LIVRE v. CHAPITRE II
rondeur el son large évasement, es1 le symbole de la Providence qui embrasse indistinctement toutes les créatures dans sa sollicitude, el qui n'a ni commencemenl ni lin. Mais bien qu'elle s'étende à tout, elle demeure en elle-même, garde une identité permanente et se maintient dans une immobilité parfaite, comme la coupe qui conserve invariablement la même forme. Quand on dit que la Sagesse s'est bâti une maison où elle a préparé des mets, des breuvagi s et un calice, c'est pour faire entendre à ceus qui savent convenablement juger les choses divines, que les soins providentiels viennent de cel artisan suprême qui donne aux créatures el l'être el le bonheur; qui s'étend ;i tout, est présent à tout et embrasse tout. T«>tit en lui-même par l'excellence de sa nature, il n'est rien de ce qui est, en quelque sens que ce soit. Séparé du reste des êtres, éternellement le même et éternellement en lui, il est, il subsiste, il demeure dan- 1 absolue e1 permanente identité, sans jamais sortir de lui-même, sans quitter jamais son trône, son séjour, la stabilité de sa demeure. Dans cette immutabilité, il opèreses : livres saintes et providentielles, il s'étend à tout et demeure en lui-même: il est en repos et en mouvement, et l'on pourrait dire que, naturellement et surnaturellement tout ensemble, il déploie l'activité de sa Providence en sa stabilité et garde
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sa stabilité parmi les opérations de sa Providence,
u Mais que signifient l< mets et les breuvages? Car il esl dii que la Sagesse, dan.- sa bonté, offre l'un el l'autre à ses convives. Je crois donc que les aliments solides sont la ûgure de la perfection spirituelle, de
l'immuable constance dans le bien. C'est aus intérieures placées en cet état, élevées à une science fixe, puissante, absolument pure de toute conception matérielle et admises à la participation des choses divines que le bienheureux Paul distribuait la nourriture forte qu'il avait reçue de la Sages» même. !.. s breuvages symbolisent le fleuve de la doctrine qui répand avec abondance et amour sur toutes ch et qui s'attempère charitablement à ceux qu'elle nourrit, et au moyen du multiple et du variable les élève à la simple et immuable connaissance de Dieu. De là vient que les enseignements spirituels de Dieu sont comparés à la rosée, à l'eau, au lait, au vin, au miel ; ainsi leur fécondité est désignée par l'eau: par le lait. leur énergie à donner accroissement; par le vin, leur aptitude à rendre la vigueur; par le miel enfin, leurpropriété de purifier et de conserver. Voilà ce que la divine Sagesse distribue à ses serviteurs; voilà le fleuve sans cesse jaillissant des immenses délices qu'elle leur prépare. C'est véritablement là s'enivrer de la joie des banquets, et on attribue avec raison à la Sagesse le