‹ Le symbole des apôtresChapitre 150 sur 158 · Auguslini Opéra, t. VI, col · texte numérisé non relu

Auguslini Opéra, t. VI, col

dans aucun autre Credo latin. Si elle a été empruntée à ce Père de l’Église, on ne comprend pas du tout pour quelle raison on l’a préférée à celle qui a été reçue dans le Symbole vulgaire, qui est également de l’évêque d’IIippone, et qui semble une expression plus exacte de la croyance ecclésiastique. La réunion des deux derniers articles en un seul et la forme qu’on leur a donnée ne s’expliquent pas davantage. Ce n’est pas que cette rédaction ne soit heureuse. La résurrection de la chair n’a lieu qu'en vue de la vie éternelle ; saint Augustin le fait remarquer à plusieurs reprises ‘ ; et il semble tout à fait convenable de rapprocher ces deux termes l’un de l’autre, de les rendre en quelque sorte inséparables, d’en mettre en évidence la dépendance réciproque. Mais quand on n’avait pas senti précédemment la nécessité de rendre sensible le lien logique qui rattache les articles du Symbole les uns aux autres, quand on avait même fait disparaître celui qui se montrait dans la dernière partie du Credo de saint Cyprien 2 ,

4. « Qua corporis resurrectione facta, a temporis conditiono libcrati, æterna \ita ineffabili cbarilate atque stabilitate sine corruplione perfruemur. » Augustin! Opéra, t. VI, col. 278 et 279, De Fideel Symbolo, c. 24. « Jam vero de resurrectione carnis, non sicut quidam revixerunl, iterumque sunt mortui, sed in vitam æternam. » Ibid., t. VI, col. 390; Enchirid. ad Laurent., § 23.

2. La liaison des croyances était très-bien marquée dans la forme : Credis in remissionun peccaloruiu et vitam æternam per sanetam Ecclesiam ?

il est singulier qu’il se soit trouvé, à la fin du sixième siècle ou au commencement du septième, un homme qui ait eu l’idée de marquer la liaison des deux derniers articles *, et qui, par ce remaniement partiel, ait donné l’exemple de ce qu’il aurait été bon de faire pour quelques autres termes de cette profession de foi.

On essayerait en vain de classer ce Symbole des Apôtres. Il présente des ressemblances très-marquées, et qui ne paraissent pas pouvoir être considérées comme fortuites, avec presque tous les autres ; mais il en ditfère en même temps en tant de points qu’on ne peut le rattacher à aucun d’eux. Sous d’autres rapports, il est unique dans son genre; je veux parler principalement des derniers articles. On a évidemment ici un remaniement du Credo d’une espèce particulière, dans tous les cas fort remarquable. Il est à regretter que l’auteur en soit complètement inconnu.

4. La rédaction Carnis resurrectionem in vitarn œternam pourrait bien avoir été celle d’un Symbole usité dans quelque Église d’Afrique. Il semble qu’on peut le conclure de ce passage d’un sermon attribué à saint Augustin : « Quomodo carnis resurrectionem? Ne forte putet aliquis quomodo Lazari, ut scias non sic esse,additum est: In vitam ælernam. tAugustini ’ Opéra, t. VI, col. 930; De Symbolo, sermo 4, § 47.

SYMBOLE DES APÔTRES EN LANGUE GRECQUE EN USAGE EN ANGLETERRE AU NEUVIÈME SIÈCLE 1

Extrait d’un manuscrit du British Mutœum * .

IhaTfju el; nart'pa iravroapocTosa ’

Kai «i; Xpirrèv ’Ivwùv, utov aùrcû tôv u-cvo-fcvri, tôv Kûptsv iSpûiv, Tôv f ivvrôsvTa ix IIy£Û|x*Tin â-jr&v xai Mapia; rü; irapBivou,

Tôv i-irt tlovriou IIiAoétou, oraupMWvTa, raçsrra,

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Ce Credo est écrit en caractères anglo-saxons dans le manuscrit d’où il a été tiré. En voici la'

1. Au huitième siècle, d'après üsserius. M. Heurtley me parait établir par de bonnes raisons qu’il est du neuvième. Harmonta symbolica, p. 74 et suiv.

2. Jacques Üsserius rapporte cette pièce dans son De romance Ecclesiœ Symbolo apostolico vetere, p. 5 et suiv. Elle est reproduite d'après lui par Walch, Symbolische Bibliothek, p. 56, et par Hahn, Bibliothek der Symbole, p. 5 el 6. M. Heurtley la donne plus exactement, Harmonia symbolica, p. 79.

m LE SYMBOLE DES APOTRES

copie, ligne par ligne. M. Heurtley en donne un fac-

similé 1 que j’ai le regret de ne pouvoir reproduire.

Pistheu istheu patera panto cratero ceis criston ihû yon aututon mono genlort quirion imon tongenegenta ecpneumatus agiu cemariatis parthenu (on cpipontio pilatu staurolhenteeta Tinta letrito imera anastanta egni cron anaunta istos uranos catimeron indexia tupalros olen erehete crinezon tas cenicros ceis preuma agion agria fis inamartion sarcos anasla. amen.

On demandera peut-être comment un Credo en langue grecque pouvait être en usage au huitième siècle ou au neuvième, en Angleterre ? 11 est facile de répondre à cette question. Dans l’Eglise de Rome, et par suite dans toutes celles qui avaient adopté son rituel, les Litanias, l’Oraison dominicale et le Symbole des Apôtres se chantaient d’abord en grec et ensuite en latin 2 . Comme on n’aurait pas su lire partout les lettres grecques, on écrivait ces diverses pièces en lettres latines, ou, comme c’est ici le cas, avec les caractères nationaux.

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