Pierre
S. Actes, xx, 17, 13; Ti«e,1,S et 7; Philipp., i, 1; 1 Timoth., ni, 1 et 3. Les plus savants des Pères de l’Église ne l’ignoraient
PREFACE
d’autre charge que de maintenir l’ordre parmi les fidèles de la communauté à laquelle ils appartenaient, et de présider leurs réunions; et les diacres (Sioocovoi, proprement les serviteurs) avaient été établis pour distribuer les aumônes et veiller sur les repas que, dans la primitive Église, on prenait en commun *.
Un siècle s’était à peine écoulé depuis leur institution, que ces fonctionnaires de l’Église — on ne peut pas leur donner d’autre nom — formaient un ordre sacerdotal hiérarchiquement constitué. Un des presbytres avait retenu pour lui seul le titre d’évôque et s’était élevé au-dessus des autres, et les diacres étaient devenus des prêtres d’un rang inférieur. L’évêque se donnait, et probablement aussi était tenu, pour le représentant de Jésus-Christ, comme Jésus-Christ avait été le représentant de
pas. a Apostolus perspicue docet eosdem esse presbyteros quos episcopos,» dil saint Jérôme. Epist. 401 (dans les anciennes éditions des œuvres de ce Tère, 85), ad Evangel., Gieseler rapporte des citations analogues d’autres anciens écrivains ecclésiastiques. Lehrbuch der Kirchengeschichte, t. I, p. 4 28, note b.
t. Actes, v i, 2-6; 1. Corinth., xi, 20-22. Il y avait aussi des diaconesses dans la primitive Église. Rom., xvi, 1.
PHÉFACE
vu
Dieu ; les prêtres tenaient la place des Apôtres, et sans doute les diacres étaient regardés comme les successeurs des soixante et dix disciples dont parle saint Luc *. Cette origine divine de leur institution les autorisait à prétendre non pas seulement au respect et à l’affection des fidèles, auxquels, dans tout état de cause, ils avaient des droits légitimes s’ils remplissaient consciencieusement leurs devoirs, mais encore à leur soumission complète , sans déguisement, pour me servir d’une expression de saint Ignace. C’est surtout à l'évêque que l’obéissance était due sans réserve.
Telle était l’importance qu’on attachait alors à cette théocratie naissante que, chose étrange, les quelques lettres qui nous restent des plus respectables et des plus vénérés des conducteurs des Églises de cette époque sont pleines d’exhortations à s’attacher et à se soumettre aux évêques, et ne semblent pas avoir eu d’autre but que de fortifier ce sentiment dans l’âme des fidèles. Saint Ignace, marchant au martyre, n’a pas do plus pressante
Luc, x, 1.
PREFACE
recommandation à faire entendre aux Églises.
« Il convient, dit-il aux Éphésiens, que vous soyez soumis à l’évêque et au conseil des prêtres *. De même que Jésus-Christ, notre Dieu inséparable, a été établi par l’ordre du Père sur toute l’Église, ainsi les évêques l’ont été par ordre de Jésus- Christ dans les diverses parties de la terre 2 . Vous devez tous concourir à la volonté de l’évêque 3 . » ■•••
*- « Vous devez rendre à votre évêque, dit-il aux chrétiens de Magnésie, toute sorte d’honneurs et do respects, selon la puissance qu’il a reçue de Dieu le Père, lui obéissant sans le moindre déguisement 4 . Il ne vous faut pas être de ceux qui, tout en recon-' naissant que l’évêque est légitimement institué, agissent en toutes choses sans le consulter. De telles gens ne peuvent pas avoir une bonne conscience, puisqu'ils n’observent pas fermement dans l’Église le précepte de Jésus-Christ s . Je vous exhorte à vous