Evagrius, Huit, eccles., lib. III, cap
2. Abrégé de l’histoire ecclésiastique de Théodore, liv. II; Nicéphore Calli.xle, Hisloria ecclesiastica, lib. XV, cap. 28; J. Bona, Rerum liturgicarum libri II, p. 305. Timothæus Symboluin fidei trecentorura et oclodecim l’atrum in singulis collectis reo.ilare præcepit. Martène, De antiguis Ecclesiœ ritibus, Kotomagi, 1700, in-i», 1. 1, p. 85 et 375. Le Symbole de la foi des trois cent dix-huit Pères est celui du concile de Nicée.
3. Symbolum etiam placuit ab omnibus ecclesiis una die, id est, ante octo dies dominicæ resurrectionis publice in ecclesia competentibus prædicari, Canon 13, Labbe et Cossarl, Sacrosancta concilia, t. IV, col. 1385; Mabillon, De liturgies gallicana, p. 22 et 127.
pour les Églises de l’Espagne et de la Gallicie *. C’est le Symbole du concile de Constantinople, et non celui des Apôtres, qui fut mis dans la liturgie mozarabique a , adoptée, à ce qu’on croit, dans le huitième concile de Tolède en 653, mais remontant bien plus haut , et remplacée par le rituel romain seulement au onzième siècle \
Que conclure de ces faits, sinon que le Symbole des Apôtres n’est pas l’œuvre des hommes vénérés auxquels l’attribue la tradition née en Occident, au quatrième siècle ? Comment en effet n’aurait-il pas été en usage dans toutes les Églises chrétiennes, si les Apôtres l’avaient composé eux-mêmes pour le donner aux chrétiens comme la règle de la foi,
1. Pro reverentia sanctissimæ fidei et propter corraborandas hominum invalidas mentes, consultu piissimi et gloriosissimi domini Recaredi regis, constituit synodus ut per omnes Ecclesias Hispanias et Galliciæ, secundum formam orienialium ecclesiarum concilii Constantinopolitani hoc est centum quinquagenta opiscoporum symbolum fidei recitetur, et priusquam dominica dicatur oralio, voce clara prædicetur, quo et fides vera manifesta sit et testimonium habeat et ad Christi corpus et sanguinem prælibundum pectora populorum fîde purificata accedunt. Capit. 2. Labbe et Cossart, Sacrosancta concilia, t. V, col. 4009 et 1010 ; Carranza, Summa conciliorum, p. 335; King, Ilisloria tymboli apostolorum, cap. 4, § 37.
2. Martène, De antiquie Ecclesiœ ritibus, t. I, p. 376 et 46i.
3. J. Bona, Rerum liturgicarum libri II, p. 386 ; Mabillon, De liturgia gallicam, p. 12; Abrégé chronologiq. de l’histoire eccletiastiq., Paris, 1768, t. II, p. 26i.
banc credentibus ÿandam régulant, ainsi que le dit Rufin 1 ?
Il y a plus encore : dans un grand nombre d’Églises, le Symbole des Apôtres, employé d’abord pour profession de foi des catéchumènes au moment où ils allaient recevoir le baptême, fut remplacé, dans le courant du cinquième siècle, et peut-être dans quelques-unes plus tôt, par le Symboleduconcile de Nicée ou par celui du premier concile de Constantinople. Il est incontestable que le Symbole des Apôtres était en usage à la fin du troisième siècle et probablement aussi pendant la plus grande partie du siècle suivant, dansl’Église d’Antioche 2 . Au commencement du sixième siècle, il n’y est- plus employé; c'est avec le- Symbole du concile de Nicée que les catéchumènes font acte d’adhésion à la foi chrétienne ; on vient de voir que l’évêque Pierre Gna-
1. Si Symbolum istoc ab apostolis esset confection, eliam omnibus orbis ecclesiis esset iraditum, Vossius, De tribus Symbolis, p. 22, Dissert, prima, § 29,
2 . J’ai déjà fait remarquer que, selon toutes les vraisemblances, le Symbole des Apôtres rapporté dans les Constitutions apostoliques, liv. VII, ch. 41 , est celui qui était en usage dans i'Église d’Anliuche. Dans tous les cas, on sait qu’il existait un Symbole des Apôtres écrit en grec, connu sous le nom de Symbole d’Antioche. Cassien le traduisit en latin, et nous avons encore une partie de cette traduction. Cassien, De incarnations Domini, lib. VI, cap. 3; Halin, Biblioth. (1er Symbole, p. 64-56.
phée n’en connaissait pas d’autre. Il est également certain que c’est le Symbole des Apôtres qu’on enseignait aux catéchumènes, à la tin du quatrième siècle et au commencement du cinquième, dans l’Eglise de Jérusalem. Nous avons encore les Catéchèses de Cyrille, évêque de cette ville, à cette époque, sur ce formulaire. Moins de cent ans plus tard, on y faisait usage du Symbole du concile de Nicée. A partir de ce moment, on ne connaît plus dans les Églises de l’Orient que ce dernier Symbole ou celui du premier concile de Constantinople 1 ; celui des apôlresy est tombé en oubli, même dans les communautés chrétiennes où il avait longtemps servi de profession de foi aux catéchumènes.
Ce changement aurait-il été possible, si l’on avait cru que le Symbole des Apôtres fût l’œuvre des première prédicateurs du christianisme? On ne saurait l’admettre. Et qu’on veuille bien remarquer qu’il ne s’agit pas ici d’Églises qui auraient pu apprendre comme un bruit venu de loin que ce formulaire était de la main des Apôtres; non : ce changement eut lieu précisément dans les lieux où cette tradition, si elle avait eu quelque fondement
1 . J. Bona, Rerum liturgiccirum libri II, p. 384 el 385. Exstat (le Symbole de Constantinople) in omnibus liturgiis Græcorum niaronitarum, et cæterarum gentium quæ in Oriente sunt. J. Bona, ibid., p. 388.
historique, aurait dû être le mieux connue et le plus solidement établie, à Jérusalem, où ce Symbole aurait été composé, s’il était en effet l’œuvre des Apôtres, à Antioche où saint Pierre et saint Paul avaient habité et longtemps enseigné. Comment une règle de foi dressée par les premiers prédicateurs du christianisme n’aurait-elle pas été un objet de respect, de vénération, dans les Eglises qu’ils avaient fondées eux-mêmes? La pensée téméraire d’y en substituer une autre ne se serait certainement jamais présentée à l’esprit des fidèles. L’œuvre d’un concile ne l’aurait pas emporté sur l’œuvre des Apôtres.
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