‹ Le symbole des Apotres; essai historiqueChapitre 73 sur 150 · TertuUien, De anima, g · texte numérisé non relu

TertuUien, De anima, g

temps, selon qu’ils auront été plus ou moins attachés à des biens périssables. C’est une question, faitil remarquer, qui peut être examinée, utrum iia sit quœH 'potest i.

La question ne fut pas examinée, et en vérité on ne comprend pas comment elle aurait pu l’être ; mais ce que saint Augustin avait regardé comme possible, ses disciples lé tinrent pour certain. Au commencement du sixième siècle , son hypothèse était devenue le dogme du purgatoire, et saint Césaire annonçait que ceux qui n’ont à expier que des péchés de peu d’importance, peccata minuta, doivent être tourmentés pendant longtemps pour arriver à la vie éternelle sans taches ni rides, tandis que ceux qui ont commis des péchés capitaux, peccata criminalia sive capitalia, ne mériteront pas d’arriver à la vie à travers le feu purificateur, per purgatorium ignem, mais seront précipités à la mort dans l’éternel incendie *.

4 . Nonnullos fideles per ignem querndampurgatorium, quanto magis roinusve bona pereuntia dilexerunt, tantotardius citiueque salvari. Augustini Opéra, t. VI, col. 382, Enchiridion ad Laurentium, § 48. Il parle aussi des peines que souffrent les âmes des morls dans sa Cité de Dieu, mais en termes plus vagues : t Sicut enim facta resurrectione mortuorum non deeruntquibus post pœnas, quas patiuntur spiritus mortuorum, imperliatur misericordia, ut in ignem non mittantur ælernum. » Ihid., t. VU, col. 4028, De Civitate Dei, lib. XXI, cap. 24, § 2.

2. Césaire, Homüia viii, § 3. Voyez sur ce dogme Haag, Histoire des dogmes, t. Il, p. 322-324; Münscher, Handbuch der christi. Dogmengeschichte, t. IV, p. 424 et suiv.

En présence de cette croyance, qui se répandit avec la rapidité de l’éclair, la légende de la descente de Jésus-Christ aux enfers prit une importance nouvelle. Ou y vit une expression des plus transparentes de cette croyance; mieux encore, elle en sembla une justification et une preuve. Le lieu moyen entre le ciel et l’enfer, d’où le Sauveur avait retiré les hommes pieux de l’Ancienne Alliance ‘, était évidemment le purgatoire. Les honnnes pieux de la Nouvelle Alliance ne pouvaient pas être moins bien traités que les patriarches, les prophètes et les justes d’Israël. Il ne pouvait se faire qu’ils ne sortissent à leur tour de ce lieu après s’y être, comme ceux-ci, entièrement purifiés.

La légende de la descente du Seigneur aux enfers eut alors un sens dogmatique , et ce fut à la suite de l’explication qu’on en donnait, ou, si l’on préfère, de l’application qu’on en faisait , que l’article Descendit ad infema, « Il est descendu aux enfers , » fut introduit dans le Symbole des Apôtres.

On ne saurait en douter quand on l’y voit entrer juste au moment où la croyance au purgatoire se répandait parmi les chrétiens de l’Occident. Qu’on veuille bien remarquer, d’un autre côté, que ceux par les soins desquels il y fut inscrit fu-

K. Dictionnaire de» apocryphes, publié par M. Migne, 1. 1, col. 4 4 OS.

Î3i LE SYMBOLE DES APOTRES

rent précisément les hommes qui, en faisant une vérité certaine de ce qui n’avait été qu’une simple possibilité pour saint Augustin, leur maître et leur modèle, donnèrent naissance à ce dogme ou du moins le fixèrent , le formulèrent en quelque sorte et contribuèrent à le propager. Depuis ce moment, la légende de la descente de Jésus-Christ aux enfers et la doctrine du purgatoire vont ensemble, si l’on peut ainsi dire, et restent unies par des liens indissolubles.

C’est bien dans ce sens que ce nouvel article du Credo est entendu pour ceux-là mêmes qui l’y ont sans doute inscrit. L’auteur du premier sermon du Supplément des Œuvres de saint Augustin, publié par Vignier, dit, avec l’Évangile apociyphe de Nicodème, que l’âme du Sauveur descendit aux enfers en compagnie de sa divinité , pendant que son corps reposait dans le sépulcre*. Le sermon 19S De tempore * est encore mieux d’accord sur ce point avec cet Évangile. Pourquoi le Sauveur estil descendu aux enfers? C’est, y est-il- dit, pour obliger le diable à relâcher les âmes des saints, qui étaient détenues sous sa garde, et pour les emmener avec lui dans la patrie céleste

t. Auguttini Opéra, t. V, col. S971, S«rmo 240, g 4.

2. C’est le 24i« sermon de l’^ppendù:, Augmtini Opéra, t. V, col. 2980.

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