‹ Le SymbolismeChapitre 107 sur 175 · LIVRE III, CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE PREMIER

grande fraîcheur. Nous disions dernièrement dans un discours prononcé au petit séminaire de Saint-Flour : « Il est une science froide, aride, couverte d'aspérités; cette science esl peut-être très-élevée, peut-être a-t-elle des hauteurs presque inabordables, mais elle est toujours Apre, rugueuse, sans végétation pour l'esprit humain : c'est une sorte d'algèbre décharnée. L'air \ est raie, et suffit à peine à la respiration. Ileureusemenl la science a d'autres formes : elle peut devenir gracieuse, douce, féconde, pleine de chaleur et de vie ; elle ressemble alors aux lianes de vos montagnes, Lorsqu'ils sont couverts de prairies vertes et fraîches l. » l Ir, le vêtement habitue] de cette scient e .marieuse, c'est la comparaison. Lise/ en particulier ies livres Sapientiaux * ; comme la morale est fraîche et pleine d'une i ranquille sérénité ! Comme la doctrine semble à cette brise que nous aimons à respirer sur les bords de l'Océan ! quelle en esl la cause? Je ne parle «pie du point de vue logique et littéraire. C'est la fraîcheur des comparaisons, c'est le style de la nature elle-même ; les couleurs semblent empruntées à la beauté, à la splendeur et au gracieux épanouissement de toute La création.

i . Discours pour la distribution des prix d ninaire Je Saint-

Flour.

■i. Nous mettrons cette note un peu plus longue à la fin du volume.

La comparaison donne de la vie à La pensée etau styie*La vie est partout dans la nature, et quand l'écrivain s'inspire à sud école, quand il va puisera cette source toujours vivante et féconde, La vie jaillit

aussi et comme naturellement dans ses œuvres. M si l'écrivain se confine sur les hauteurs desséct

d'un esprit aride et qui veut s'isoler, tout sera dans son œuvre, et le fond et la forme. Dernièrement, je lisais ira ouvrage de philosophie rationaliste : l'an teur ne manquait ni détalent, ni de vues judicieumais comme tout cela était froid et compassé ! il me semblait marcher dans une prairie, après une loin sécheresse d'été. Çà et là quelques indices de végétation : mais les arbrisseaux étaient rachitiques et Les fleurs presque flétries. L'idée pure était partout comme un vieux tronc dénudé. Et je me disais à moi-même : quelle différence avec les Pères de l'Église ! avec les grands philosophes chrétiens ! Là au moins il y a de la vie, on respire ; c'est un bosquet de fleurs qui promettent et donnent des fruits délicieux; partout une riche et luxuriante végétation, partout la lumière et l'ombrage, afin que les clartés ne soient pas trop vives. — Quelle est encore la cause de cette différence ? En dehors des idées elles-mêmes, je l'attribue à la forme, à la manière de présenter les choses. Dans l'Écriture, chez les Pères, dans la liturgie divine, partout le sym-

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