‹ Le symbole des apôtresChapitre 5 sur 158 · Clementii Romani Epistola 1 ad Corinthios, §§ 42 et · texte numérisé non relu

Clementii Romani Epistola 1 ad Corinthios, §§ 42 et

PKtFACE

frappait d’admiration les esprits exaltés, avides de croyances excentriques et portés au mysticisme.

Dans ces circonstances difficiles, c’était le devoir des directeurs des Églises d’en grouper les membres autour d’eux, de se les attacher par les liens les plus étroits, de veiller avec la plus constante sollicitude sur leur foi, sur leur conduite, sur toutes leurs démarches, pour être toujours en mesure, au moment du danger, de les arracher aux séductions de l’hérésie. Il importait que les fidèles apprissent à se défier d’eux-mêmes et à s’en rapporter à leurs chefs spirituels. Plus la discipline était sévère, plus la résistance à l’erreur était efficace et facile. Établir fortement cette discipline était, au milieu du second siècle, uneaffaire pressante. Il y allait peutêtre du christianisme, menacé de se dissoudre au milieu des explications contraires qu’on en donnait de tant de côtés à la fois. Ce qui est certain , c’est que les congrégations chrétiennes auxquelles la postérité a décerné le titre d’orthodoxes se trouvaient dans la position la plus critique. Et. quoiqu’on puisse leur reprocher de n’avoir pas toujours bien compris les enseignements de Jésus-Christ, il faut

PRÉFACE

reconnaître que leur ruine ou seulement leur affaiblissement aurait été un malheur irréparable. Auraient-elles pu se sauver autrement que par l’établissement de la hiérarchie sacerdotale? C’est possible. Mais on peut assurer avec une entière certitude que les hommes qui étaient alors à leur tête n’eurent d’autre dessein que d’en empêcher la désagrégation l , et qu’ils ne virent pas d’autre moyen d’y réussir que d’en mettre les membres dans une dépendance aussi complète que possible de leurs conducteurs spirituels.

Dans ce moment difficile, le péril, comme toujours, fit naître la dictature.

Il avait toujours existé des rapports entre les communautés chrétiennes qui, depuis la fin du premier siècle environ, avaient cherché à se frayer une voie moyenne entre les théosophies hasardées des gnostiques et le légalisme attardé des judaï-

1. c Entretiens l’union, le plus grand do tous les biens, » lgnatii Epistola ad Polycarp., § 1 ; « Fuyez les divisions comme la source de tous les maux, » ad Smyrnios, § 7 ; a II est utile que vous restiez dans une unité parfaite, » ad Ephesios, §§ 4 et 5; Comparez ad Magnesios, § 7; Clement is Epistola i ad Corinth., §§ 46, 47, 51, 57; Hermce Pastor, i, g â ; ni, g§ 13 et 17.

PRÉFACE xni

sants. L’établissement de la hiérarchie sacerdotale dans leur sein les rendit plus faciles, en môme temps que plus fréquents, et la nécessité de résister à un ennemi commun et devenu puissant leur donna une importance qu’ils n’avaient pas auparavant; on comprit que l’union ferait la force, et Tertullien ne fut pas sans doute le premier à s’apercevoir qu’il y avait un avantage immense à opposer à la multiplicité des systèmes des sectes rivales l’unité de croyances d’une foule de congrégations répandues sur toute la surface de l’empire romain *.

De là naquit l’idée d’une sorte de confédération entre toutes les communautés qui, malgré quelques différences de détail, professaient une même foi, ou se faisaient une conception analogue de la religion chrétienne. Cette confédération se fortifia peu à peu, s’organisa par degrés et finit par devenir une institution bien réglée et puissante ; mais dans le principe, à l’époque dont nous parlons, et longtemps encore après, elle était simplement

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