‹ Le symbole des apôtresChapitre 102 sur 158 · Ilahn, Bibliothek dtr Symbole, p · texte numérisé non relu

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m LE SYMBOLE DES APOTRES

Père, — qu’un seul Fils, — qu’un seul Saint-Esprit, — qu’une seule sainte Église , on voulut condamner et repousser la doctrine gnostique des- syzygies, doctrine d’après laquelle le divin, à chaque degré de la série de ses manifestations, se compose de deux termes unis ensemble.

Dans cette hypothèse, on s’expliquerait très-naturellement pourquoi l’affirmation de l’unité du Père, aussi bien que l’affirmation de celle du Fils, du Saint-Esprit et de la sainte Église, s’est maintenue dans les formulaires de foi de l’Orient et a disparu de bonne heure de ceux de l’Occident. La doctrine gnostique des syzygies appartient èn effet à des théosophies qui eurent de nombreux adeptes dans la Syrie, l’Asie Mineure et l’Égypte, mais qui restèrent presque sans écho parmi les Latins. Ceux-ci n’eurent pas, par conséquent, les mêmes motifs que les Grecs d’affirmer que le Père, le Fils, le Saint-Esprit et la sainte Église sont chacun unique. Si, au contraire, l’affirmation de l’unité du Père avait été insérée dans le Symbole des Apôtres en vuo du polythéisme ou du dualisme, on ne voit pas pour quelle raison elle ne se trouverait pas dans les Symboles en usage dans l’Occident, où le paganisme ne fut pas moins vivace que dans l’Orient, et où le dualisme, surtout en Afrique, eut de nombreux adeptes dans les manichéens.

2° Creatorem cœli et terræ. — Créateur du ciel et de la terre ».

Cet article n’est dans aucun des Symboles latins du quatrième siècle. Au contraire , tous ceux de l’Orient, sauf le Symbole copte et celui dont parle Rufin sous le nom d’oriental et qui n’est, selon toutes les vraisemblances, comme je l’ai déjà fait remarquer, qu’un remaniement de celui-ci, contiennent cette idée, qui y est exprimée soit dans les mêmes termes, soit dans un des termes équivalents.

D’où vient cette différence ?

Une seule explication me paraît possible. Un article destiné à confesser que Dieu est le créateur de tout ce qui existe était évidemment dirigé contre la théorie gnostique du démiurge. Mais le gnosticisme n’apparut guère en Occident qu’un moment pendant la seconde moitié du deuxième siècle ; il y fut alors combattu avec énergie par Irénée et par Tertullien qui, à cause du danger présent, ne manquèrent pas, dans leurs règles de foi, de faire mention que le monde est l’œuvre de Dieu a . Un siècle après, ce soin devenait superflu;

1 . Hoir, tt, i oùpavoi xai Jparüv t» «octtmv xai àopoiTWT, dans celui de Cyrille de Jérusalem ; Kt!ott,t xai SruLioupjoT tût àreâvrMv,

ou rà narra, dans celui des Constilulions apostoliques; Creatorem omnium visibilium et invisibilium creaturarum, dans celui de l'Église d'Antioche, traduit par Cassien.

2. Tôt ncnocy.xoTX tôt gùjxvov xai ttït yr;i xai toc; SaXaaoa; xai noiuTx

le gnosticisme avait disparu de l’Italie aussi bien que de l’Afrique; la croyance en la création de l’univers par Dieu lui-même n’avait plus de contradicteurs, et comme c’est, selon toutes les vraisemblances, à ce moment quô le Symbole des Apôtres y fut introduit pour servir de profession de foi aux catéchumènes, il n'y avait pas de motifs de faire mention dans ce formulaire d’une doctrine qui n’était pas contestée. Dans l’Orient, au contraire, où la gnose n’avait pas encore succombé, il convenait de mettre en garde les néophytes contre une théorie qui attribuait la création des choses à un priucipe divin de rang inférieur, en leur faisant confesser que le créateur du monde était Dieu lui-môme. Si cet article fut introduit plus tard dans les Symboles latins, ce fut quand, dans les premières années du cinquième siècle, on crut devoir compléter ce formulaire et le mettre en harmonie avec ceux de l’Orient.

On sait qu’à la place de cet article, le Symbole des Apôtres en usage à Aquilée à la fin du quatrième siècle contenait les mots « invisible et impassible », invisibilem et impassibilem. J’ai rapporté l’explication qu’en donne Rufin ; je n’ai pas à

-x tv aÙTiïç. Irénée, Ado. haret., lib. I. cap. 9, § i. Mundi codditorcm, Tertullien, De velandis virgimbus, § l; De priesr.ript., & S.

y revenir. Je ferai seulement remarquer ici qu’on devait être bien facile à accommoder le Credo aux besoins du moment, pour que, dans une Église aussi peu importante que celle d’Aquilée, ou se crût autorisé à y introduire une addition relativement aussi considérable, en vue d’une hérésie qui n’offrait pas de danger sérieux, du moins dans les Églises de l’Occident.

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