King, Historia Symboli Apostolorum, cap. vi, § 18 et
4. Quare, cum leviora quæ fingitis fugitis, ipsum sacrilegium schismalis, quod est omnibus gravius, commisistis? Augustini Opéra, t. IX, col. 189, De baptismo contmdonalistas, li b. Il, §44.
ne voulaient pas garder l’unité de l’esprit dans le lien de la paix *.
Cette explication de King est inacceptable. Au sixième siècle, il n’était plus nécessaire de protester contre le rigorisme malentendu et l’esprit séparatiste des donatistes. Ledonatisme avait disparu delà scène du monde; du moinsil n’y tenait plus assez de place pour être remarqué ; les troubles qu’il avait excités en Afrique étaient apaisés. Si les édits sévères de Théodose et d’Honorius n’y eussent pas suffi, la domination des Vandales y aurait mis fin. La persécution que ces barbares firent peser à la fois sur les catholiques et sur les schismatiques eut pour effet inévitable de les réconcilier en présence de l’arianisme, leur ennemi commun.
Cet article de la communion des saints a été, de la part des protestants, l’objet d’interprétations tout aussi arbitraires que celui de la descente de Jésus-Christ aux enfers. Comme celui-ci, il exprime une croyance essentiellement catholique. Dès que les protestants acceptaient le Symbole des Apôtres pour un sommaire de la foi, comme l’appelle Calvin, ils ne pouvaient pas admettre qu’il s’y trouvât
1. Non sufferentes invicem in dilectione, neque studentes servare unitatem spiritus in vinculo pacis, charilalem ulique non habendo. Augustini Opéra, t. IX, col. 168, De baptùmo contra donatistas, lib. I, § 12.
quelqu’une des doctrines qu’ils repoussaient, non toutefois sans raison, comme étant en désaccord avec l’enseignement des livres saints. Les inteçprétations qu’ils donnent de cet article auraient pour effet, si elles étaient vraies, de lui faire attribuer une origine différente de celle que, l’histoire à la main, je lui ai reconnue ; je ne puis, par conséquent, abandonner ce sujet sans montrer qu’elles sont arbitraires et mal fondées.
Que voit Calvin dans cet article? Ces mots : « la communion des saints » ont été ajoutés, dit-il. pour mieux exprimer l’unité qui est entre les membres de l’Église, et pour nous donner à entendre que tout ce que Notre Seigneur fait de bien à son Église est pour le profit et salut de chaque fidèle, parce que tous ont communion ensemble *. Ailleurs il dit que, cette communion doit être entendue comme saint Luc la décrit *, quand il dit qu’il n’y avait qu’un cœur et qu’une âme en la multitude des croyants, et encore comme saint Paul le fait entendre 3 en exhortant les Éphésiens d’être un corps et un esprit, de même qu’ils sont appelés en une même espérance. Il ne se peut faire, ajoute-t-il, que ceux qui sont vraiment persuadés que Dieu leur est un commun Père, et que Christ est leur