Ambroise, Ibid., § 9, Opéra, t. 1, p
3. Grégoire de Nazianze, Opéra, Paris, 4609, t. I, p. 274 et suiv., 373etsuiv., 397 et suiv., 725 et suiv. ; Basile de Césarée, Opéra, Paris, 1638, t. I, p. 452 et suiv., .5<4, A; Grégoire de Nysse, Opéra, Paris, 4638, t. III, p. 499, 504, 570.
4. Chrysostome, Opéra, t. V, p. 372 et 373, De sanctis martyribut, Sermo 68.
5. Jérôme, Adversus Vigilantium, Opéra, t. II, p. 83 et suiv.
qu’on peut attendre des saints glorifiés alla si loin, que Grégoire le Grand crut pouvoir soutenir que l’accomplissement des décrets éternels de Dieu est facilité par leurs prières *.
De cette croyance naquit l’idée de la communion des saints, c’est-à-dire de la société de tous ceux qui sont unis ensemble dans le culte du seul vrai Dieu, quæ tota instituta est colendum unum Deum , comme dit l’évêque d’Hippone. La doctrine du purgatoire élargit cette conception, et lui donna en même temps la fixité dont elle avait manqué jusque-là. La société des vrais adorateurs de Dieu ne se composa plus seulement, comme pour saint Augustin, des anges dans le ciel et des fidèles sur la terre : aux anges se joignirent les saints glorifiés, et ceux qui étaient dans le purgatoire aux chrétiens encore vivants, attendant, les uns aussi bien que les autres, le moment d’entrer dans la béatitude céleste.
Et en même temps que le nombre des membres de l’Église catholique s’accroissait, les rapports qui les unissaient devenaient plus étroits, plus fréquents et plus complexes. Un échange continuel de bons offices d’un côté, de prières, de supplications et d’actions de grâces de l’autre, rattachait entre eux tous les membres de la famille chrétienne.
l.Potest prædesliualio precibus juvari. Grégoire le Grand, Dialog., lib. I, cap. 8; Opéra, Par^, 1675, 1. 11, col. 32 et 33.
La seule différence qui les séparât était momentanée. Les uns étaient saints ou déjà sanctifiés; les autres étaient destinés à l’être. Mais forts ou faibles, ils faisaient tous partie du corps du Christ : l’Église triomphante et l’Église militante, comme on s’exprima plus tard, ne formait plus qu’une seule Église *.
Ce fut précisément cette idée qu’on trouva couvenable, au sixième siècle, d’inscrire dans le Symbole des Apôtres. Elle était devenue générale dans les Églises latines. Il fallait lui donner une place dans le formulaire qui passait pour le résumé des doctrines chrétiennes. Telle fut l’origine de l’article de la communion des saints.
S’il en fallait d’autres preuves, il n’y aurait qu’à en appeler à l’explication qu’en donnent les écrivains ecclésiastiques qui en ont parlé les premiers.
1 . « L’Église triomphante est la société des esprits bienheureux et de tous ceux qui ont triomphé du monde, de la chair et du démon, et qui maintenant, délivrés et à l’abri des misères do cette vie, jouissent de la béatitude éternelle. Elle est toute remplie de gloire et de bonheur. L'Église militante, au contraire, est la société des fidèles qui vivent sur la terre, et qui ont à soutenir une guerre perpétuelle contre des ennemis cruels, le monde, la chair et le démon. C'est la raison pour laquelle cette partie de l’Église est appelée militante. Prenons garde toutefois de croire qu’il y ait deux Églises. L’Église est une, mais elle est composée de deux parties. » Catéchisme du concile de Trente, t. I, p. 4 88 et 489. L’article delà communion des saints a sou vrai commentaire dans ces paroles.
et qui, selon toutes les probabilités, l’introduisirent eux-mêmes dans le Credo. « Être en communion avec les saints, dit l’auteur du sermon 1 15* De tempore , c’est faire profession de la sainte foi qu’ils eurent ». » L’auteur du sermon 131® De tempore est plus explicite et plus clair. La communion des saints est, selon lui, l’union des fidèles encore vivants avec les saints morts pour la foi ou seulement dans la foi *, c’est-à-dire avec les martyrs et les élus glorifiés.
King donne une autre origine à l’article de la communion des saints 3 . Il le prend pour une protestation contre l’esprit de séparatisme qui caractérisait les donatistes. On conçut, selon lui, cet article, dans l’intention de s’opposer au rigorisme de ces sectaires, et il appuie cette opinion principalement sur les reproches adressés par saint Augustin aux hommes de ce parti qui, pour des motifs frivoles *,
4. Saoctorum habentes communionem, quia ubi est fides sancta, ibi est sancta communio. Augustini Opéra, t. V, col. *975, Sermo 541 (115 e De tempore), § 4.
*. Sanclorum communionem, id est, cum illis sanctis qui in hac quam suscepimus fide defuncti sunt, societate et spei coramunione teneamur. Augustini Opéra, t. V, col. *977 et *978, Sermo *4*^31» De tempore), § 4.