LIVRE PREMIER, CHAPITRE II. I
formes idéales de toute La création; elle contienl idéalement les ôtres Inférieurs, selon une lui admirable qui préside à La création des ôtres intelligents '. Nous croyons que toul homme qui approfondira ces questions et s'interrogera lui-même, en évoquant Les souvenirs de sa propre expérience, sera de L'école de saint Thomas.
Mais, avant d'aller plus Loin, écoutons ce grand maître : « L'âme de L'homme occupe dans l'ordre de La nature le rang Le plus inférieur parmi les substances intellectuelles, car elle ue possède pas naturellement la connaissance de La vérité, comme La possèdent les anges; Hic est obligée de la cherche] dans les choses visibles, et au moyeu des sens1. » — «11 est naturel à l'homme d'arriver aui choses intelligibles par les choses sensibles, parce que toutes nos connaissances «»iii leur point de départ dan- les sens1.» — «Notre
i. Nous dérelopperons dans le paragraphe troisième cette impor^ tante rente.
-• I, q. ",;. irt, :., t. XX, p. 543. -- \. encore -2 ditt. n, q. I,
art. 6, t. X, p, 8. i. p. q. I, art. 9.
connaissance naturelle prend son point de dépari d ma h- monde sensible. Elle s'étend donc aussi loin que les choses sensibles peuvent la conduire1.»— « L'intelligence humaine ne peut pas comprendre la vérité dans sa pure essence : la loi de sa nature, est de comprendre au moyen d'images : aussi la vérité divine dansl'Écritiirc se manifeste sous la forme de similitude s, selon la doctrine de saint Denis2.» — « Cette vérité se démontre par l'expérience : chacun de nous éprouve en effet que lorsqu'il veut faire effort pour comprend une chose, il se forme à lui-même certaines imagi qui sont comme des modèles clans lesquels il cherche avoir ce qu'il veut comprendre3.» — «Les chos incorporelles elles-mêmes, dont il n'existe pas d'image, nous sont connues par comparaison avec les êtres sensibles, qui ont leurs images correspondantes*. Dans la connaissance de l'esprit humain, il faut distinguer la représentation que l'esprit se fait des choses, et le jugement qu'il en porte. Quand une chose se présente à l'esprit de l'homme, les sens la perçoivent d'abord : de là, elle passe dans l'imagination, et ensuite dans l'intellect. .. Mais l'imagination ne reçoit pas seulement