Saint Thomas, De Mayislro, t. XVI, art. 1, p. : > t i i
1. Le P. Thomassin semble ne vouloir à aucun prix de l'adage pé
ripalëticien, rrihil est in intcllcctu, quod non prius fuerit in sensu. A. De Deo, 1. I, c. xiv, pisahn et surtout, n° 1, p. 38, éd. Vives, i. wii pasaim, c. u, n° 8) et cependant il est au fond moins opposé qu'il no pense à ta thèse que nous soutenons.
1° Il rite d'abord un texte de saint Augustin qui fournit précisément la réptm 'fions : le saint Docteur combat ceux qui n'ad-
mettent que ta MM pour cause de nos pensées. Or telle n'est point la doctrine de saint Thomas.
2° Après avoir établi en principe, « que l'âme ne peut sans déroger grandement a sa dignité, demander quoi que ce soit u la créature corporelle » il cite saint Augustin et il admet avec lui que l'ascension de
temps prolongée, par une gracieuse comparaison de MU)I' Swetchine : « Nos idées sont comme les vignes, ces
l'âme à travers les choses corporelles est une chose quotidienne et très-utile pour découvrir les beautés intelligibles '1. 1, c. wii, p. A*) ; puis il conclut plus loin par une singulière contradiction, en disant que nous ne pouvons pas rester tant soit peu longtemps dans les régions de l'idée pure, et que nous sommes obligés de retomber dans les conceptions et les expressions familières des symboles sensibles, hebet nostrœ mentis acies, et quantumvis enitamur, non potest diuiuli in ea contemplaiione defigi, lucis vehementia reverberatur, ad familiares sensibilium symbolorum ideas ac noces relabitur. (L. III, c. ni, n° li, p. 158 ; v. encore, 1. VI, c. xxi, n° 0, p. 410.) — Ailleurs encore il regarde la science du symbolisme, et l'habitude de remonter du visible à l'invisible, comme une des principales qualités du grand théologien (1. III, c. v, n° 5, p. 1G8), comme une des bases de la vraie philosophie, comme sa pratique usuelle. (L. IV, c. xxiv, n° 5, p. G9, n° 7, p. 70.) — 11 reconnaît que la Géométrie elle-même nous conduit, par des figures, au monde intelligible (ib. n° 8, p. 70, 1. I, c. xxv, n° 6, p. 75). — Il cite saint Cyrille d'Alexandrie qui approuve l'adage des Pythagoriciens : « On ne peut enseigner les choses divines que par images et figures » et il conclut avec le même Docteur, qu'il est trèsdifficile de procéder autrement (1. I, c. xxiv, n° 10, p. 72).
Ailleurs encore il reconnaît que la vue purement intellectuelle est réservée aux âmes très-pures, et encore elles n'en jouissent que d'une manière rapide et comme à la dérobée, breviter et raptim : elles retombent aussitôt dans les figures symboliques. Pour les autres âmes (c'est-a-dire pour l'immense majorité des hommes), comme elles ne comprennent pas la vérité sans figure, quoties vera capiunt, quoniam non sine phantasmata capiunt, on les y conduit par dos symboles empruntés aux choses corporelles. » (De Deo, 1. III, c. vm, n° 10, p. 127.)
Voilà donc le P. Thomassin, qui, sans s'en douter, devient péri pateticien !