Médit., p
sible que dans le monde visible. Sans le monde invisible, le monde visible deviendrait je ne sais quel pêle-mêle obscur d'existences d'un jour, se rencontrant sans se comprendre et sans s'aimer, comme une bataille où
les ennemis se tuent sans se connaître, un monde inhabitable et bientôt inhabité. Le monde invisible nous déborde, il nous entoure, il nous enveloppe ; c'est à lui que nous devons d'être des hommes et non pas seulement des animaux. Semblable au vaisseau qui, plongeant dans les ondes agitées et confuses, sa partie inférieure, élève ses mâts, et déploie ses toiles dans un élément plus pur, sous le soleil et à l'air libre, l'homme vit sur la terre par son corps, et par son àme, dans le monde invisible 4. »
« Avez -vous remarqué de quelles merveilleuses comparaisons les Livres Saints ont enrichi la langue des hommes? Mer, vaste mer, tu n'es plus seulement une route pour mon commerce, tes flots ne se courbent plus seulement sous le sillon de mon navire; mais avec tes profondeurs, tes calmes sublimes, tes aspects brillants, avec tes écueils, tes orages,, tu es à jamais l'image de ma vie ! Nuage léger, tu n'es pas seulement le réservoir merveilleux d'où tombe, à des jours donnés, une pluie bienfaisante ; nuage léger,
J. M. Cochin, le Correspondant, T6 mai 1864, p. 73-74.