‹ Le symbole des apôtresChapitre 149 sur 158 · Heurtley, Harmonia tymbolica, p. 67 et · texte numérisé non relu

Heurtley, Harmonia tymbolica, p. 67 et

Ce Symbole des Apôtres présente des particularités fort extraordinaires. Ce n’est pas de la distribution des articles entre les apôtres que j’entends parler; cette distribution ne ressemble à aucune autre ; mais, comme il n’y en a pas deux qui soient identiques, il n’y a pas à s’arrêter à ce détail. Ce qu’il y a ici d’ étonnant, c’est : 1° l’absence de certains articles qu’on s’attendrait à trouver dans un Credo du septième siècle ; 2° la présence de quelques termes qui ne se rencontrent dans aucun autre Symbole latin ; 3° enfin la forme inusitée d’un certain nombre d’articles.

1° L’article de la communion des saints manquant dans plusieurs Symboles de cette époque et même dans quelques-uns d’une époque postérieure, en usage dans les Églises frankes, on ne saurait être surpris de ne pas le voir dans celui-ci. Mais on s’étonne de ne pas y trouver les mots : « Créateur du ciel et de la terre, » qui, au septième siècle, se présentent dans presque tous les Symboles latins. L’absence du mot mortunm dans l’article de la passion de Jésus-Christ n’a pas une grande importance; elle est étrange cependant, car ce mot entra dans notre formulaire en même temps que le mot passum ; il l’accompagne d’ordinaire, et dans ce Credo, il y a bien passum, mais il n’y a pas mortuum.

2° Ce Symbole des Apôtres est le seul qui ait la préposition in à l’article de la sainte Église. Ce fait

est d’autant plus extraordinaire qu’on évitait systématiquement à cette époque de joindre cette préposition aux mots Ecclesiam sanctam 1 . Le mot Deum ajouté à l’article Credo in Jesum Christum ne se trou ve dans aucun autre Symbole latin, si ce n’est dans celui qui est cité par Éthérius et par Béatus , écrivains espagnols de la seconde moitié du huitième siècle 3 . On comprend cependant l’intention qui l’y a fait introduire. Mais ce qu’on ne saurait guère s’expliquer, c’est la présence des- mots per baptismum sacrum dans l’article de la rémission des péchés. Cette addition, qui ne se présente dans aucun autre des Symboles en usage dans l’Occident, ferait supposer quelque intention hostile à l’Église catholique. Mais y avait-il des opposants à l’Église catholique, au septième siècle, parmi les chrétiens de langue latine, et en particulier parmi les Franks ?

3° La rédaction dans laquelle se présente ici l’article de la naissance de Jésus-Christ n’est pas nouvelle, à vrai dire ; elle se retrouve dans plusieurs écrits de saint Augustin, entre autres dans son De Fide et Symbolo , § 8 * ; mais on ne la rencontre

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