Hahn, BMiolhek der Symbole, p. 4îo
1. Caspari, Unbedruckte, unheachtete und wenig beachtete. Quellen sur Geschiehte des Tauftymbols und der Glaubens regel, p. 220, 229 etsuiv.
1° Sanctam Ecclesiam catholicam. — La sainte Église catholique.
Le mot catholique n’est dans aucun des trois Symboles dont parle Rufin. On y lit seulement : Credo sanctam Ecclesiam. « Je crois à la sainte Église. » Rufin, qui explique dans quel sens il faut entendre la qualification de sainte qui est donnée à l’Église, ne dit pas un mot de la qualification de catholique '. Cette épithète n’était pas attachée par conséquent de son temps à l’Église, du moins dans les Symboles des Apôtres en usage dans l’Occident. Elle manque encore au premier des deux Symboles de saint Augustin. Mais ce Père de l’Église, dans l’explication qu’il donne de cet article dans ses plus anciens écrits, parle du caractère de catholique ou d’universelle qui appartient à l’Église. ' Elle est sainte, dit-il, par conséquent catholique,
« sancta Ecclesia, utique catholica » 1 2 . De là à admettre ce mot dans le Symbole des Apôtres, il n’y avait pas loin.
1. Rufin, Eiyositio inSymbolum Apottolor., p. 165 Pamélius qui, en 1568, fit imprimer cet écrit de Rufin, à la fin de son édition de Cyprieo, s’étonna fort de ce silence. « Miror non explicari eam vocem (catholicam) ab auctore, » dit-il: et pour remédier à ce qu'il prenait pour une inadvertance du prêtre d'Aquilée, il ajouta de sa propre autorité le mot de catholicam à ceux de sanctam Ecclesiam dans le texte de l'Expositio «'« Symbolum Apostolorum. « Sed vox catholica nimis est liberaliter adjecta, » dit Vossius. De tribus Symbolis, p. 27.
2. Augustini Opéra, t. VI, col. 276, De fideet Symbolo, § 21.
Il était cependant depuis longtemps', dans la plupart des Symboles des Apôtres en usage dans les Églises de l’Orient. On le voit, du moins, dans celui qui est rapporté dans le septième livre des Constitutions apostoliques, et dans celui de l’Église de Jérusalem *. C’est bien certainement de ces Symboles de l’Orient qu’il passa dans ceux de l’Occident. J’ai déjà fait remarquer que, selon toutes les vraisemblances, cette addition fut l’œuvre de saint Augustin. On la trouve en effet pour la première fois, en Occident, dans le second des Symboles employés par l’évêque d’Hippone. Elle fut maintenue dans les formulaires en usage dans les Églises d’Afrique ; mais ce ne fut que longtemps après qu’elle fut admise dans ceux des Églises de l’Italie et du nord delà Gaule. Les Symboles de Pierre de Ravenne, de Maxime de Turin et de Venantius Fortunatus portaient seulement : et sanctam Ecclesiam.
11 n’est pas difficile de découvrir l’intention qui fit donner à la sainte Église la qualification de catholique dans le formulaire qui servait de profession de foi aux catéchumènes. Les anciens écrivains ecclésiastiques nous l’expliquent eux-mêmes.
4 . Eij |*iaw «fi«v xaJoXixw ÊxxXYiat «», et encore : u; platv A-jta» xx(to- XtxTr», ànoaroXixTï* ÈxxXw tiew. Cyrille de Jérusal., Opéra, p. 269 et 270. Le Symbole du concile de Nicée porte seulement : r, xaôcXwn ÈwO.r.oix ; celui du concile de Constantinople a la formule complète : «i; j«av A-pav xadsXixw xcù àjcoorc.Xixr,'» ExxXxma*.
On voulut indiquer le caractère le plus sensible par lequel l’Église se distinguait des communautés hérétiques et des schismatiques. « Les hérétiques et les schismatiques, dit saint Augustin, appellent leurs congrégations des Églises ; mais ni les uns ni les autres n’appartiennent à l’Église catholique’. » La sainte Église estrépandueen touslieux, c’est là une marque qu’elle est la véritable; les congrégations des hérétiques et des schismatiques ne sont que des exceptions, que des aberrations de l’esprit humain 2 . L’universalité est un caractère de vérité, ainsi le crurent les anciens docteurs de l’Église, qui ne se souvenaient plus que le polythéisme aurait pu, il y avait peu de temps encore, réclamer en sa faveur, et à plus juste titre, la même qualification. Quoi qu’il en soit, ce caractère parut assez important pour être mentionné dans le Symbole des Apôtres. C’est encore contre les dissidents qu’on crut devoir y en faire mention s .
2° Sanctorum communionem. — La communion des saints.
*. Auffuglini Opéra, t. VI, col. 276, De fuie et Symbolo, g 21.