècle, savoir ; Natus de Spiritu Sancto ex Maria Virgine. Il y est aussi rapporté dans deux rédac-

t . Symbole copte : < Il est devenu homme comme nous, grâce ^ l’action miraculeuse du Saint-Esprit sur la Vierge Marie. >

S. 11 est digne de remarque qu’il en est de môme dans deux des règles de foi de Tertullien et dans. celle de saint Irénée.

LK SYMUOLK DES APOTRES • îu«

lions ayant entre elles une grande analogie et ne se distinguant l’une et l’autre de la précédente que par une meilleure latinité ; ce sont : Natus per Spiritum sancium ex Maria Virgine, « né de la vierge Marie par le Saint-Esprit », ou « par l’action du Saint-Esprit » , et natus de Spiritu Sancto et Maria Virgine, « né du Saint-Esprit et de 'liflr vierge Marie » . Mais on l’y rencontre aussi sous la ^ forme qui a prévalu et qui a été adoptée "dans le Symbole vulgaire : Concepius de Spiritu Sancto et natus ex Virgine Marna, « conçu du Saint-Esjÿ'it et né de la vierge Marie ». Avant saint Augustin, cette rédaction est absolument inconnue. Elle fut acceptée par ceux de ses disciples ou de ses imitateurs’ auxquels on doit les sermons 115, 131 et 195 de Tempore. Ils l’ont léguée avec le symbole vulgaire à toutes les Églises latines.

L’origine de cette rédaction ne saurait être douteuse, elle date de saint Augustin, et l’on peut d’autant moins hésiter à la lui attribuer, qu’il fut préoccupé pendant fort longtemps de cet article.

Il y revient encore dans V Enchiridion ad Laurentium.

La rédaction reçue natus de Spiritu sancto et Maria Virgine, lui paraissait rendre très-incorrectement ce qu’on avait voulu exprimer dans cet article, et soulever bien des difficultés. Et d’abord elle semble dire que le Saint-Esprit est le père de

Jésus-Christ au même titre que la vierge Marie est sa mère. C’est là une erreur évidente, Jésus- Christ est le fils de Dieu le Père, et non du Saint- Esprit. Comment peut-on dire alors qu’il est « né du Saint-Esprit, » quand il n’est en aucune façon le fils du Saint-Esprit ‘ ?

Saint Augustin essaya de plusieurs rédactions différentes pour faire disparaître toute possibilité d’erreut' sur ce point. On en trouve dans ses écrits deux entre autres qui paraissent l’avoir satisfait pqjj^dant quelque temps. L’une est natus de Spirihi sanclo ex Maria Virgine et l’autre natus per Spiritum sanctum ex Maria Virgine. Elles exprimaient bien toutes les deux que, si Jésus- Christ était fils de Marie, il ne l’était pas du Saint-Esprit, c’est-à-dire qu’il était né de Marie, mais non du Saint- Esprit, qui n’avait été qu’une cause instrumentale, de Spiritu sancto ou per Spiritum sanctum.

Mais si les deux formules faisaient disparaître une difficulté, elles en laissaient subsister une autre peut-être encore plus grave. Elles lui semblaient.

t . lltud cnim movet quomodo diclum sit, Nalus de Spiritu sancto, cum ûlius nullo modo sit Spiritus sancti... Hic ergo. cum confiteamur natum de Spiritu sando et virgine Maria, quomodo non sit rdius Spiritus sancti, et sit filius virginis Mariæ, cum et de illo et de ilia sit natus, explicare difllcile est. Procul dubio quippe non sic de illo ut de pâtre, sic aulem de ilia ut de matro natus est. Augustini opéra, t. VI, col. 367, Enchiridion ad Laurenlium, § 12.

aussi bien que la formule traditionnelle, natus de Spiritu sancto et Maria Virgine, rappeler beaucoup trop le cours ordinaire de la nature, et impliquer un fait tout à fait analogue aux naissances ordinaires, résultat de l’union d’un principe masculin et d’un principe féminin. Les manichéens trouvaient indigne du Verbe d’avoir tiré sa vie et son corps des entrailles d’une femihe L C’était là un sujet intarissable.de plaisanteries- indécentes parmi les païens.

A ses expressions embarrassées, on voit que saint Augustin n’aurait pas été éloigné de partager le sentiment des manichéens, si l’Église ne l’avait pas formellement condamné en décida'nt que Jésus-Christ était né réellement de l’Esprit-Saint et d’une femme. Moins convaincu do la vérité et de Tulilité du principe de l’autoiitô souveraine de l’Église en matière de foi, il aurait bien pu s’en tenir au docétisme qu’il avait professé quand il était manichéen. Mais l’Église enseigne que le Sauveur est né d’une femme, et il se fait violence à luimême pour y croire, en se disant qu’après tout « la

1. Absit ul Dominiim nostrum Jesum Christum per naturalia pudenda mulieris descendisse confiteor, dit Manès à^niActa disputai. cum Archet., cap. 47; et le manichéen FausUis ne trouve rien de plus blessant pour le sentiment religieux que ■ ex utero natum credere Deum, et Deum christianorum. » Augustin, contra Faustum, lib. III, cap. 1.

ali LK SYMllÜI.K DES APÛTHES

folie de Dieu est plus sage que la raison de l’homme * », et en essayant de se persuader qu’il n’y a rien dans ce fait qui rabaisse la majesté divine de Jésus-Christ ", ce qui ne l’empêche pas de céder à son propre sentiment dans la mesure du possible, en diminuant autant qu’il le peut la part de Marie et en -augmentant dans la proportion contraire celle de l’Esprit-Saint, dans le fait de la naissance miraculeuse du Sauveur, en allant même jusqu’à tout attribuer à l’élément divin et à ne faire de la mère qu’un instrument presque entièrement passif Il crut sans le moindre doute avoir trouvé enfin une expression convenable de cette manière d’entendre l’incarnation dans la rédaction nouvelle qu’il donna à l’article de la naissance de Jésus-Christ : Conce'ptus de Spiritu sancto « il a été conçu par le Saint-Esprit, » et naius ex Virgine Maria, « et né de la vierge Marie. »

Il est un autre article du Symbole des Apôtres dont la rédaction définitive date de la même époque

Allusion à 4 CoriiUh., i,

2. Nec nobis fidem islam minuat cogilalio muliebrium viscerum. ut proptcroa recusanda videatur talis Domini nostri generatio; quodeam sordidi sordidam pulanl. Auguslini opéra, l. Vt, col. 368, De fide et symbolo, § 10.

3. Tolum bominem credat aVerbo Dei esse ausceptura..lHÿi«tini opéra, l, VI, col. 267, De fide et symbolo, | 8.

que celle de l’article précédent et qui est tout aussi incontestablement de saint Augustin. C’est celui qui est relatif à la Passion. Les Symboles de latin du quatrième siècle, autant ceux dont parle Rulin, que celui de saint Cyrille de Jérusalem, portaient également ; Crucifixus subPontio Pilaio et sepultus, « crucifié sous Ponce-Pilate et enseveli ’ ». Cet article n’est cité que sous cette forme dans les plus anciens écrits de saint Augustin * ; mais dans ses écrits postérieurs, on le voit se compléter peu à peu et approcher par degré de la rédaction qui est restée définitive. Dans son sermon deux cent quinzième, il est rédigé en ces termes : Crucifixus sub Pontio Pilato, mortuus et sepultus; « crucifié sous Ponce-Pilate, mort et enseveli »*. Le mot mortuus, « mort », y a été ajouté ; il n’y manque plus que le mot passus, « il a souffert ». On l’y trouve dans le premier des quatre sermons de Symbolo L’article est alors : Passus sub Pontio Pilato, crucifixus, mortuus et sepidtus, « il a souffert sous Ponce-Pilate, il a été crucifié, il est mort, il a été enseveli. » Depuis ce moment, il n’a plus été modifié.

Dans le Symbole de Jérusalem, il y a seulement « crucifié et enseveli. »

i. Augustini opéra, t. VI, col. 269, De fide et symbolo, § 41. 3. Augustini opéra, t. V, col. 1283, Sermo 11S, | 5. i. Augustini opéra, t. VI, col. 931, Sermo 1 de Symbolo, J 7.

lli LE SYMBOLE DES APOTRES

Cette série de changements n’est pas en ellemême d’une importance considérable ; le fond des choses n’y est pas touché ; le passais et le mortuus étaient implicitement renfermés dans le crucifixus et sepultus ; mais au point de vue historique c’est un fait très-utile à constater. On y voit un indice manifeste du soin avec lequel on travailla pendant longtemps à donner au Symbole des Apétres la formé la plus convenable à l’emploi auquel il était destiné, en le rendant à la fois aussi précis et aussi complet que possible, et à un point de vue plus général, on y trouve une nouvelle preuve que ce formulaire s’est formé peu à peu aussi bien quant à la forme que quant au fond. Ajoutons enfin que saint Augustin ne l’aurait pas certainement remanié s’il l’avait tenu pour l’œuvre des Apôtres, ou peutêtre même seulement si on avait cru généralement de son temps qu’il avait une si respectable origine.

Il ne sera peut-être pas sans utilité de montrer au lecteur ce qu’était le Credo en sortant des mains de l’évêque d’Hippone, c’est-à-dire vers la fin du premier quart du cinquième siècle*. Le voici tel qu’il est cité dans ses derniers écrits :

4. Saint Augustin mourut en 430, et ce Symbole des Apétrci ne se trouve que dans ses derniers écrits.

MS

« Je crois en Dieu le Père tout-puissant, — créateur des choses visibles et des invisibles; —

• Et en Jésus-Christ, son Fils unique, Notre-Seigneur, — conçu du Saint-Esprit et né de la vierge Marie, — qui a souffert sous Ponce Pilate, qui a été crucifié, qui est mort, et qui a été enseveli, — le troisième jour il ressuscita des morts, — il est monté au ciel, — il s’est assis à la droite du Père, — d’où il viendra pour juger les vivants et les morts; —

• Et au Saint-Esprit; —

> La sainio Église catholique, — la rémission des péchés, — la résurrection de la chair, — et la vie éternelle. >

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