I. JouftYoy, Cours i'BttkéHq., p
ritable poëte qui soit, qui concentre, qui résume et qui chante. Et ce n'est qu'ainsi qu'on s'explique aussitôt
et pleinement, dit-il, pourquoi l'on voit si moment le paysagiste, qui est donc au fond un chercheur de choses àcxprimer, bienplus qu'il n'est un chercheur de choses
à copier, dépasser tantôt mw roche magnifique, tantôl un majestueux bouquet de chênes sains, touffus, splendides, pour aller se planter devant un bout de sentier que bordent quelques arbustes étriqués; devant une trace d'ornières qui vont se perdre dans les fang< d'un marécage; devant une flaque d'eau noire où s'inclinent les gaulis d'un saule tronqué, percé, vermoulu C'est que ces vermoulures, ces fanges, ces
roseaux, ce sentier, qui, envisagés comme objets à regarder, sont ou laids ou dépourvus de beauté, envisagés au contraire comme signes de pensées, comme emblème des choses de la nature ou de l'homme, comme expression d'un sens plus étendu et plus élevé qu'eux-mêmes, ont réellement ou peuvent avoir en effet tout l'avantage sur des chênes qui ne seraient que beaux, que touffus, que splendides. En revenant aux peintres flamands, il s'attache à montrer que leur faire n'est pas, comme on l'a dit, toute réalité, mais bien plutôt toute expression; que ce faire est « plus fin, plus accentué, plus figuré, plus poétique qu'aucun autre, et si éloigné d'être servilement imitatif de la nature,