LIVRE [II, CHAPITRE PREMIER
fantaisie individuelle ou au plaisir sensuel. Elle les présente pour ce qu'elles sont, pour des ô(n puremenl métaphysiques, étrangers aux passion inaccessibles aux accidents de la \i<i réelle . dont la beauté ne peul être connue par les sens '. »
Nous croyons devoir protester contre ce langa aussi illogique i|ii<i dédaigneux. Nous avouons ne pas comprendre comment la baute poésie de Job, de David, d'Isale, n'est pee le langage des plus belles et des plus sublimes vérités de l'ordre intellectuel et divin. 11 > a certes plus de grandes vérités dans livres poétiques, que dans toutes les rêveries de certains métaphysiciens, où la vérité, quand toutefois elle b'j trouve, ressemble ass< un squelette décharné, où l<v mouvement des idées l'appelle un cliquetis d'os-
lents. Vraiment, qui ne préférerail les gra< peinturesde Fénelonà toutes les catégories du mot el du non-moi, de l'être <vt du non-être des Allemands ! Fénelon. est un grand poète et un grand philosophe: lisez plutôt ses écrits, et «mi particulier l<i Traité de l'existence de Dieu. Maiscel aigle, au regard sidoux . ne se perd pas dans les nuages de la pure, qui
o'esl souvent que la divagation d'une idée personnelle.: ilesl Fesplendissant de clartés, n t. —ont ,:i ta fois
î. licvuc des Deux- M ondtt, î mai 1857, p. î
1 ÏO LE SYMBOLISME.
Lumineuses et chaudes, La pensée > esl vivante, précisémenl parce qu'elle esl poétique, c'est-à-dire semblable aux œuvres de Dieu '.
Gomme les préjugés que non- combattons en ce moment sont très-répandus, el que certaines écoles pensentavoir tranché victorieusement nu*' question, et enseveli définitivement leurs adversaires en disant: C'est de la comparaison! C'est un poète! nous croyons faire une œuvre utile, en montrant combien La philosophie traditionnelle de tous les Ages est favorable la thèse que nous soutenons.
a II fut un temps, dit Plutarque, où les vers, les poèmes et les chansons étaient, s'il est permis de le dire, la monnaie courante du langage. L'histoire, la
1. Ideo Theologia poeticis sacris informalionibus usa est, ut ex l'cTiim visibilium similitudinibus allegoricœ lectiones, et mystici intelleetus transsumptioncs formentur, et sic sensibilibus et visibilibus spiritualia et invisibilia coaptenlur. Hvjus rei gratid pr se sens opuscu'.um, etsi laboriosum mihi, tamen et non infructuosum, offero ad sedificationcm domus Donrini... in quo agitur de proprielatibus rerum naturalium, quos secundum parvitatem meam, nunc tropologice, nunc al!egorice, nec non quandoque anagogice rébus spiritualibuscomparavi.... (Saint Bonav. de Eccl. Ilierarch.)