LIVRE PREMIER, CHAPITRE III
de l'univers sont d'ailleurs unies ensemble par un vaste système de corrélation : elles se supposent les unes les autres, elles sont les réciproques images de leurs qualités mutuelles, il d'j a donc rien d'arbitraire dans l»' symbolisme, quand il esl Intelligent et dirigé parlasagesse : c'est une \ raie philosophie.» -v-t une logique divine, et plus sûre dans ses conclusions que certaines abstractions de l'esprit humain.
L'homme, d'après sa constitution, esl Eût pour ce langage Qguré ' : la vérité lui arrive ordinairement -uns le voile des images.
Le monde sensible est donc en rapport avec son intelligence, comme dans certaines organisations de l'œil, les verres de telle couleur, de telle forme, de tel numéro, sont faits pour la vue.
3€ L'âme renferme en elle-même1 les formes idéal* de la création, en Borte qu'il 3 a l<i plus grand et le plus intime rapport entre son intelligence et le monde sensible. Elle Le comprend comme « «'lui qui a au tond
1. C'est ce qui l'ait «lire a un commentateur de saint Denis : « que * le la&faga symbolique est n harmonie avec notre nature et notre mauière de concevoir, et qu'il • été ainsi préparé à dessein par la providence, irpovoîç 8«oO, ov|içv<ii>( / sic aWd^acoc ,v. (Pschym. in e. 1, eesL, aJer.opers S. Dyon., 1. 1, p. 1 ;i . 1 ■2. « si le chant dea oiseaux, par las restes de mélodie dont il panl de traces, trouvé an écho dans notre sentiment dont il détermine la sympathie, pourquoi ne dirions-nous pas que toutes les propriétés delà nature que nous venons dïnunu'rer, révèlent 1 do rap-
8i- LE SYMBOLISME.
de son être le sms du beau poétique comprend facileini'iit Lesgrands poètes1, comme celui qui a les formes du beau esthétique en sou cœur, a l'intelligence facile de toutes les formes extérieures du beau. «On nepeul trouver do poésie nulle part, dit Joubert, quand où n'en porte pas en soi. » — Plotin semble avoir trèsbien saisi eette corrélation entre L'âme et les objets quand il dit : « L'âme connaît les choses intelligibles parce qu'elle est ces choses d'une certaine manière... Elle se comporte de la même façon pour les choses sensibles : en les rapprochant de ce qu'elle a en ellemême, elle les rend lumineuses et intelligibles, car
ports intimes et essentiels entre elle et l'âme organique, dont le siège est le sang? » (Scblégel., Phil. de la vie, IVe leçon, t. I, p. 195.
C'est ce qui fait dire a Thoniassin que, pour comprendre , l'âme n'a qu'à déplier les fibres qui la composent, et à dérouler les raisons latentes qui sont en elle, opus habet tantum fibras, quibus veluii compacta est, explicare, et latitantes in se rationcs evolvere. (De Deo,]. I. c. il, n° 3, p. i. — Tliomassin dit encore : « cum anima et superiorum imago sit, et inferiorum exemplar, ejus contemplalio ad rerum plane universarum intelligentiam tutissimum compendium est. (De Deo, I. I, c. ix, n# 2.)
Et ailleurs : (anima) essentialiler suo quodam modo omnia est,alque ita, seipsam explicando, fibrasque quibus complexa est excutiendo, intelligibilia omnia intelligit. (Ibid., 1. I, c. xx, p. 35.)
Proclus dit aussi : « omnia in nobis sunt animaliter (id est in modum animœ). Et ideo illud à naturâ insitum babemus, ut omnia cognoscamus. excilantes insitas in nobis facultates, et rerum universarum imagines (cité par Tbomassin, De Deo, 1. I, c. xxv, n° 0, p. 50-51.)
t. Joubert, t. II, p. 40.