CHAPITRE II
L;i création <i>t composée d'une Bérie d'êtres qui se succèdenl dans un ordre admirable, dans une progression ascendante, el avec une gradation parfaitement nuancée. Cette harmonie, dans la forme el la perfection des êtres, s'observe depuis le grain de sable jusqu'au Séraphin 1<4 plus élevé en gloire.
Il esl de purs esprits, composés de lumière el de feu, mais d'une lumière el d'un feu Immatériels. Ils flottent dans l'immensité divine, comme de limpides essences d'amour. La vérité est leur nourriture, mais la vérité pure, sans ombre, sans mélange • ils boivenl la liqueur divine, comme l'aigle boit de son regard le rayon lumineux. — Au dernier rang des substances in* tellectives, dit saint Thomas, se trouve l'âme humaine; elle ne peut pas recevoir la vérité comme l'ange : cette nourriture Intellectuelle lui arrive voilée, couverte par des images, et c'est dans i que les interprètes
expliquera les paroles de l'Apôtre : « Noua voyons mâintenanl en énigmes, comme dans un miroir, mais un jour ce sera face h face'. m Les objets sensibles Boni ordinairement le point de dépari de La connaisssance, au moins à l'origine . On dirait qu'il s'élève de l'univers tout entier je ne sais quelle vapeur intellectuelle qui va réveiller dans l'âme humaine les principes de la connaissance, et qui, se combinanl avec les formes idéales dont l'âme est pleine, devienl le signal, le point de départ de l'acte intellectuel. Cette théorie, que nous considérons, dans sa forme parfaite, comme une des belles conceptions de saint Thomas2, semblera d'autant plus vraie qu'on se rappellera les principes énoncés plus haut sur les formes divines répandues partout, sur l'idéal divin qui environne, qui pénètre tous les êtres, et qui plane sur toute la création comme une auréole lumineuse. Cette théorie semblera d'autant plus vraie, qu'on cherchera à en combiner les principes avec cette autre vérité : l'intelligence humaine, qui doit habituellement connaître le vrai sous des images sensibles, est cependant elle-même pleine des
1. (1. Cor. 13, 12). — V. Saint Thomas et Cornel. à Lap. in hune locurn.
2. Tout le monde sait qu'Aristote est un des premiers qui ont formulé cette théorie ; mais nous croyons que saint Thomas l'a beaucoup perfectionnée, et que, sous sa plume, elle a pris une direction qui l'éloigné complètement du sensualisme.